Politique

La Gaspésie : un Crosby laissé sur le banc, selon le maire de Gaspé

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Le maire de Gaspé, François Roussy,  a livré un discours virulent aux accents de ras-le-bol lors de la séance du conseil lundi.

Le maire de Gaspé, François Roussy, a livré un discours virulent aux accents de ras-le-bol lors de la séance du conseil lundi. Photo : Geneviève Gélinas

Les décisions des gouvernements nourrissent «l’iniquité flagrante» entre les régions et les centres urbains, a dénoncé le maire de Gaspé, François Roussy, dans un discours aux accents de ras-le-bol prononcé lundi à la séance du conseil.

M. Roussy déclare arriver à un constat «assez dur» après six ans à la mairie, et a illustré ce constat de plusieurs exemples. Il affirme avoir assisté à un «cirque politique» la semaine dernière à l’Assemblée nationale lors du débat sur la révision de la carte électorale.

Selon le maire, il y aurait eu moyen d’épargner les trois circonscriptions en région en modifiant les contours de circonscriptions montréalaises comme Westmount et Outremont. «On va mettre en place Rivière-du-Loup-Témiscouata, avec 50 500 électeurs, et on conserve Outremont et Westmount, avec 39 000 électeurs!», rage M. Roussy.

Le maire estime que le principe d’une personne, un vote, souffre de nombreuses exceptions, y compris à l’ONU, où «la Chine a un vote avec 1,3 milliard d’habitants, et le Canada aussi avec ses 30 millions d’habitants.»

Tourisme… dans le Grand Nord

Selon M. Roussy, le gouvernement du Québec fait comme si la Gaspésie n’existait pas en annonçant 70 millions $ pour développer le tourisme dans le Grand Nord. «Tout d’un coup, on nous dit qu’on va convaincre des Américains et des Européens de venir faire de la motoneige, de la chasse et de la pêche dans le Grand Nord. [En Gaspésie], ça fait des dizaines d’années qu’on essaie de faire ça!»

Le maire Roussy estime par ailleurs qu’Hydro-Québec lui a «menti en pleine face» il y a un an et demi, lorsqu’il a voulu avoir le cœur net sur des rumeurs de suppressions de postes. «On me disait "non, non, ce n’est pas dans nos plans, ce sont des rumeurs", et aujourd’hui, on apprend que quatre postes seront supprimés et centralisés à Montréal et à Québec.»

Sur la question du Cégep de la Gaspésie-les-Îles, M. Roussy remarque que le Québec compte 175 000 places dans des cégeps, pour 195 000 étudiants potentiels. «Si on répartissait ces places sur l’ensemble du territoire du Québec, nos classes ici seraient pleines.»

«Cri du cœur»

Le discours du maire est un «cri du cœur» pour inciter les habitants des régions à travailler ensemble afin de régler le problème. Avec les ressources naturelles que possède la Gaspésie, il est anormal que la région ne soit pas plus développée, estime M. Roussy. «C’est comme si on était un [Sidney] Crosby et qu’on nous donnait juste deux minutes de glace.»

Le maire a prévenu les critiques : «Certains vont dire : Roussy prépare sa prochaine campagne au provincial ou au fédéral». Sa sortie est «apolitique», insiste-t-il. Il a été impossible de le joindre pour savoir s’il mettait une croix sur l’idée de porter les couleurs de la Coalition avenir Québec de François Legault, avec qui il s’est affiché lors de son récent passage à Gaspé.

Les chiffres

Chez Hydro-Québec, on confirme que trois postes seront abolis à Gaspé, et que les employés pourront postuler pour des postes à Montréal, «où l’on regroupe des activités opérationnelles », affirme le porte-parole Louis-Olivier Batty. La mesure fait partie d’un plan pour réduire du quart les effectifs en ressources humaines chez Hydro-Québec.

Au Syndicat canadien de la fonction publique, on affirme que quatre à cinq postes seront supprimés à Gaspé, et que la tendance est à la centralisation vers Québec et Montréal.

Par ailleurs, aux plus récentes élections provinciales, en 2008, Westmount-Saint-Louis comptait 40 500 électeurs, et Outremont, 40 627. La circonscription de Gaspé en comptait 27 610, celle de Bonaventure, 29 066, et celle de Matane, 27 977.

Dans les nouvelles circonscriptions proposées, les électeurs seront au nombre de 37 511 dans Bonaventure-Percé, 40 067 dans Matane-Gaspé et de 36 576 dans Matapédia-Mitis. Rivière-du-Loup-Témiscouata en comptera 50 478.

15 commentaires

mc a écrit le 12 décembre 2011

Bien d'accord avec le maire de Gaspé. Je te souhaite de monter jusqu'en haut François (tu as le talent politique nécessaire), peut-être pourras-tu changer les choses....

Owen Bouchard a écrit le 12 décembre 2011

François nous savons que tu es de la tempe de ''leader''. J'entends souvent ton nom par des Gaspésiens très avertis en affaires et en politique, j'entends un filon d'espoir dans leurs propos. A mon point de vue, nous avons besoin de toi comme défenseur étoile dans l'action Citoyenne. Il est certain que nous te suivrons et te supporterons vers une tribune où nous serons entendus et surtout écouté.

Dany Marquis a écrit le 9 décembre 2011

Wow! Il est temps qu'on laisse surtout du temps de glace au leader politique qui prenne la parole comme M. Roussy l'a fait. Tout mon respect! Il est clair que le gouvernement regarde ailleurs et développe son centre. 1763, par le traité de Paris, la France doit choisir entre sa colonie de Nouvelle-France ou ses colonies des Antilles. Elle choisit les Antilles... Par ses décisions politiques, le gouvernement du Québec choisit. Devant cet abandon, je crois qu'on doit faire ce que le Québec a fait depuis 1763, se faire confiance et se développer. Je prêche pour l'entreprenariat et le développement des affaires. Que les gaspésiens fassent de la business avec des gaspésiens, achètent des produits gaspésiens, consomment des produits et services gaspésiens. Moi, je fabrique du café. Le café que vous buvez où est-il produit? Et le pain, et la bière, et les légumes, etc. On est loin de réfléchir sur la gestion et l'exploitation de nos ressources naturelles, si on est incapable de faire des affaires à petite échelle. On doit se faire confiance et faire des affaires ensemble. S'enrichir collectivement est une question d'attitude. Commençons par la base, le reste viendra.

Annette Bujold a écrit le 9 décembre 2011

Il est temps que les gaspésiens prennent la parole et parle haut et fort et ça partout... Il y va de l'avenir de notre Gaspésie.Je te suis de loin François depuis notre implication dans les fondations communautaires, ton franc parler et ta façon de travailler comme politicien ne m'étonne pas.Tu as encore de belles années devant toi pour faire avancer les choses. Je sais que seul rien n'est possible ,mais avec des gaspésiens qui font leur montée de lait en même temps !!!Au plaisir de te revoir un jour...Annette Bujold Chandler

wayne fournier a écrit le 9 décembre 2011

Comment se fait t'il que la region de la gaspesie est la seule au quebec qui na pas d'industrie importante. La cote nord a ses mines et des usines d'aluminium sans compter les barrages et les papetieres. L'abitibi a aussi des mines et des PME. La beauce a pleins de PME de tout genre. L'esterie a ses papetieres et des usines manufacturier de biens de tout genre, et Montreal et Quebec ont ne parle plus. En gaspesie nous avons le droit de vivre comme le reste de la province. Plusieurs diront que c'est s'aidant soi meme que ont reussi. Cela est vrai mais le probleme est que nous sommes rendus si bas qu'on embarque sur la patinoire sans patins. Merci Mr. Roussy de faire valoir nos inquetudes.

Brian Carey a écrit le 9 décembre 2011

En relisant ou en découvrant le roman La marche des grands cocus de Roger Fournier publié en 1973, il se pourrait que chaque Gaspésien-Gaspésienne décide qu'il est temps que la Gaspésie se lève et devienne un pays. Nous réussirions peut-être enfin à nous faire entendre et obtenir des investissements durables.

Marie-Claude Brière a écrit le 9 décembre 2011

Présente! Ton «cri du coeur» me motive à continuer à m'impliquer dans le grand chantier de concertation et développement qui me tient à coeur, Notre région est un pays, il ne faut pas lâcher. Merci François, on est là.

Mathieu Fournier a écrit le 8 décembre 2011

Si personne ne nous comprend, à quand un référendum pour la souveraineté de la Gaspésie?!?

Geneviève Giguère a écrit le 8 décembre 2011

Aller! J'ajoute une "couche". Saviez-vous que le gouvernement provincial a "investi" 2M$ en sécurité alimentaire cette année ? Que Montréal en a obtenu 460 000$ et la Gaspésie/les îles, 21 000$? Que ça représente 14 488$/ organismes à Montréal et 2 100$ en GÎM? Répartition inéquitable vous dites? La pauvreté coûterai t-elle plus cher en ville qu'en région?

Janick Chevarie a écrit le 8 décembre 2011

Je suis tout à fait d'accord aussi ...et je pense que ceux qui doutent du cri du coeur, ne connaissent pas François !

Jean-François Tapp a écrit le 8 décembre 2011

Pour reprendre les allusions au hockey de l'ami François, il m'apparait de plus en plus évident qu'il faudra jouer avec plus d'émotion! Nous sommes tranquilles et dociles les gaspésiens! Beaucoup trop...Et si on montrait des dents un peu? Et si on construisait notre propre modèle de développement...M. Blais est prêt, François aussi...moi aussi...que le quatrième se lève...et les autres jusqu'au «95 000e» et go! :-)

Patrice Quévillon a écrit le 8 décembre 2011

Le jour que nous aurons un système politique, où nos députés ne seront plus mains-pieds-et-parti liés élus avec 26,7% des électeurs d'un comté, on pourra scorer! Le jour que les gens de la ville comprendront que la Gaspésie est une région aux réalités totalement différentes (nombre, géographie, tourisme...) des autres ''région éloigné'' (Abbittibi, Lac St-Jean, côte nord...), on va en faire des buts. Bravo M. Roussy d'éveiller les gens, en espérant que nos dirigeants s'indigne avec vous.

Bilbo a écrit le 8 décembre 2011

"Avec les ressources naturelles que possède la Gaspésie, il est anormal que la région ne soit pas plus développée, estime M. Roussy" Si je peux être d'acord avec Francois sur la majorité de ce qui précède, j'émet tout de même quelques bémols.-Est-ce que le développement des ressources naturelles est un moyen ou une fin? Et est-ce que la faim justifie les moyens. Le développement actuel des ressources naturelles restantes à l'air d'une vente de garage. Quant au caractère apolitique du coup de gueule...je dois opposer que la neutralité politique n'existe pas. Un coup de gueule, c'est toujours un geste politique.

Raynald Blais a écrit le 8 décembre 2011

François a parfaitement raison ! Lorsque j'étais député au fédéral, les exemples étaient malheureusement légion. Pensons entre autres, aux quais, à l'assurance-chômage et aux pêches. Quel gâchis et le pire c'est que ça continue tant à Québec qu'à Ottawa. En 1986, il y a eu le Ralliement gaspésien et madelinot puis les Patriotes gaspésiens et bien avant, les opérations Dignité. Nous sommes dû pour une autre opération de Défense qui mettra l'accent aussi sur le Développement. C'est vraiment une question d'avenir et des coups de gueule comme celui de François doivent faire renaître cette volonté de changer les choses. Je suis partant et Vous !

Marcel Dumont a écrit le 8 décembre 2011

D'accord!!! 100% d'accord

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