Gaspé : une campagne sans artifice

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
Les candidats de la circonscription de Gaspé, lors du débat tenu à Sainte-Anne-des-Monts. Absente de la photo, Catherine Beau-Ferron.

Les candidats de la circonscription de Gaspé, lors du débat tenu à Sainte-Anne-des-Monts. Absente de la photo, Catherine Beau-Ferron. Photo : Nelson Sergerie

GASPÉ – La campagne électorale qui s'achève dans la circonscription de Gaspé n'aura pas été des plus excitantes alors que la population est appelée à choisir la personne qui aura à défendre ce vaste territoire de quelque 340 kilomètres à l'Assemblée nationale, lundi prochain.

Le fait que la candidate libérale Annie St-Onge, principale adversaire du député péquiste sortant soit arrivée en retard dans la course aura permis au à Gaétan Lelièvre de se positionner rapidement dans cette bataille. Il a pu occuper le terrain durant pratiquement une semaine.

Même si elle a une expérience politique, ayant travaillé avec l'ex-député libéral de Gaspé, Georges Mamelonet, et dans l'entourage de Geoffrey Kelly, Nathalie Normandeau et Jean Charest, elle n'a pas été en mesure d'établir des positions claires sur ce que le comté de Gaspé deviendrait si elle était élue.

Bref, affronter Gaétan Lelièvre, un ministre délégué par-dessus le marché, rendait la tâche ardue pour la recrue politique qui aura gagné en assurance au fur et à mesure que la campagne progressait.

Sur le terrain, une très grande majorité d'élus et de citoyens reconnaît le travail effectué par le député sortant, ce qui rend encore plus difficile la lutte pour les autres adversaires.

C'est aussi en bonne partie sur son bilan que M. Lelièvre mise pour garder son poste le 7 avril. Sa campagne pourrait se résumer à : « voici ce que j'ai fait depuis 18 mois et donnez-moi la chance de poursuivre ce que j'ai amorcé ». À cet égard, le plan de relance de la Gaspésie constitue sa bible pour la continuité.

Le candidat de la Coalition avenir Québec, Yvan Blanchard, tentait à nouveau sa chance après avoir été de la course en 2012. Les positions de son parti sur la filière éolienne et la cimenterie, exprimées par son chef, François Legault, juste avant la campagne électorale lors de son passage en Gaspésie, ont compliqué la vie du caquiste tout au long de la joute.

Il a même admis lors du débat de Sainte-Anne-des-Monts, « des bons coups » de Gaétan Lelièvre en Haute-Gaspésie. M. Blanchard aura réussi à glisser quelques idées régionales, notamment un pan du Plan Saint-Laurent de son parti dans le secteur des pêches où il a lancé que 75 millions étaient réservés pour moderniser la flotte de bateaux et le transport intermodal.

Frédéric DeRoy, d'Option nationale, n'a jamais eu peur de dire que son parti était « indépendantiste ». Selon lui, une partie des problèmes de la Gaspésie pourrait se régler si le Québec était maître de sa destinée. Son parti prône une décentralisation des pouvoirs vers les régions.

Le représentant du Parti conservateur du Québec, Christian Rioux, a misé sur le fait que l'État prenait beaucoup trop de place dans la vie des citoyens, prônant un virage à droite tous azimuts de l'appareil gouvernemental. Il a remis en question notamment tout le développement de la filière éolienne. Il suggère d'exploiter les ressources naturelles afin de renflouer les finances publiques.

Le candidat de Québec solidaire, Daniel Leboeuf, un autre retardataire, s'est fait assez discret durant la campagne alors que son organisation n'a tenu qu'une conférence de presse pour le présenter et qu'aucune communication pour développer des thèmes de campagne n'a été transmise aux médias. Il n'a participé qu'à un seul débat - celui de Gaspé – et s'est présenté à celui de Sainte-Anne-des-Monts.

Finalement, la candidate pour le Parti nul, Catherine Beau-Ferron, n'a fait pas fait campagne.

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