Affaires municipales et développement régional

Gaspé : le maire François Roussy demande à Pétrolia de s’excuser

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Le maire François Roussy se dit «indigné» et «très irrité» par les propos du président de Pétrolia.

Le maire François Roussy se dit «indigné» et «très irrité» par les propos du président de Pétrolia. Photo : Geneviève Gélinas

Le maire de Gaspé exige des excuses de la part du président de Pétrolia, André Proulx, qui a laissé entendre que la protection de l’eau potable n’est qu’un prétexte pour obliger sa firme à verser des redevances à sa municipalité.

Dans une entrevue diffusée dimanche à la radio FM-98,5 de Montréal, M. Proulx affirme que «tout allait bien» entre la Ville et Pétrolia jusqu’à une rencontre «fulmineuse» il y a un an et demi. Le maire François Roussy aurait demandé des redevances pour la municipalité. «Je pense qu’il a sauté par-dessus la table, a rapporté M. Proulx, il est sorti de cette rencontre-là parce qu’on n’a pas accepté. 

«On ne peut pas faire ça [donner des redevances], a poursuivi le président, on n’est pas là pour acheter la paix. C’est au gouvernement de mettre ses culottes.» Québec a la responsabilité de prélever les redevances et de décider s’il les partage avec les municipalités, a dit M Proulx en substance.

«Scandaleux»

Le maire François Roussy qualifie de «scandaleux» les propos d’André Proulx. «Quand on attaque l’intégrité d’une personne avec un mensonge aussi flagrant, il faut répondre.»

La Ville réclame bel et bien des redevances sur le pétrole, mais «jamais on ne va accepter de redevances s’il y a un impact sur l’eau potable», dit le maire. D’ailleurs, les redevances n’ont pas fait partie des discussions entre la Ville et le gouvernement du Québec, assure-t-il.

Le maire estime qu’il s’agit d’une «stratégie de communication» de la part de Pétrolia. «Pendant ce temps, on ne répond pas aux vraies questions : c’est quoi, les produits chimiques [utilisés pour les forages]? Allez-vous utiliser la fracturation dans le futur?»

Autre version

Le maire a une autre version de la rencontre évoquée par M. Proulx, qui aurait eu lieu le 19 janvier 2011. «À l’époque, Pétrolia nous informait qu’elle allait faire de la fracturation, rapporte M. Roussy. M. Proulx nous avait demandé de pouvoir passer sur un terrain de la Ville. On disait qu’on ne pouvait pas accepter tant qu’il n’y aurait pas un nouveau modèle [de développement pétrolier].»

Selon le maire Roussy, M. Proulx aurait alors dit que «ce n’est pas un petit maire qui va nous faire du chantage. J’ai 15 millions à mettre sur la table. Si vous ne les prenez pas, je vais les mettre à Anticosti.»

«Je me suis levé et je suis sorti de la rencontre», rapporte le maire.

Les ponts rompus?

M. Roussy ne donne pas cher d’une éventuelle médiation entre Pétrolia et la Ville. «On n’a plus confiance en M. Proulx. On veut que le gouvernement intervienne pour faire cesser la manipulation de l’opinion publique.»

Le règlement adopté par Gaspé en décembre a pour effet d’empêcher Pétrolia de forer Haldimand n° 4.

13 commentaires

Bilbo Cyr a écrit le 4 février 2013

Prière ici de faire la différence entre le citoyen et l'employé, et entre le débat et l'intimidation.

marc thibault a écrit le 1 février 2013

comme la ville de gaspé à mis des batons dans les roues de Pétrola,,,,en manque de forage dans hal...y é entrain de lui forer la tete....m,roussy,,une belle pensée pour vous..."A bon mentir qui vient de loin"................Belle saga........pas fini d en entendre parler............Suite prochain épisode sur radio-canada.....

Bilbo Cyr a écrit le 1 février 2013

Bravo à François Roussy , au conseil municipal et aux citoyens de Gaspé. C'est debout que l'on mesure la grandeur d'un homme. On a déjà vu comment Petrolia réagit quand ce qui est dit ne fait pas son affaire. Les attaques personnelles, le dénigrement et l'intimidation sont les armes des perdants.

Joseph Leblanc a écrit le 1 février 2013

Ouin un maire qui utises des pouvoir publique a des fins personnel.........Le ministre de l'Environnement Yves-François Blanchet n'a pas voulu se compromettre pour quelque partie que ce soit. «Je n'entrerai pas dans les éléments d'un conflit qui a malheureusement trop l'aspect d'un conflit personnel.».....voici le lien loll ........http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/201301/31/01-4617195-quebec-refuse-de-se-meler-du-cas-gaspe.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B9_affaires_3004_section_POS3

Melanie Gauthier a écrit le 1 février 2013

Bravo François Roussy! Tout le respect vous est dû à la mairie de Gaspé pour mettre vos culottes et protéger l'eau potable. Quand il n'y aura plus d'eau potable, il n'y aura plus personne pour forer du pétrole non plus. Quelle arrogance de la part de André Proulx! Mais ce n'est pas rare dans l'industrie pétrolière, l'arrogance et le mépris. C'est chose courante, alors il faut s'y attendre. Bravo, ne lâchez pas, les autres Municipalités vont vous emboiter le pas. Si au moins le gouvernement de la province pouvait faire preuve d'autant de sagesse, on penserait peut-être à la souvereineté. Mais avec des profiteurs, dont la soif de pouvoir n'a d'égale que l'hypocrisie totale, on ne pourra jamais leur fire confiance pour diriger un pays!

Maxime Lambert a écrit le 31 janvier 2013

Bravo à François Roussy et son équipe de conseillers et conseillères de protéger l'eau potable et les citoyens pour qui ça compte. Il faut du courage et de la détermination pour protéger nos ressources face à l'intimidation du lobby pétrolier ... continuez, la majorité silencieuse vous appuie ! Maxime Lambert.

Nicole Grenier a écrit le 31 janvier 2013

Soyons solidaires des concitoyens et concitoyennes de la Ville de Gaspé. Leurs attentes sont justes et le devoir de prudence des éluEs doit demeurer. J'en appelle aux autres instances municipales de la Gaspésie pour adopter les mêmes règlements et faire pression sur leurs instances supérieures et le gouvernement pour que soit modifiée la Loi sur les Mines pour tenir compte des impératifs des municipalités.

Marie Bourdage a écrit le 31 janvier 2013

Il faut garder le focus sur le droit à l'eau potable et le devoir de prudence des élus. Tout le reste sert à polariser, détourner et manipuler l'information.

Bob Eichenberger a écrit le 31 janvier 2013

En tout cas le maire de Gaspé les mets ses culottes. Félicitations au maire et aux citoyen(nes) de Gaspé qui insistent sur le minimum de respect dû à l'eau, à l'environnement, aux ressources et à tout être humain. Grâce à vous, tous sauront que l'utilisation de nos ressources se feront dans un cadre de respect, de politesse et de savoir vivre.

Gilles Thibodeau a écrit le 31 janvier 2013

Bonjour . Hier c'était à Chandler où un maire( Mairesse) mettait ses culottes . Aujourd'hui c'est à Gaspé , maintenant ce sera aux Gaspésiens à le faire et de cesser les petites querelles magouilleuses . C'est uni que nous serons fort par en tirant chacun de son côté pour des bénéfices personnels $$$. Bernard Landry rappelle les écologistes à l'ordre . M. Landry , je crois que pour vous il est temps de tirer Votre Révérence et de rejoindre ceux qui se dirigent vers l'avenir , bien entendu nous vous remercions de nous avoir guidé vers cet avenir , mais aujourd'hui ce sont nos élus(es) et Pauline qui sont nos guides , laissez leur le chemin que vous avez vous - même tracé . Bonne retraite M. Landry et soyez assuré que si chez vous l'intention de nous accompagner y est toujours ,vous êtes le bienvenu .

Joseph Leblanc a écrit le 31 janvier 2013

Je suis dont fier d'être Gaspésien a matin..................... http://www.antagoniste.net/2013/01/28/la-gaspesie-et-largent-des-autres/?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook

Michel L. Fréchette a écrit le 30 janvier 2013

Je suis de toute sensibilité et d’intelligence avec le Maire de Gaspé. La question des redevances est loin de se régler actuellement au niveau des municipalités alors que les anciennes règles du jeu sont caduques et inapplicables dans l’état de conscience de la population envers les conditions qui affectent leur bien-être, leur patrimoine et les motifs qui ont présidé au choix de leur espace vital. On ne pourra reprocher que le lien de confiance entre Pétrolia et Gaspé se soit rompu car ce fut un discours en 2 langues différentes même si parfois ils utilisaient un vocabulaire qui se rapprochait. Pour l’un, celui du profit, des pertes financières, du matériel qui rouille des larmes que nous sommes censés verser, des avantages financiers jamais démontrés chiffres vérifiés à l’appui, de l’utilisation abusive du savoir universitaire pour cautionner des opérations de diversion, des campagnes d’information dont l’assise technique peut être « fracturée », de l’opacité de véritables réponses aux questions sensibles aux partenaires locaux autant que régionaux que du Québec pour finir par la mobilisation de mercenaires déclinant sans conviction les effets qu’entraîne le retrait de l’entreprise du paysage de Haldimand 4, voilà le langage que nous avons capté même si nous devions avoir l’honnêteté de peser le pour et le contre de ce qui nous était offert. Pour l’autre, une prise de position qui répond enfin et après tant d’années au minimum exigible de nos responsables et gouvernants, une fronde en rappel aux obligations d’agir à nos paliers supérieurs en toute intelligence de situation, loin de la partisannerie, de la compromission, de la collusion et de la corruption, un mouvement spontané qui remet en relief et qui déclare haut et fort la priorité parmi les priorités, une indignation qui, à l’égal du « Idle No More » devient « Assez, C’est Assez ». Nous savons très bien que la lutte est inégale et que derrière certaines déclarations guerrières, provocatrices, de diversion, de stratégies de communication se jouent des enjeux qui ont des impacts sur les profits immenses des minières et des pétrolières et sur leur espace calculé pour «vital » par leurs actionnaires d’ici comme lointains. En proférant en quelques jours un chapelet de menaces, de chantage, de procès d’intention, d’insultes envers les élu(e)s autant que de la population de la Gaspésie, en montant une cabale dont l’argumentaire tient plus du discours de perdant frustré, le secteur privé tout entier est malheureusement éclaboussé et déshonoré par un tel comportement tel que retransmis par les médias. Nous n’aurons que peu d’empathie envers le citoyen corporatif délinquant, malpoli ou anarchiste. Il ne faudrait pas être surpris que malgré les propos tempérés et même, d’une certaine sympathie du Gouvernement à l’égard d’un engagement envers le pétrole, les déclarations des dirigeants de cette pétrolière junior aient fragilisé la position de ses actionnaires autant que celle des autres entreprises de cette industrie. Nous sommes donc tous perdants dans une telle situation.

Joseph Leblanc a écrit le 30 janvier 2013

C'est a Québec a mettre ses culottes

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