Affaires municipales et développement régional, Santé, services sociaux et communautaire

Gaspé : grogne contre un projet de logement social

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
« C’est pour des personnes autonomes et stables, ce n’est pas un centre de crise », insiste Pascal Soucy, président du CRRI, l’organisme promoteur du projet.

« C’est pour des personnes autonomes et stables, ce n’est pas un centre de crise », insiste Pascal Soucy, président du CRRI, l’organisme promoteur du projet. Photo : Geneviève Gélinas

GASPÉ – Un organisme communautaire de Gaspé veut construire un immeuble de 25 logements sociaux au centre-ville pour des personnes qui ont des problèmes de santé mentale ou y sont vulnérables. Le projet rencontre la résistance de résidents du quartier, mais ne serait pas une première en Gaspésie.

Le Centre de ressourcement, de réinsertion et d’intervention (CRRI) travaille à ce projet depuis près de dix ans, dans un contexte où Gaspé « manque de logements abordables et de bonne qualité », indique le président du CRRI, Pascal Soucy.

La clientèle « pourrait être, par exemple, une personne qui vit une période dépressive et qui s’y enlise, explique M. Soucy, une femme qui sort d’une maison d’hébergement [pour victimes de violence conjugale], ou encore un jeune qui sort du Centre Jeunesse, qui a toujours vécu en famille d’accueil et doit s’organiser avec des moyens restreints. »

« C’est pour des personnes autonomes et stables, insiste M. Soucy, ce n’est pas un centre de crise. » Le président estime que le projet est victime de « désinformation ». « On essaie de nous faire passer pour un centre de traitement pour toxicomanes, alcooliques ou même pour pédophiles », déplore-t-il.

Le projet d’environ 5 M$ serait construit sur la rue Wayman, derrière l’église anglicane Saint-Paul. Il aurait trois étages et comporterait des trois et des quatre et demie. Le centre d’activités de jour du CRRI, actuellement hébergé par le cégep, y déménagerait ses services.

La Société d’habitation du Québec est le principal bailleur de fonds. Le CRRI et l’Église anglicane, propriétaire du terrain, ont signé des engagements de vente.

Trop gros, selon les opposants

Selon Frédéric Jacques, porte-parole d’un conseil de quartier récemment formé, c’est « l’ampleur du projet qui dérange les gens », même s’il suscite « plus d’intérêt et d’émotion parce qu’on parle de santé mentale ».

M. Jacques nie que les opposants soient motivés par la peur des futurs locataires. « Mais si tu as choisi un quartier pour sa qualité de vie, précise-t-il, et que tu deviens en minorité parce qu’on réinsère trop de gens… on se demande qui va réinsérer qui? »
« Il faudrait que ce soit plus petit et qu’il n’y ait pas de centre de jour », déclare M. Jacques, ce qui « cadrerait mieux avec notre milieu résidentiel ».

Un précédent à Chandler

Un concept similaire existe à Chandler, où le Centre Émilie-Gamelin possède depuis 2001 un immeuble de 12 logements pour personnes ayant des problèmes de santé mentale. « Ça n’a pas été facile au début, rapporte Johanne Bécu, directrice du Centre. La rue d’en face, où j’habitais, s’était soulevée contre moi. […] Il a fallu faire beaucoup de représentation, démystifier le projet. »

Depuis, « il n’est jamais rien  arrivé et la communauté nous respecte beaucoup », indique Mme Bécu. « La population ne devrait pas avoir peur, ajoute-t-elle, mais devrait plutôt se sentir sécurisée. Ils sont déjà parmi nous, les malades, et personne ne s’en occupe! »
Une rencontre d’information publique sur le projet se tiendra le jeudi 4 septembre à 19 h 30 à l’Hôtel de ville.

4 commentaires

Marie-Andrée Lacasse a écrit le 11 septembre 2014

Pourquoi autant de résistance ? L'idée de ce projet de logement social bouillonne depuis plusieurs années et visent à offrir un service à une population vulnérable. Les raisons expliquées par le porte parole du quartier semble majoritairement se concentrer sur l'ampleur du projet. Moi je crois qu'il y a plus que ça. La différence ça fait peur et la méconnaissance amène le jugement. Certaines personnes se font leur propre idée de ce qu'est un projet de logement social et pensent que c'est quelque chose de néfaste, de perturbateur pour une petite vie de quartier paisible. Qui n'a pas été un jour dans le besoin? Qui n'a pas vécu une période difficile dans sa vie ? Si l'ont se fit à la description de monsieur Soucy il s'agit de ses gens. Pourquoi ignorer les problématiques et s'opposer à l'établissement de ce projet porteur d'espoir ?

gilles lamy a écrit le 1 septembre 2014

Vous avez absolument raison Mme Blais ,moi j`ai travaillé toute ma vie au chemin de fer et je n`ai jamais vu une idiotie comme celle de mettre de l`eau salée sur la voie ferrée pour tué la végétation,et après des avertissements du ministère des transport et du directeur d`exploitation de la société de chemin de fer et de la firme activa de ne pas utilisé ce produit ,nos chers élus soit certain maires et mairesse du temps ont pris la stupide décision de mettre de l`eau salée sur la voie et ainsi corrodé tout les fils des passages a niveau entre matapédia et new-carlisle et de donné une bonne raison a via rail d`interrompre son service en gaspésie.Merci cher élus soi-disant administrateursou administratrice qui ne connaissent rien dans plusieurs dossiers mais ne veulent pas perdre leur autorité et prestige du pouvoir en privant tous les gaspésiens d`un service essentiel

Johanne Blais a écrit le 31 août 2014

Sans préjudices.... Que ce soit pour le pétrole, que ce soit pour un nouveau Centre d'Achats, que ce soit pour enlever le M du McDonald ou pour toutes autres raisons aussi farfelues les une que les autres il y aura toujours des gens contre et des gens pour ! Si la Gaspésie est rendu là où elle est : je m'explique : plus de train, bientôt plus d'autocar Orléans Express c'est bien évidemment la faute des élus qui se mettent la tête dans le sable et qui veulent que la Gaspésie soit isolée des grands centres ..... Pourquoi il n'y a pas de nouveaux logements justement pour tout le monde, car ici à Gaspé il en manque....

Gaston Langlais a écrit le 30 août 2014

Bonjour, Un peu comme au Moyen-Âge, les gens plus démunis et en particulier sur le plan intellectuel sont classés comme des personnes humaines de seconde classe. Pourquoi ne pas les loger dans le parc industriel alors? Ceux et celles qui s'affichent contre le projet en cause profitent-ils et profitent-elles de leur rôle de consommateur parce qu'ils sont aussi des agents économiques comme nous? Gaston Laanglais - Gaspé.

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