Garde côtière : fermeture la station de Rivière-au-Renard

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Le Centre de service de Rivière-au-Renard dessert les pêcheurs gaspésiens, mais aussi ceux de la Côte-Nord, des Îles-de-la-Madeleine et du Nouveau-Brunswick.

Le Centre de service de Rivière-au-Renard dessert les pêcheurs gaspésiens, mais aussi ceux de la Côte-Nord, des Îles-de-la-Madeleine et du Nouveau-Brunswick. Photo : Geneviève Gélinas

La Garde côtière fermera la station de radio maritime de Rivière-au-Renard en 2014 ou 2015, ont appris ses 16 employés.

«C’est un choc», a lancé à GRAFFICI.CA un employé du Centre des services des communications et trafic maritime de Rivière-au-Renard (le nom officiel), informé jeudi de la fermeture.

Le centre de Rivière-au-Renard couvre le golfe du Saint-Laurent. Il reçoit les appels de détresse des pêcheurs, des plaisanciers et des pilotes de la marine marchande.

Les stations de radio de la Garde côtière les plus proches sont aux Escoumins, dans Charlevoix, et à Sydney, en Nouvelle-Écosse.

Une décision «risquée»

«Le Centre de Rivière-au-Renard, c’est la porte d’entrée du golfe, illustre Jean Bourdon, directeur régional du syndicat des TCA. Ses employés reçoivent les appels initiaux des bateaux étrangers, poursuit-il. Ils prennent les appels de détresse ou d’urgence de pêcheurs qui ont une voie d’eau, ou un pêcheur tombé à l’eau.»

La fermeture de la station de Rivière-au-Renard «met à risque des vies humaines et toute la navigation dans le golfe, croit M. Bourdon. Il y aura une perte mesurable de connaissances locales.»

«Des employés auront à quitter avec leur famille», dit M. Bourdon. Moins de la moitié des emplois seront transférés ailleurs, possiblement au centre des Escoumins.

«Catastrophe»

«C’est toute une catastrophe pour nous, réagit Réginald Cotton, pêcheur de Rivière-au-Renard. On est abasourdis, on ne comprend pas.»

Pendant la saison de pêche, «on appelle [les employés de Rivière-au-Renard] presque tous les jours pour avoir des avis aux navigateurs, rapporte M. Cotton. Certains de ces gens-là ont déjà pêché, ils connaissent le territoire. Quand tu pars du quai en bateau, tu te sens épaulé.»

«Ce ne sera pas pareil du tout» d’appeler plutôt aux Escoumins, croit le pêcheur. «Aux Escoumins, tu es rendu dans l’Estuaire, plus dans le golfe. Ça ne se compare pas.»

Les pêcheurs seront moins bien compris, estime M. Cotton, surtout en situation de panique. Le pêcheur a appelé la station de Rivière-au-Renard en 1983 quand le feu a pris à son bateau. «Tout ce que j’ai eu le temps de dire, c’est "On est en feu, dans les trous d’eau au nordet du banc des Américains! ". On n’a pas besoin de leur donner notre position, ils comprennent!»

Un espoir?

Le député néo-démocrate de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Philipe Toone, dénonce lui aussi la fermeture. «On risque la vie de nos pêcheurs et de nos marins, et on risque de perdre des familles qui vont quitter la région.»

M. Toone espère faire renverser la décision des conservateurs d’ici la fermeture, prévue en 2014 ou 2015. Il compte sur l’échéance électorale. «En 2014, les conservateurs vont commencer à être mal pris, dit-il. On va mettre de la pression pour que ça reste ouvert.»

Le député a déposé une pétition à la Chambre des Communes, vendredi, pour dénoncer les compressions à la Garde côtière.

Autres compressions

Les employés du centre de communication de Longueuil ont aussi appris que leur station sera fermée. Seuls 15 des 34 postes abolis à Rivière-au-Renard et Longueuil seront créés ailleurs, rapporte Jean Bourdon.

La fermeture de la station de Rivière-au-Renard s’ajoute à celle du Centre de sauvetage maritime de Québec, annoncée l’an dernier. Ce Centre prenait le relais de la station de Rivière-au-Renard pour trouver les effectifs afin de réagir aux situations d’urgence.

La Garde côtière n’a pas retourné nos appels.

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