Fracturation : Pétrolia «joue avec les mots», selon Environnement Vert Plus

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
En novembre, Pétrolia a envoyé du pétrole sous pression dans son puits Haldimand n°1, à Gaspé.

En novembre, Pétrolia a envoyé du pétrole sous pression dans son puits Haldimand n°1, à Gaspé. Photo : Pétrolia, Pierre Houle

Environnement Vert Plus accuse Pétrolia de faire de la fracturation sans autorisation à Gaspé.

L’organisme de la Baie-des-Chaleurs expédiera une lettre de plainte au ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), Pierre Arcand.

«Pétrolia a admis qu’il a envoyé du pétrole sous pression [dans le puits Haldimand n°1]. Ils ont parlé de casser la roche sous terre. Casser et fracturer, ça veut dire pas mal la même chose», lance Michel Goudreau, vice-président d’Environnement Vert Plus. «On joue avec les mots. On prend les Gaspésiens pour des cruches», ajoute-t-il.

«On va demander au ministre Arcand d’appliquer l’ordre de ne pas faire de fracturation, et lui demander que des sanctions s’appliquent», annonce le vice-président.

Des fractures naturelles, selon Pétrolia

En novembre, Pétrolia a injecté du pétrole sous pression dans son puits Haldimand n°1, à Gaspé, pour des «tests d’injection». L’opération a fait passer le débit du puits de 10 à 40 barils par jour pendant trois jours.

Cet «essai d’injectivité» a permis de «nettoyer» des fractures naturelles du puits, bouchées lors de travaux en 2008, avait expliqué Isabelle Proulx, de Pétrolia, à GRAFFICI.CA. La compagnie a aussi injecté de l’eau sous pression dans son puits de Tar Point, à Douglastown.

Pas de la fracturation, selon le MDDEP

Avant les tests, le directeur régional du MDDEP, Jean-Marie Dionne, avait indiqué à GRAFFICI.CA que les travaux projetés par Pétrolia n’étaient pas de la fracturation, puisqu’ils se feraient à petite pression et avec des petits volumes de fluide.

À partir de quelle pression et de quel volume parle-t-on de fracturation? M. Dionne ne savait pas. «C’est une des réponses que va nous donner l’évaluation environnementale stratégique (EES) en cours sur le gaz de schiste.»

Au Québec, les opérations de fracturation hydraulique doivent se tenir sous l’égide de l’EES. Pétrolia ne participe pas à cette évaluation.

2 commentaires

Marianne Papillon a écrit le 24 février 2012

Je m' inquiète aussi du fait qu'un forage horizontal s'en vient. C'est vrai que la situation demande éclaircissessement, et peut-être même une suspension des activités tant que lumière ne sera pas fait. @Bilbo : L'EES sur les gaz de schiste n'est pas celle faite par Genivar. L'EES-2 fait par Genivar porte sur les hydrocarbures extra-côtiers (forages en mer). http://www.ees.gouv.qc.ca/ L'EES sur les gaz de schiste porte sur la fracturation hydraulique http://ees-gazdeschiste.gouv.qc.ca/

Bilbo a écrit le 22 février 2012

Et cette fracturation "naturelle", est-ce qu'elle va donner du pétrole "biologique"? Je me demande ce qui est le plus dérangeant: la fracturation, ou se faire prendre pour des cons. Qui supervise la company? Le gars du ministère parle de faible pression et de petits volumes, mais comment peut-il le savoir si Petrolia n'a pas demandé de permis? Si c'est l'EES de GENIVAR qui doit déterminer ce qui est ou non une fracturation hydrolique, je ne suis absolument pas rassuré. Et si Petrolia ne participe pas à cette EES, on est les cobayes pour qui au juste? Qu'on s'entende bien ici, les partenaires de Petrolia savent très bien comment faire de la fracturation, c'est même leur spécialité. On sert de cobayes pour établir un fast-track de pseudo-acceptabilité sociale. La compagnie cherche une facon générique de faire avaler des couleuvres.

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