Politique

Fort-Prével pourrait s’associer aux Micmacs

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Le nombre de nuitées vendues à Fort-Prével a chuté de 37% entre 2010 et 2012.

Le nombre de nuitées vendues à Fort-Prével a chuté de 37% entre 2010 et 2012. Photo : Geneviève Gélinas

GASPÉ – L’auberge et golf Fort-Prével est déficitaire. La SÉPAQ discute avec les Micmacs pour ajouter un attrait touristique qui pourrait aider à rentabiliser l’infrastructure.

Le nombre d’employés à Fort-Prével est passé de 60 l’an dernier à 40 cet été. La SÉPAQ poursuit les opérations du golf, de l’hébergement, du camping et du restaurant, mais seuls 13 chalets et six chambres sont disponibles pour location. Les motels et un pavillon demeurent fermés. «Ils sont vétustes et on n’a pas entrepris de les rénover parce que l’achalandage n’est pas suffisant», explique Élaine Ayotte, porte-parole de la SÉPAQ.

Fort-Prével a vendu 2600 nuitées en 2010 comparativement à 1635 en 2012, soit une baisse de 37%. À ce niveau, la SÉPAQ perd de l’argent, indique la porte-parole.

Selon la SÉPAQ, Fort-Prével souffre de n’être qu’un lieu de passage entre Gaspé et Percé. «Ce n’est pas un lieu où les gens vont passer plusieurs jours et c’est un problème pour la gestion», affirme Mme Ayotte. Il faudrait ajouter un attrait à Fort-Prével pour qu’il devienne une destination, estime la SÉPAQ.

«Porte d’entrée du Nouveau Monde»

Les Micmacs de Gespeg pourraient faire partie de la solution. Pour le compte de la bande, un consultant a préparé un projet de développement de Fort-Prével de 9,2 millions de dollars. «On veut rénover les chalets, améliorer le camping, le golf et la piscine», explique le chef de Gespeg, Claude Jeannotte. Le tout prendrait des couleurs autochtones. «Par exemple, au restaurant, on servirait des mets autochtones, de la viande sauvage», indique M. Jeannotte.

La SÉPAQ accueille favorablement le projet micmac, qui a le potentiel d’attirer les touristes manquants, indique Mme Ayotte. Le lien Micmacs-SÉPAQ reste à définir. «On ne sait pas encore si ce serait un transfert [de propriété] ou quelque partenariat que ce soit.»

Quant au chef Jeannotte, il imagine «un partenariat où [la SÉPAQ] resterait là de trois à cinq ans pour qu’on s’habitue, puis ils nous laisseraient voler de nos propres ailes.»

Gespeg n’a pas l’intention de sortir une forte somme de ses coffres pour acheter Fort-Prével. «Mais on n’a pas de problème à aller chercher une subvention, indique M. Jeannotte, ou peut-être investir une somme minime.»

Dans le plan de relance

Le projet est cité sous le titre «La porte d’entrée du Nouveau Monde» dans la stratégie d’intervention gouvernementale présentée la semaine dernière par la première ministre Pauline Marois. Le document ne parle que de «discussions» entre la SÉPAQ et Gespeg.

La SÉPAQ et les Micmacs espèrent un dénouement cet automne. Et si l’association avec Gespeg n’aboutit pas, «on va continuer à chercher une solution pour que les touristes viennent séjourner à Fort-Prével», indique Élaine Ayotte. La SÉPAQ gère Fort-Prével depuis 1985.

1 commentaire

Jean-François Samuel a écrit le 14 mai 2013

Ça devrait attirer les français.

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