Économie

Forêt et pêches : un dur travail à valoriser

Par Gilles Gagné, journaliste, graffici.ca
L’usine Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan songe à recourir à des travailleurs étrangers pour épauler les Gaspésiens.

L’usine Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan songe à recourir à des travailleurs étrangers pour épauler les Gaspésiens. Photo : Geneviève Gélinas

SAINTE-ANNE-DES-MONTS – Le secteur de la foresterie souffre d’un problème de recrutement mais aussi de valorisation des métiers, souligne Michel Marin, directeur du Groupement forestier coopératif Shick Shock, de Sainte-Anne-des-Monts. La suite de notre dossier sur la main-d’œuvre en Gaspésie.

 

Sur 43 employés, M. Marin croit que de six à huit pourraient prendre leur retraite d’ici deux ou trois ans. C’est de 15 à 18 % de l’effectif. Il souhaite qu’ils restent. Les autres sociétés d’aménagement vivent le même problème.

 « Ça fait15 ans qu’on sonne l’alarme. Les gens ne peuvent s’imaginer la rigueur de la tâche pour un emploi qui n’offre pas de fonds de pension […]. Environ 95 % de la forêt est publique au Québec, et c’est le gouvernement qui détermine les taux de rémunération en forêt, un montant forfaitaire à l’hectare, à la "job", comme on dit. Le taux est soumis à un appel d’offres. C’est certain qu’il n’augmente pas vite! Le fonctionnaire est récompensé s’il épargne des coûts au gouvernement […]. Si on appliquait les mêmes principes à d’autres services publics, la santé et l’enseignement, personne ne voudrait travailler dans ces secteurs. Notre société a oublié l’importance du bien public qu’est la forêt. Il n’est pas étonnant que la Suède, avec 450 000 kilomètres carrés de forêt, produise 80 millions de mètres cubes, alors qu’on en produit 20 millions avec 750 000 kilomètres carrés », analyse M. Marin.

 Modernisation à la rescousse

 

À l’Association coopérative forestière de Saint-Elzéar, c’est surtout dans l’usine que la pénurie de main-d’œuvre frappe. La scierie dispose d’un approvisionnement suffisant de bois pour fonctionner sur deux quarts de travail mais elle ne peut trouver les10 à 15 personnes nécessaires pour former ce deuxième quart, qui nécessite l’ajout de 20 à 22 employés.

 « La demande est bonne. Le prix est bon. L’usine est rentable mais on ne peut bénéficier à 100 % de ça. On est loin du salaire minimum. On offre de 18 à 24 $ l’heure. C’est une coop en plus. La personne travaille pour elle. Il y a une ristourne rattachée à ça », note Mario Pouliot, directeur de l’usine.

La solution passe indirectement par la modernisation de la scierie, justifiée par le besoin d’en « rendre l’exploitation optimale, mais qui aura aussi pour effet de réduire les besoins en personnel », dit-il.

 Travailleurs étrangers

Dans la transformation de produits marins, une partie de l’avenir semble passer par le recrutement de travailleurs étrangers. Kelly-Ann Bourget, de l’entreprise Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan, de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, assure que la démarche comporte son lot d’étapes.

 « On recherche 30 travailleurs et de 15 à 20 pourraient venir de l’étranger. Il faut aller chercher une agence canadienne pour faire affaire avec une agence mexicaine […]. Il faut prouver que tous les groupes de travailleurs, Gaspésiens, Québécois, Canadiens, Autochtones, les jeunes, les nouveaux arrivants et les retraités ne peuvent occuper ces emplois », aborde-t-elle.

 Mme Bourget est peu encline à la critique, malgré un taux de chômage de 12 % dans la région. « C’est un travail, dur, routinier, où il faut donner de gros coups, en nombre d’heures. Ce n’est pas fait pour tout le monde. »

 Des solutions?

 

Travail sylvicole : mieux reconnaître l’importance de ce travail, pour faire augmenter la rémunération

Transformation du bois : Moderniser des installations pour réduire les besoins en personnel

Transformation de produits marins : recourir à des travailleurs étrangers

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