Affaires municipales et développement régional

Forage à Ristigouche-Sud-Est : le conseil va-t-il réglementer ?

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Le président de la firme Gastem, Raymond Savoie, lors d’une rencontre publique avec les citoyens de Ristigouche-Sud-Est en novembre 2011.

Le président de la firme Gastem, Raymond Savoie, lors d’une rencontre publique avec les citoyens de Ristigouche-Sud-Est en novembre 2011. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Alors que la firme Gastem prévoit entreprendre un forage à Ristigouche-Sud-Est au cours des prochains mois, la mairesse de la municipalité affirme qu’il est trop tôt pour juger de la pertinence d’une réglementation visant à protéger l’eau potable, comme celle à Gaspé.

Gastem souhaite investir près de quatre millions de dollars dans un projet de puits de forage exploratoire visant à localiser du pétrole sur un terrain privé situé à l’extrémité du chemin Kempt.

La firme fait l’hypothèse qu’il y a une présence significative de pétrole dans la roche poreuse qui compose le sous-sol. Elle prévoit creuser un puits conventionnel d’une profondeur totale de 2800 mètres.

Plus tôt cet été, Gastem a obtenu tous les permis nécessaires pour aller de l’avant. Son président, Raymond Savoie, indique que les travaux pourraient débuter à la fin du mois de mars.

Contactée par GRAFFICI.CA pour savoir si le conseil municipal avait l’intention d’adopter un règlement sur l’eau potable à l’instar de Gaspé, la mairesse Annette Sénéchal  a répondu «qu’il n’en a pas été question parce que nous ne savons pas quand la compagnie va faire son forage», ajoutant que son administration n’a reçu «aucune confirmation» de Gastem. 

«Encore du temps»

Rappelons que le conseil municipal de Gaspé a adopté le 19 décembre un règlement pour protéger les sources d’eau potable, ce qui a pour effet d’empêcher Pétrolia de forer son puits Haldimand n° 4.

Mme Sénéchal soutient que la situation de Gaspé ne doit pas être comparée à celle de Ristigouche-Sud-Est. «Ici, le forage n’est toujours pas confirmé. Nous en sommes à la première étape. Nous avons encore du temps devant nous», a-t-elle déclaré.

«Vigilance» 

La mairesse rappelle par ailleurs que le projet de Gastem se limite à de l’exploration et que la firme détient tous les permis et les autorisations de Québec.

Elle promet que les élus seront «très vigilants», mais demeure vague au sujet des moyens envisagés. «Il va y avoir des discussions au conseil. Qu’est-ce qui va en ressortir? Je ne peux pas vous répondre pour le moment, mais il y aura des choses à mettre sur la table», a indiqué la mairesse de la petite municipalité de 167 personnes. 

Pendant les travaux, qui devraient s’échelonner sur une quarantaine de jours, Gastem prévoit organiser des «journées ouvertes» pour permettre aux citoyens de se familiariser avec les techniques d’exploration pétrolière.

Le président de la société, M. Savoie, précise que le puits sera creusé de façon conventionnelle. Lors d’une réunion publique avec les citoyens du secteur en novembre 2011, ce dernier avait d’ailleurs assuré qu’il n’y aurait pas de fracturation hydraulique.

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8 commentaires

Bilbo Cyr a écrit le 28 janvier 2013

J'en ai marre de l'intimidation systématique de Pelletier.

Bilbo Cyr a écrit le 25 janvier 2013

Ben j'aimerais bien les connaitre ses solutions, et avant le début du forage. C'est comme une répétition d'un mauvais show.

christophelabrosse a écrit le 24 janvier 2013

C'est bien intéressant. Est-ce que vous croyez que cela pourrait avoir un effet sur tous les puisatiers? Il me semble que ce conseil travaille beaucoup. Merci d'avoir partagé.

Bilbo Cyr a écrit le 24 janvier 2013

Le lien entre le pétrole et l'eau n'est pas une hypothèse. Pour réaliser son forage, Gastem prévoit utiliser 600000 litres d'eau. Aucune information sur ce qui arrivera à ce liquide n'est connue, mais on sait qu'ils cherchent un endroit pour s'en débarrasser un coup utilisée, et on sait aussi que le sites d'enfouissement locaux ne sont pas adéquats pour traiter ce genre de résidus.

Marie Bourdage a écrit le 23 janvier 2013

Les élus seront-ils «très vigilants»? Vont-ils faire appel à des experts indépendants? Comment peut-on être vigilant si aucun élu ne détient des connaissances et compétences réelles face aux enjeux scientifiques en cause?

Albert Picard a écrit le 23 janvier 2013

Complément d'information : Chic-Choc Ressources pense que l'eau a un prix. Cette compagnie a un projet évalué à 31,7 millions de dollars qui devrait se réaliser à la fin de l'automne 2013 ou au début de 2014. Pour les quatre premières années d'exploitation, M. Dominique de Pasquale, l'un des hommes d'affaires propriétaires de la compagnie, estime que de 30 à 50 millions de litres d'eau pourraient sortir annuellement de son usine. La source d'eau qui sera exploitée, la source Isabella, est située près de Murdochville. L'usine d'embouteillage sera située à Sainte-Anne-des-Monts (Source : Johanne Fournier, Graffici.ca). Détail d'intérêt : L'homme d'affaires écarte tout risque de contamination de la source Isabella, compte tenu des activités d'Orbite Aluminae et de Petrolia réalisées à quelques kilomètres de là. La distance est suffisamment éloignée pour éliminer tout risque de contamination. C'est beaucoup plus que les 350 mètres de Haldimand 4 à Gaspé.

Paul Pontbriand a écrit le 22 janvier 2013

M. Cyr, l'eau de Ristigouche et de gaspé n'ont pas de prix, c'est une ressources essentiel pour tous, l'eau ne doit donc pas être utiliser comme motif et faire l'objet d'un réglement interdisant une autre type d'activité commercial sous prétexte de la saboter. Les lobbyistes environnementaliste utilisent ce motif en faux au détriment de la population et font un tort irréversible à notre patrimoine commercial, culturel et ce tort est irréparable face aux autre société moderne. Cette façon de faire nous démontre une fois de plus leur faiblaisse intellectuelle, par rapport au vrai enjeux, ils aiment faire peur à la population avec de faux motif que d'affronter ceux qui oeuvrent chaque jour pour l'avancement des futurs technologies au bénéfice de nos société tout en maintenant le plus possible l'équilibre avec tous les systèmes qui nous entourent.

Bilbo Cyr a écrit le 22 janvier 2013

Est-ce que l'eau de Restigouche vaut moins cher que celle de Gaspé?

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