Fonds pour contrer la pauvreté : redistribution mise en doute

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
Courtoisie

Courtoisie Photo : La directrice du Regroupement des organismes communautaires de la Gaspésie-les-Îles, Geneviève Giguère.

La directrice du Regroupement des organismes communautaires de la Gaspésie-les-Îles, Geneviève Giguère, craint que les millions de dollars annoncés par Québec pour lutter contre la pauvreté dans la région soient mal redistribués.

Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, était de passage à Sainte-Anne-des-Monts vendredi dernier pour annoncer le versement de 4,3 millions $ sur quatre ans qui seront gérés par la Conférence régionale des élus dans le cadre du programme appelé l’Alliance pour la solidarité.

La directrice du Regroupement des organismes communautaires de la Gaspésie-les-Îles, Geneviève Giguère, apporte un bémol à l'annonce gouvernementale. «On ne peut pas s’opposer à de l’investissement qui sert à lutter contre la pauvreté. En revanche, on peut remettre en question la façon dont cet argent sera utilisé», fait-elle remarquer.

En fait, poursuit Mme Giguère, «on pense que l’argent sera surtout consacré à la concertation et à l’embauche de coordonnateurs, alors que les milieux concernés ont largement été concertés déjà.»

Selon elle, il faut concrètement investir là où le bât blesse, c’est-à-dire dans les logements sociaux, dans les banques alimentaires, dans le réseau des bibliothèques, dans le secteur de l’éducation (alphabétisation) ou encore dans les services sociaux.

586 $ par mois

Il faut de plus travailler en amont de la pauvreté, rappelle Mme Giguère, car la situation va de mal en pis, selon elle. «C’est très grave ce qui se passe en ce moment. Le fossé entre les pauvres et les riches s’agrandit. On ne s’attaque pas à la répartition de la richesse ! Il ne reste pas grand chose du chèque d’aide sociale de 586 $ une fois que tu as payé l’épicerie, le compte d’Hydro-Québec et le logement», s’inquiète Mme Giguère.

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