Développement économique et exportation

Finances des églises : le statu quo intenable

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Isaac Lemieux, de Barachois, a participé à des bercethons sur le perron de l’église pour renflouer les finances de la fabrique.

Isaac Lemieux, de Barachois, a participé à des bercethons sur le perron de l’église pour renflouer les finances de la fabrique. Photo : Geneviève Gélinas

GASPÉ – Les églises gaspésiennes ont du mal à joindre les deux bouts. Une proportion de 81 % des fabriques juge que le statu quo n’est plus possible, révèle un rapport du diocèse de Gaspé, qui propose des pistes de solution.

Isaac Lemieux, 87 ans, se souvient des années 1940 et 1950, lorsque l’église de Barachois était presque pleine tous les dimanches. Aujourd’hui, les messes rassemblent une cinquantaine de personnes, surtout des aînés, et la fabrique doit faire preuve d’imagination pour trouver des revenus. Ces dernières années, M. Lemieux a même participé à des « bercethons » sur le perron de l’église pour amasser des fonds!

Depuis 2000, une grande collecte annuelle avait permis de donner un nouveau souffle aux paroisses de la région. « Mais depuis deux ans, on sent qu’elles s’essoufflent à nouveau. Un grand nombre [49 %] a montré un déficit d’opération l’an dernier », explique l’évêque Jean Gagnon.

Paroisses « à un tournant »

L’équipe du diocèse a préparé un questionnaire auquel 55 des 63 fabriques de la Gaspésie et des Îles ont répondu. Constat : la population diminue et vieillit, tout comme les fidèles et les administrateurs des fabriques. Les revenus en provenance de la dîme et des quêtes du dimanche sont à la baisse, pendant que les coûts d’opération augmentent. Et le tiers des églises ont besoin de réparations majeures.

Les paroisses sont « à un tournant », résume Monseigneur Gagnon. « Ça ne veut pas dire qu’on va faire faillite demain matin, précise-t-il. Mais on ne peut plus couper. Il faut trouver des manières différentes de faire. »

Solutions : partager et informer

Malgré les défis, la paroisse Saint-Pierre de Barachois « s’en tire bien », juge Anita Collin, présidente de la fabrique. Un salon funéraire loue le sous-sol de l’église. Le presbytère abrite des locaux du CLSC et un appartement, ce qui permet de prélever des loyers.

Le diocèse encourage ce type de partenariat pour partager les coûts d’opération. À l’image de Barachois et de son « bercethon », les fabriques sont aussi invitées à essayer de nouvelles formules de collectes de fonds.

Mais avant toute chose, les paroissiens et la municipalité doivent être informés de la situation des finances de leur église. « Il y a beaucoup plus de gens attachés à leur église que ceux qui vont à la messe le dimanche, remarque Mgr Gagnon. […] Souvent, l’église est ce qui reste dans le village. »

Fusionner des églises?

Plus du tiers des fabriques, soit 24, considère l’éventualité d’un regroupement avec une paroisse des alentours, révèle le rapport. Mais l’esprit de clocher existe encore, indique Mgr Gagnon. « Ça se comprend, dit-il. Les paroisses sont relativement éloignées les unes des autres et le sentiment d’appartenance est marqué. »

Le diocèse poursuit jusqu’au 3 décembre une tournée de la Gaspésie et des Îles pour présenter le rapport et discuter d’avenir avec les paroissiens.

Les défis sont loin de décourager Mgr Gagnon.  « Il y a eu des époques où l’Église était très riche et organisée, d’autres époques où elle a été très pauvre. Mais elle a toujours été à son meilleur quand elle était pauvre. C’est là que je trouve mon espérance. »

1 commentaire

Mario Parent a écrit le 27 juin 2016

Il semble que plusieurs de vos articles ne sont pas datés...

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