Politique, Affaires municipales et développement régional

Fin de la CRÉGIM : "moins de pouvoir et fragilisation de la région"

Par Karyne Boudreau, journaliste, graffici.ca
La CRÉGIM a entre autre contribué cette dernière décénie, au matien du chemin de fer en Gaspésie.

La CRÉGIM a entre autre contribué cette dernière décénie, au matien du chemin de fer en Gaspésie. Photo : Archives GRAFFICI.CA

GASPÉ – Le pacte fiscal imposé par le gouvernement aux municipalités et l'abolition des organismes de développement régional diminueront le pouvoir d’agir de la région et la fragiliseront, selon la Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (CRÉGÎM).

Dans un communiqué émis hier, la CRÉGIM réagit ainsi à la concrétisation des rumeurs d’abolition des CRÉ et des CLD et au fait que le gouvernement a annoncé hier des compressions de l’ordre de 300 M$ dans le monde municipal québécois.

« C’est une coupure qui va faire mal, qui va faire très mal à notre région et aux citoyens. Je peux comprendre que le gouvernement prenne action pour rééquilibrer ses finances, mais il ne doit pas le faire sur le dos des régions. Au moins aurait-on pu être consultés et participer à notre façon à cet effort collectif, mais il n’en fut pas le cas. D’ailleurs, quand les municipalités demandaient plus de reconnaissance du gouvernement, ça ne voulait pas dire qu’on voulait récupérer les mandats des organismes qui font déjà bien leur travail sur le territoire », s’indigne le président de la CRÉGÎM et maire de Gaspé, Daniel Côté. Ce dernier croit malheureusement que ce sont les citoyens qui devront compenser à même leur portefeuille.

« C’est sans compter les pertes de plusieurs bons emplois dans la région. Une perte d’emploi c’est une chose, mais une perte d’emploi sans possibilité d’en trouver une autre, c’est pire. L’exode de familles, et donc de l’expertise régionale en matière de développement, est inévitable. C’est contraire à tous les efforts déployés ces dernières années en matière d’attraction des jeunes et de rétention de la population », explique M. Côté.

« On a livré plusieurs batailles pour arriver où nous en sommes, et on va continuer de se battre. On va trouver les solutions pour que cette décision n’affecte pas les acquis de la région et pour nous assurer que nous continuions d’agir avec cohésion, cohérence et avec une vision régionale. On sent un réel soutien de nos partenaires et des citoyens. On ne laissera pas tomber », soutient M. Côté.

La Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine est l’interlocutrice privilégiée du gouvernement en matière de développement régional. Son financement provient principalement du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire, à travers le Fonds de développement régional. La CRÉGÎM participe à l’épanouissement de sa région selon une vision concertée et novatrice avec les élus municipaux, les organismes régionaux et les citoyens dans le but de contribuer à améliorer la qualité de vie des Gaspésiens et des Madelinots.

Québec a confirmé hier que les CRÉ du Québec seront dissoutes au 31 décembre 2014.

4 commentaires

Marc-André St-Pierre a écrit le 8 novembre 2014

Vous avez un beau discours mater dolorosa M. Cayouette. Pourtant, bien que je n'aie pas grande affinité avec M. Langlais, il a raison. /// Les guerres de clochers existent encore. La Haute-Gaspésie, l'Oublié, se porte très mal. En fait, s'il n'y avait plus de guerres de clochers, il s'est développé une autre guerre. Celle du Sud contre le Nord, que vous avez largement remportée. Juste pour ça, juste parce que la très très grande majorité des réalisations gaspésiennes (et les subventions qui viennent avec) s'est retrouvée du côté sud, la CRÉGÎM n'a pas rempli son mandat et ne mérite pas l'éloge que vous en faites. Exit, donc, en espérant que le saccage à Couillard contribuera à des véritables solutions pratico-pratique et non à la création d'autres ti-bureaux.

Benoît Cayouette a écrit le 7 novembre 2014

Un outil de mobilisation régionale et un lieu de concertation qui contribuait à atténuer les chicanes de clocher; un endroit ou la société civile avait son mot à dire sur les orientations de développement; des professionnels(les) engagés envers notre région et son développement. Voilà ce qu'était la CRÉGIM. Je tiens à lever mon chapeau à toutes ceux et celles, employés comme gestionnaires de la Conférence régionale des élus de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine; vous qui avez cru qu'on pouvait faire autrement et avez lutté, à votre façon, contre un certain discours passéiste encore trop présent. La résilience gaspésienne sera mise à rude épreuve encore une fois mais sachez qu'il n'existe aucune fatalité. Les choses peuvent et doivent changer. Et elles changeront, forcément. Accrochez-vous car le jour n'est pas si loin où nous aurons besoin de vous. Benoît Cayouette, Chandler

Gaston Langlais a écrit le 7 novembre 2014

Bonjour, Depuis plus de trois décennies la Gaspésie est emportée par la spirale du déclin. Il y a deux milles ans, quelqu'un a dit que l'on juge un arbre à ses fruits. La CRÉ et son ancêtre n'ont pas produit les fruits attendus puisque la Gaspésie est descendue dans un profond ravin d'où il ne sera pas facile de s'en sortir. Il faut donc changer de formule et cela aurait dû être fait depuis longtemps. Gaston Langlais - Gaspé.

Laurent Juneau a écrit le 6 novembre 2014

« Nous devons favoriser l'autonomie de nos régions en nous faisant les accompagnateurs des volontés régionales, plutôt que les prescripteurs de solutions centralisées." : qui a écrit cela ? : Jean Charest !?! Alors pourquoi les libéraux de M. Couillard font-il exactement le contraire ? La devise du Québec devrait plutôt être dorénavant : "JE ME SOUVIENDRAI" ...

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