Coin droit

FAIRE FACE À L’AUSTÉRITÉ, MODE D’EMPLOI

Par Paul André Beaulieu, blogueur, graffici.ca
Paul André, dit P.A. Beaulieu, est né et habite à Sainte-Anne-des-Monts.

Paul André, dit P.A. Beaulieu, est né et habite à Sainte-Anne-des-Monts. Photo : Gracieuseté

L'ARÈNE POLITIQUE DE GRAFFICI.CA mettra en opposition, chaque troisième jeudi et vendredi du mois, Pascal Alain (Coin gauche) et P.A. Beaulieu (Coin droit). Les deux protagonistes répondront chaque mois à une question déterminée par la rédaction de GRAFFICI.CA et inspirée de l'actualité politique. Les lecteurs sont aussi invités à proposer des sujets de débat par le biais des commentaires en bas des textes.

Dans le Coin gauche, le jeudi, Pascal Alain de Carleton-sur-Mer exposera son point de vue, naturellement tourné vers la sociale démocratie. Il partagera l’Arène avec  P.A. Beaulieu de Sainte-Anne-des-Monts qui, le vendredi, de son Coin droit, exprimera un point de vue libertarien, favorisant un maximum de liberté individuelle et un minimum d’intervention de l’État.

Ce mois-ci, GRAFFICI.CA a demandé aux « combattants » d’exposer leur opinion sur ce qui est appelé actuellement dans l’actualité L’AUSTÉRITÉ et de préciser de quelle façon, selon eux, notre société devrait y faire face.

NOTE DE LA RÉDACTION

Les blogueurs sur GRAFFICI.CA ne sont pas à l'emploi de l'entreprise. Ils ont tous accepté de s'engager, bénévolement, pour apporter une diversité de point de vue dans notre média et les opinions véhiculées dans ces textes n'engagent que leur signataire. Il en va de même pour les lettres ouvertes.

ARÈNE POLITIQUE, COIN DROIT

L'AUSTÉRITÉ SELON P.A. BEAULIEU

SAINTE-ANNE-DES-MONTS — L'austérité? Quelle austérité? Vous parlez de ces quelques coupures bien plus cosmétiques qu'autre chose réalisées par le gouvernement Couillard récemment ou de la crise économique des années 1930???

Croyez-vous vraiment qu'en coupant 500 calories sur les 10 000 qu'un obèse morbide consomme quotidiennement, nous allons l'aider à retrouver la santé? NON. Un régime plus drastique est nécessaire pour son bien-être et son retour à un état plus normal, ce n'est rien d'autre que du gros bon sens.

Ce même gros bon sens s'applique à l'obèse qu'est devenu le Québec. La supposée austérité du PLQ dont on parle tant vous déplaît peut-être, mais elle est encore nettement insuffisante pour redresser la grave situation dans laquelle nous nous trouvons.

Je ne pense pas ici uniquement à la Gaspésie, mais au Québec dans son ensemble : notre collectivité vit nettement au-dessus de ses moyens depuis des décennies déjà.

Qui va payer la dette de 274 milliards du Québec, qui va toujours en augmentant?

Tôt ou tard, c’est la faillite qui nous attend si des mesures, déplaisantes j'en conviens, mais nécessaires, ne sont pas prises pendant qu'il en est encore temps. En jouant à l'autruche, en ne voulant pas regarder la réalité en face, nous ne faisons que laisser le problème empirer et le choc sera plus dur encore quand nous frapperons le mur.

Par la force des choses, nous n'aurons pas le choix de couper pour préserver l'essentiel, soit un minimum de services en santé et en éducation par exemple.

Et quand on regarde le vieillissement de la population, combiné à une baisse démographique à venir, ça ne nous donnera tout simplement pas le choix de fermer des villages non viables, entre autres, que cela nous plaise ou non.

Les individus et les groupes qui s'opposent le plus fermement à des mesures d'austérité sont ceux qui ont le plus à perdre, plusieurs étant tellement habitués à piger dans le plat de bonbons collectif depuis longtemps qu'ils tiennent pour acquis que les sucreries ne viendront jamais à manquer.

Avez-vous remarqué que lors des manifestations, on voit toujours les mêmes visages, soit ceux d'activistes de groupes communautaires et ceux de personnalités syndicales? Ces personnes représentent-elles vraiment la population, ou bien cherchent-elles d'abord et avant tout à sauver leurs propres acquis?

ON NE GUÉRIT POINT UN ALCOOLIQUE EN LUI DONNANT PLUS D’ALCOOL

On a pigé dans les poches des contribuables durant des années pour financer les CLD, les CRÉ, les CJE et bien d'autres organismes socio-économiques. Est-ce que le jeu en valait la chandelle? J’en doute.

Ma comparaison concernant l'argent dépensé pour venir en aide aux personnes en difficulté va déplaire à plusieurs, mais passé un certain seuil, mettre plus d'argent dans la « lutte contre la pauvreté », c'est malheureusement comme si on comptait guérir un alcoolique en lui donnant encore plus d'alcool.

Il y a des gens qui ont besoin de support, je suis entièrement d'accord sur ce point et je crois que nous devons collectivement les aider, la cause est noble, mais à trop vouloir aider, on fini par nuire en déresponsabilisant des individus.

La meilleure solution à la pauvreté, ce n'est pas d'injecter plus de subventions dans notre milieu, la meilleure solution, c'est « une job »!

SOYONS RÉALISTES!

Je ne crois pas que tout soit perdu pour autant, estimant personnellement que mon discours n'est ni défaitiste, ni pessimiste, mais plutôt réaliste. Nous avons l'avantage de disposer d'un vaste éventail de ressources, au niveau pétrolier notamment. Ces ressources peuvent être exploitées avec un niveau de risque acceptable pour les individus et l'environnement, à condition que nous cessions de courber l'échine devant une poignée d'environnementalistes, certains n’habitant même pas notre région, qui s'oppose à toutes les initiatives économiques rentables qui s'offrent à nous.

L’AVENIR PASSE PAR LA FORMATION ET L’IMMIGRATION

Si nous avons à « investir » collectivement (même si je préfère de loin les investissements privés aux dépenses publiques), je crois que nous devons le faire différemment, en axant sur l'éducation et sur l'immigration.

Aussi, j'aimerais bien mieux qu'on prenne 20 millions pour aider 20 PME de dix employés réparties sur le territoire, au lieu d’utiliser cette même somme pour une seule et unique entreprise qui en engagerait 200.

Je crois que la survie de la Gaspésie passe par la formation professionnelle. Des initiatives comme celles qui ont mené à l'établissement d'une formation DEP pour les monteurs de lignes en Haute-Gaspésie doivent se répéter, afin que notre région dispose d'un vaste bassin de travailleurs qualifiés, et ce dans une multitude de domaines, afin de rendre notre région attirante pour les investisseurs. Ces mêmes travailleurs peuvent habiter la région avec leur famille en allant travailler dans le Nord également.

Aussi, nous avons besoin de sang neuf. L'immigration est une autre nécessité, afin d'amener chez-nous une plus grande diversité. Or, sommes-nous prêts à accepter la présence de gens d'autres couleurs, parlant d'autres langues que le français, sur notre territoire?

Tout ça pour vous dire que je ne crois pas que la Gaspésie vit présentement une austérité, mais qu'elle a besoin à mon humble avis d'un sérieux « Wake up call » que plusieurs parmi nous ne sont vraiment pas disposés à recevoir.

-30-

NOTE SUR L'AUTEUR

Paul André, dit P.A. Beaulieu, est né et habite à Sainte-Anne-des-Monts. Il a enseigné pendant une dizaine d’années aux niveaux primaire et secondaire au Québec et à Terre-Neuve. Il a aussi été animateur de radio en Haute-Gaspésie. Il travaille actuellement dans le secteur privé et aime engendrer des débats dans ses temps libres. Comme représentant de la droite politique, il s’opposera à Pascal Alain qui incarnera la pensée de la gauche, dans l’arène politique du GRAFFICI.CA, chaque troisième vendredi du mois.

4 commentaires

Bob Eichenberger a écrit le 23 mars 2015

En défense de la droite: je suis d'accord de privilégier le travail, la patience et la discipline budgétaire pour démarrer et gérer nos entreprises gaspésiennes. Comme j'ai dit à la commission Coulombe, je n'ai pas peur de compétitionner l'industrie lourde, mais j'aimerais avoir un terrain de jeu égal. Si je dois fonctionner sans subventions et abris fiscaux, qu'il en soit de même avec l'industrie lourde et on verra qui est vraiment rentable. Un avantage évident de la PME, c'est qu'on ne peut pas graisser des politiciens pour légiférer en notre faveur. pour ce qui est des organismes communautaires, je défi du privé pour offrir de meilleurs services à moindre coûts est loin d'être gagné.

Eric Boucher a écrit le 21 mars 2015

Tu vas être malheureux , P.A Beaulieu, parce que le vent qui souffle va libérer tout-le-monde même ceux, comme toi, amoureux de leur laisse. Ceux qui branlent la queue même quand leurs maîtres la raccourcit: ‘’merci mon maître de m’avoir regardé. Dis; la prochaine fois tu vas me flatter? Me laisser laver ta Bentley?’’ Je sais le changement ça fait peur mais tu vas être correct mon grand. Tu souffres du syndome de Stockolm ou de larbinisme. Peut-être des deux. Tu iras chercher dans le dictionnaire; ça te changera de lire le Journal de Québec...

Christian Fraser a écrit le 20 mars 2015

M. Beaulieu, je suis d’accord avec le dernier segment de votre texte qui dit que l’avenir passe par la formation et l’immigration. Cependant, j’ajouterais qu’elle passe aussi, comme le mentionnait le bloggeur Jean-François Spain dans son texte du 18 mars, par l’éducation en général et particulièrement l’éducation des jeunes du primaire, du secondaire et du collégial. Le dynamisme de nos institutions d’enseignement peut jouer un grand rôle sur la rétention de nos jeunes par la suite. Ce n’est pas en préservant un « minimum » de services en éducation, comme vous dites, qu’on va dynamiser nos institutions scolaire. Au contraire, l’argent public « doit » servir à offrir un enseignement de haute qualité à nos jeunes et soyons fiers d’investir collectivement dans nos jeunes. D’autre part, je ne comprends pas comment vous voyez d’un bon œil la fermeture des CLD, qui offrent un soutien important aux jeunes entreprises, ce qui peut faire une grande différence sur la longévité et l’expansion de leurs activités. Il me semble que ça va à l’inverse de votre opinion sur la diversité et la quantité des entreprises à mettre en place. Il est toujours de mise de mieux gérer nos programmes, mais éliminer des organismes sous prétexte de réduire les structures ne va certainement pas sauver d’argent à moyen et long terme. On verra le gouvernement se « petter » les bretelles dans les prochains mois pour l’atteinte du déficit zéro, mais on devra par la suite rebâtir une concertation régionale et réinvestir dans le soutien aux entreprises. Le soutien aux entreprises ne veut pas dire de financer leurs activités, mais d’orienter leur développement et de les aider à faire leur place. Et cet investissement rapporte pas mal plus qu’il en coûte. La plupart des entreprises qui ont vu le jour depuis une dizaine d’années témoignent tous du support essentiel reçu par les CLD. Je ne comprends donc pas pourquoi vous cautionnez ces coupures qui ne peuvent que nuire à notre région. Christian Fraser, Maria.

Dominic Lemyre a écrit le 20 mars 2015

Paradoxale qu’en parlant du privé il s’agit d’investissement et que du public on résume cela à des dépenses. Comme s’il n’y avait aucun investissement lorsque l’on parle de dépenses de l’État … des investissements publics font en sorte qu’en lien avec la dette, il y a des actifs publics et le Québec s’est construit depuis 50 ans des piliers de notre économie en faisant confiance à sa fonction publique pour développer des projets et répondre à des besoins généraux de la population. Plus de petites entreprises je suis d’accord, mais accompagner les gens est important pour accroître leur succès. Tu verras la différence notable de création d’entreprises dans les rapports de l’année 2015-2016 qui reflétera le réel portrait des coupes et le nombre d’entreprises qui vont fermer prochainement. Les entreprises de services, du commerce de détail et de la restauration sont les plus touchés par un ralentissement économique.

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.