Expropriés de Forillon : la cueillette de témoignages entamée

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Le gouvernement du Québec a exproprié 225 familles à Forillon pour remettre des terres inhabitées au fédéral.

Le gouvernement du Québec a exproprié 225 familles à Forillon pour remettre des terres inhabitées au fédéral. Photo : Claude Robillard

D’ici décembre, une centaine d’expropriés de Forillon auront confié leur vécu à la caméra, des témoignages qui seront conservés pour la postérité.

Le Regroupement de personnes expropriées de Forillon et leur descendance mène les entrevues depuis octobre. «C’est très touchant et pertinent de voir des personnes de 90 ans, et à 40 ans de distance, parler de l’expropriation en toute lucidité et avec le recul», dit Marie Rochefort, porte-parole du Regroupement.

En 1970, le gouvernement du Québec a exproprié 225 familles et 1500 terres, pour remettre des terrains inhabités au gouvernement fédéral, qui a créé le parc Forillon.

Les témoignages portent sur l’expropriation, mais aussi sur le mode de vie des familles avant 1970. «On leur fait raconter ce qu’ils ont vécu pour comprendre ce qu’on a perdu», résume Mme Rochefort.

«Rendre hommage»

Des expropriés de première génération et leurs enfants sont interviewés, tout comme des membres du comité de revendication actif pendant les années 70.

Convaincre les familles de témoigner est plus difficile que prévu, juge Mme Rochefort. «Il faut aller les chercher par la main. On leur explique que c’est une façon de rendre hommage à leurs parents.»

Des DVD dans les écoles

Les témoignages seront gravés sur DVD, réunis dans un boîtier et classés selon les cinq secteurs expropriés : Penouille, Rivière-Morris (à Rivière-au-Renard), la vallée de L’Anse-au-Griffon, Grande-Grave et Cap-des-Rosiers (incluant le rang Saint-Martin).

«Il faut que ça rentre dans les commissions scolaires, les écoles, les résidences pour personnes âgées où habitent des expropriés. C’est notre priorité», explique Mme Rochefort, qui ne sait pas encore si le grand public pourra se procurer des boîtiers. Les témoignages seront aussi présentés dans la Maison Dolbel-Roberts, située dans le parc et consacrée aux habitants de Forillon.

Le projet coût 69 000 $. Il est financé notamment par le ministère québécois de la Culture, le Centre local de développement de la Côte-de-Gaspé et Parcs Canada.

4 commentaires

Michel L. Fréchette a écrit le 13 mars 2013

Un court rappel que les artéfacts de ce pillage doivent être réclamés par la descendance directe et l'ensemble de notre collectivité gaspésienne auprès du gouvernement fédéral et qu'un de ces ministres conservateurs était venu nous insulter sur notre sol. Je salue la mesure du devoir de mémoire mais j'apprécierais à ce que l'impunité historique et le brigandage soient aussi corrigés. Cette tragédie collective est, à sa hauteur, de la même intensité que celles observées sur d'autres théâtres historiques et dans d'autres pays. La logique d'action est similaire: négation des droits de l’occupant, mensonge économique et dépossession de son histoire. Il reste un combat à mener, celui de la dignité. To Mrs Marylyn Rose: fortunately, we, as family, didn't have to cope with this drama but your comment brings me the vision of the limit of what is acceptable in life and where stands the line of dignity. Many Thanks.

Marilyn Rose a écrit le 12 mars 2013

I remember my Father's distress at the loss of one third approximately of his land. He was not as badly affected as some who saw their homes quite pointlessly burned to the ground. The people of the Gaspe peninsula have a unique history within the history of Canada. Among the first people to come to fish in the waters and then to settle. They came from the channel islands and the heritage their Scots, French and Huguenot ancestors came with them. It is surprising that the people who were so concerned about preserving heritage could quite cavalierly ride roughshod over that of others. Pierre Elliot Trudeau when castigated about it, called the people of the peninsula..."welfare bums." That was his understanding of seasonal unemployment. We need always to hold the feet of politicians to the fire. Gaspe was too sparsely populated to mount an adequate protest. Je me souviens.

Bilbo Cyr a écrit le 12 mars 2013

En 1970, le gouvernement du Québec a exproprié 225 familles et 1500 terres, pour remettre des terrains inhabités au gouvernement fédéral, qui a créé le parc Forillon. Les négociation étaient menées par un jeune avocat ambitieux du nom de Jean Chrétien. Le couvercle sur la marmite était maintenu par tout le poids d'un certain Trudeau, père de l'autre. Qui ne connait pas son histoire est condamné à la répéter.

Gaston Poirier a écrit le 12 mars 2013

Comme peuple, nous avons un devoir de mémoire. Bravo aux instigateur de ce projet. On ne doit jamais oublier les erreurs du passé afin d'éviter qu'elles ne se reproduisent.

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