Éducation, Politique

Éventuelle fusion des CS : « pas d'économie à réaliser »

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
Le président de la commission scolaire des Chic-Chocs, Jean-Pierre Pigeon, rappelle que la fusion ayant formé sa commission scolaire, en 1998, n'a généré aucune économie.

Le président de la commission scolaire des Chic-Chocs, Jean-Pierre Pigeon, rappelle que la fusion ayant formé sa commission scolaire, en 1998, n'a généré aucune économie. Photo : Nelson Sergerie

GASPÉ – Les deux présidents des commissions scolaires de la Gaspésie sont catégoriques : fusionner les deux entités en une seule ne générera aucune économie d'échelle.

Telle est la conclusion du président de la commission scolaire René-Lévesque, Jean Couture, et de celui de la commission scolaire des Chic-Chocs, Jean-Pierre Pigeon, à la suite des intentions de Québec d'aller chercher 125 millions de dollars sur un horizon de trois à cinq ans dans leur fonctionnement en évoquant des fusions.
« Si c'est simplement une vision comptable, ils sont à côté de la coche en Gaspésie », indique M. Pigeon.
« C'est inquiétant et énervant », ajoute M. Couture.
Jean-Pierre Pigeon rappelle que la fusion de 1998 des commissions scolaires de la Tourelle et des Falaises n'a généré aucune économie : « Il n'y en a pas eu durant plusieurs années puisque les emplois sont protégés. Il fallait agir par attrition. Ça a pris sept à huit ans avant qu'on sente les impacts », explique M. Pigeon.
« En réalité, fusionner, il n'y a pas d'économies. Ramenons ça en 1998 lorsqu'on parlait de 100 millions d'économies, les commissions scolaires avaient fusionné. Ils [le gouvernement] ont dû rajouter 40 millions de dollars, renchérit M. Couture. On a aussi perdu la proximité des services. »
Les deux commissions scolaires ont déjà regardé des collaborations afin de faire des économies : « On a fait déjà l'exercice au cours des deux dernières années précédentes et on ne l'a pas retenu parce qu'il n'y avait pas d'économie d'échelle », rajoute M. Pigeon.
« Notre handicap, c'est la distance », précise M. Couture.
« Je suis prêt à refaire l'exercice avec les fonctionnaires pour leur montrer que ça ne serait pas rentable, du moins dans notre région, compte tenu de la grandeur du territoire », dit M. Couture, rappelant qu'une fusion en Gaspésie donnerait une commission scolaire dont le territoire s'étirerait entre Matapédia et Cap-Chat en passant par Gaspé.
« Selon les informations que l'on a, je suis porté à dire et presque convaincu qu'il n'y aurait aucune économie raisonnable à faire si on parle de fusion », conclut M. Couture.
Dans son budget jeudi dernier, le ministre des Finances, Nicolas Marceau a soutenu que les « petites sont trop petites », promettant de réinvestir les fruits des regroupements dans les services aux élèves. Par petite commission scolaire, le ministre Marceau entend une commission scolaire comptant plus ou moins de 5 000 élèves, ce qui serait le cas de nos deux commissions scolaires gaspésiennes.

4 commentaires

Odile Arsenault a écrit le 21 novembre 2014

Si le gouvernement peut réellement démontrer que les fusions peuvent générer d'importantes économies, sans affecter le service à l'élève, peut-être... mais pour le moment, je n'ai rien entendu ou lu pour me convaincre que c'est le cas. Les fusions de 1998 ont démontré que ça coûte plus cher! Pourquoi reprendre cette méthode? Tout ce que je peut entrevoir, c'est un ralentissement des procédures administrative et forcément, c'est le parent ou l'élève qui en paie la note en bout de ligne. C'est inévitable.

John leblanc a écrit le 25 février 2014

Pourquoi pas les abolirent la on aurait des économies intéressentes.

Sébastien Pagé a écrit le 25 février 2014

Au moins le salaire d'un des eux président lol Qu'ils crient coupez ma job svp m'aurais étonné. Je ne prends pas possition plus serieusement, car je ne suis pas dans les livres.

Johanne Fugère a écrit le 25 février 2014

Combien pourrions-nous engager de personnel supplémentaire (enseignant et professionnel de soutien *orthopédagogue) avec les sommes faramineuses dépensées dans les commissions scolaires ?

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.