Lever les voiles

OÙ EST PASSÉ VOTRE MAIRE

Par Étienne Bouchard, blogueur, graffici.ca
Étienne Bouchard est gestionnaire en développement local et régional de profession. Détenteur d’un Baccalauréat en administration des affaires, spécialisé en tourisme et d’un autre en criminologie, il a dirigé le CLD de Bonaventure pendant 15 ans.

Étienne Bouchard est gestionnaire en développement local et régional de profession. Détenteur d’un Baccalauréat en administration des affaires, spécialisé en tourisme et d’un autre en criminologie, il a dirigé le CLD de Bonaventure pendant 15 ans. Photo : Gracieuseté

BONAVENTURE - Je pose la question parce que ces temps-ci, il me semble qu’on les voit peu ou pas nos maires, ce qui n’est pas dans leurs habitudes. En général, le principal magistrat de la municipalité québécoise a l’habitude de se pavaner ici et là, question de se bâtir un capital de sympathie essentiel pour le moment où viendront les prochaines élections municipales.

Certes, il sera à la prochaine réunion du conseil municipal, question de gagner sa paye. Mais, dans les soupers spaghettis, aux fêtes foraines ou simplement à la pharmacie, la race du Mairus Quebecus se fait rare. On pourrait même l’imaginer en voie de disparition. Plus poliment, je dirai que, le maire québécois n’est pas très présent dans l’espace public par les temps qui courent.

Si cela vous fait plaisir, ne vous réjouissez pas trop vite, je suis certain qu’il va réapparaître dans les mois qui précèderont la prochaine élection municipale. Pour ma part, cela ne me réjouit guère. Parce que s’il y a pire qu’un mauvais roi, c’est bien un roi absent.

Certains avancent l’hypothèse d’un air de tempête dans le paysage québécois, une perturbation météorologique du nom d’austérité qui pousse nos élus à se terrer. Est-ce par paresse? Je ne le crois pas. Je pense plutôt que c’est par prudence, question de ne pas choquer le dieu des vents municipaux, un certain Moreau. Oui, oui, c’est par prudence. C’est qu’il faut négocier un nouveau pacte fiscal avec le Dieu Moreau et qu’il n’est pas commode, ce tout puissant. Alors, la sagesse dicte la discrétion à nos élus qui demeurent à l’abri le temps que la tempête passe.

Un parapluie inespéré ?
En attendant, dans une étude publiée cette semaine, l’Institut de recherche et d’information socio-économique (l’IRIS) affirme haut et fort que les investissements publics génèrent plus de richesse que les investissements dans l’exploitation des ressources premières. En fait, chaque dollar investi dans le secteur public génèrerait 1,11 $ de PIB alors que dans le secteur des ressources, chaque dollar investi génère ,80 $ de PIB. Même chose pour l’emploi! Pour chaque million de dollars investis, le secteur public crée 14,22 emplois généralement plus stables et mieux rémunérés alors que le secteur des ressources en crée 8,57.

L’IRIS donne ainsi un sérieux coup de pied à ce préjugé profondément ancré chez certains contribuablus Québécus. Vous savez, cette race de payeur d’impôt qui a l’éternelle impression de ne pas en avoir pour son argent, ce payeur d’impôt qui ne se gêne pas pour dire à quiconque porte le titre de fonctionnaire, que c’est lui qui paye son salaire?

Autrement dit, ce que dit l’IRIS, c’est que, quand le gouvernement désinvesti dans le secteur public et investi dans le secteur des ressources naturelles, il fait du sous-développement, appauvrissant du coup le Québec tout entier, mais spécialement les régions ressources.

Ce que dit l’IRIS, preuves à l’appui, c’est ce que pense beaucoup de monde, peut-être même quelques-uns de nos maires qui pourraient utiliser ce parapluie statistique pour sortir de leurs abris et œuvrer à limiter les dégâts que se propose de faire la tempête.

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Note sur l’auteur :
Étienne Bouchard est gestionnaire en développement local et régional de profession. C’est dans la région de Sainte-Anne-des-Monts, au printemps de 1997, que naît le Gaspésien en lui. Il s’installera dans la Baie-des-Chaleurs, à Bonaventure, à l’automne de 1999.
Détenteur d’un Baccalauréat en administration des affaires, spécialisé en tourisme et d’un autre en criminologie, il a dirigé le CLD de la MRC de Bonaventure pendant 15 ans.
Très impliqué dans le développement économique régional, il a été notamment vice-président du technocentre des TIC de la GIM, administrateur à l’Association des CLD du Québec (ACLDQ) et président de l’Incubateur régional d’entreprises de la GIM. Père d’un  Gaspésien et d’une Gaspésienne de 10 et 13 ans, il concentre maintenant son implication citoyenne dans l’éducation, en siègeant notamment au conseil d’établissement de l’école François Thibeault de Bonaventure et au conseil d’établissement de l’école secondaire aux Quatre Vents du même endroit. Il est aussi membre du comité de parents de la Commission scolaire René Lévesque et représente cette dernière à la fédération des comités de parents du Québec.

Note de la rédaction :
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1 commentaire

Dominic Lemyre a écrit le 19 juin 2015

C'est le ministre qui prône que la gouvernance régionale devrait être supportée par les "ressources naturelles" en limitant cela aux hydrocarbures et aux mines lors d'une entrevue radio. Quand on parle d'acceptabilité sociale au MRN, ces ressources sont qualifiées de: "ressources énergétiques et minérales": http://www.mern.gouv.qc.ca/territoire/acceptabilite.jsp. Quand on change les mots pour vouloir faire passer un sapin ...

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