Épandage sur la voie ferrée : un rapport fortement contesté

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
Des écologistes de Gaspé battent en brèche un rapport d’Activa Environnement

Des écologistes de Gaspé battent en brèche un rapport d’Activa Environnement Photo : Thierry Haroun

GASPÉ - La Société de conservation ZICO de la Baie-de-Gaspé déplore la teneur de la principale recommandation du rapport de la firme Activa Environnement portant sur les alternatives à l'épandage d'herbicides le long de la voie ferrée dans la région. 

Intitulé «Recherche d'alternatives à l'utilisation de phytocides», le document de plus de 35 pages, dont nous avons obtenu copie, commandé et remis à la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) en novembre dernier, recommande finalement l’utilisation des herbicides. 

«Considérant qu’aucune méthode autre que l’application d’herbicides ne semble vraiment se démarquer au niveau de son efficacité, de ses coûts acceptables et de son rendement, il est recommandé que la SCFG procède à la préparation et à la mise en oeuvre d’un plan de gestion intégré de la végétation de la voie ferrée gaspésienne en considérant l’utilisation des herbicides sur son réseau comme moyen d’éliminer la végétation envahissante», lit-on dans le rapport. 

Ce qui a fait sursauter la présidente de l'organisme écologique, Margret Grenier. «Je suis complètement contre. Je trouve que ce document est en faveur de l'utilisation des herbicides, ce qui est triste.»

Ce rapport d'expert note par ailleurs que «les herbicides dont fait usage la SCFG sont autorisés par la réglementation provinciale et l’organisme obtient le permis requis pour leur utilisation. Les produits qui sont épandus sont efficaces rapidement et sont couramment utilisés dans d’autres secteurs d’activités comme l’agriculture, la gestion des emprises de route et de lignes électriques. L’impact environnemental de ces produits sur le milieu n’est pas aussi significatif que ce qui est actuellement véhiculé comme information auprès de la population». 

Mme Grenier qui suit ce dossier depuis des années exhorte la Société du chemin de fer de ne pas épandre de tels produits qui sont nocifs pour l'environnement. «Nous réitérons notre demande pour que cesse de tels épandages en vertu des règlements municipaux et de l’environnement.»

Une proposition qui ne passe pas

Enfin, l'étude d'Activa Environnement indique que «la SCFG gagnera également à sensibiliser les gens au contexte et à la problématique très particulière qu’est le contrôle de la végétation à l’intérieur de l’emprise ferroviaire et en particulier sur le lit de ballast. La mise en oeuvre d’un plan de gestion de contrôle de la végétation par la SCFG devrait également avoir un ''effet rassurant '' auprès de la population». 

Une approche que dénonce vigoureusement Margret Grenier. «Si c'est pour rassurer la population, franchement ça ne marchera pas!» 

L'épandage mécanique, manuel, thermique ou d'herbicides naturels sont parmi les méthodes recensées dans le document.

La haute direction de la Société du chemin de fer de la Gaspésie s'est refusée à tout commentaire.

(Notre collaborateur présente le premier de deux reportages sur la Société du chemin de fer de la Gaspésie)

2 commentaires

Joseph Leblanc a écrit le 18 avril 2013

J'exige dès maintenant un moratoire sur l’utilisation des herbicides et ensuite une enquête du BAPE .Et de plus Je demande des puits d'observation a tout les 100 mètres le long de la track pour voir si ça va contaminé la nappe phréatique. alors Pas d'épandages sans BAPE ......Moratoire ,Moratoire...

Gaston Poirier a écrit le 18 avril 2013

Un constat : on a besoin du rail comme outil de développement. 2e constat : si on veut garder notre infrastructure, il faut l'entretenir et la sécuriser (pour en assurer la pérennité) (il faut aussi la mettre à jour, mais ça c'est un autre dossier!). Pour l'entretenir, il faut combattre la végétation. Pour combattre la végétation, il y a diverses solutions. La plus efficace et la plus durable (au niveau de la durée de l'efficacité du traitement) est l'herbicide. La moins nocive pour l'environnement serait la vapeur d'eau ou peut-être les infrarouges. Comme les ressources financières sont limitées, il faut évaluer le rapport coût/bénéfice/environnement. Des experts en environnement (Activa, comme Pesca et d'autres, sont des spécialistes en environnement, donc des alliés naturels des groupes verdoyants!) recommandent une option et l'option présentée doit absolument rallier les objectifs d'économie et d'écologie. Si des experts indépendants au penchant environnementaliste nous disent que les herbicides proposés sont "pas si pires que ça", why not!?

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