Épandage de pesticides : Gaspé est sévèrement critiquée

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
Des écologistes critiquent sévèrement les autorités de Gaspé.

Des écologistes critiquent sévèrement les autorités de Gaspé. Photo : Thierry Haroun

La Société de conservation ZICO de la Baie de Gaspé demande à la Ville de Gaspé et à la MRC de la Côte-de-Gaspé de respecter leurs propres règlements concernant l'épandage de pesticides le long des corridors de transport routier, aéroportuaire et ferroviaire.

Dans une lettre très critique, dont nous avons obtenu copie et expédiée à tous les conseillers municipaux de Gaspé et à plusieurs préfectures de la région, le groupe écologiste rappelle le maire et préfet, François Roussy, à ses devoirs en l'exhortant de mettre en application les règlements édictés en 1995 et 1996, ce qui n'est pas encore le cas.

«C'est excessivement troublant de constater que la Ville de Gaspé et la MRC ne respectent pas ses propres règlements. Nous leur demandons depuis un bon bout de temps de cesser l’épandage d'herbicides chimiques. Mais là, nous sommes sans nouvelle et on craint que cela ne se reproduise [cet été] le long de la voie ferrée», souligne la présidente de l'organisme, Margret Grenier.

Dans sa lettre, Mme Grenier rappelle à M. Roussy que le règlement municipal numéro 597-95 de la Ville de Gaspé et le règlement municipal numéro 96-74 de la MRC de la Côte-de-Gaspé, interdisant l’épandage d’herbicides chimiques «concernant l'entretien de la végétation dans tous les corridors de transport routier, ferroviaire, d'énergie et aéroportuaire», ont été adoptés par Gaspé le 5 juin 1995, à l'unanimité et par la MRC de la Côte-de-Gaspé le 13 mars 1996, «également à l'unanimité».

«Les herbicides sont des poisons toxiques envers tous les êtres vivants, incluant les humains» et peuvent contaminer «le sol, l'air, l'eau et la chaîne alimentaire», souligne Mme Grenier, qui rappelle aussi «que tous les herbicides sont bannis en forêt depuis 2002».

De plus, l'écologiste fait remarquer qu'il existe plusieurs alternatives aux herbicides chimiques «dont la vapeur chaude, le traitement thermique, la coupe mécanique, le désherbage manuel, les traverses en plastique recyclé. Si votre volonté est en effet de protéger la santé et l'environnement, il ne faudra plus jamais qu'il y ait des épandages d'herbicides sur la voie ferrée», écrit-elle.

Mme Grenier note aussi que le maire de Gaspé tient un discours contradictoire en portant une attention particulière sur la possibilité de contamination de l'eau potable liée à d'éventuels forages pétroliers, mais en faisant fi de la contamination liée à l'épandage d'herbicides chimiques sur le territoire municipal.

Le maire se défend

François Roussy assure que tout est envisagé pour éviter à terme l'épandage d'herbicides chimiques le long des corridors de transports, notamment le long de la voie ferrée en rappelant que la firme Activa est en train de répertorier les végétaux qui se retrouvent le long de la voie ferrée et d'envisager toutes options autres que l'épandage d'herbicides chimiques. «Écoutez, notre intention est claire et ferme. On veut trouver des solutions autres que l'arrosage et l’épandage de pesticides chimiques pour contrôler la végétation».

M. Roussy concède que sa municipalité ne respecte pas sa propre réglementation en autorisant la Société de chemin de fer de la Gaspésie d'épandre des herbicides chimiques. «Oui, il est clair qu'il y a une telle réglementation à Gaspé, mais pas à la MRC. Et effectivement, quand il y a de l'arrosage, ça va à l'encontre de cette réglementation. Par contre, il y a une autre réglementation qui nous dit qu'on a la responsabilité d'assurer la sécurité des passagers qui utilisent la voie ferrée. Donc il y a deux responsabilités et deux règlements qui se confrontent dans ce dossier-là».

3 commentaires

Gaston Poirier a écrit le 13 mars 2013

Franchement, mes ami de la droite, je pensais que vous seriez content de voir qu'on tuait les herbes pour protéger le rail, le rail qui servira à exporter votre pétrole vers les rafineries de Mourial ou de Quebec! Pis vous me faite bien rire quand vous accusez le maire Roussy de vouloir de l'argent,alors que vous êtes les 1er à vouloir du cash de vos actions pétrolières! Vous êtes juste tordant avec votre belle démagogie à la sauce radioX! Si vous suivez l'actualité, Roussy a déjà expliqué pourquoi ils ont été obligé d'étendre des pesticides pour protéger le rail : pareil pour le lixiviat. Et dans les 2 cas, il a déjà dit ne pas être fier d'avoir été contraint de poser ces gestes extrêmes, dû à des raisons qu'il expliquait bien : du gros bon sens. Lixiviat : aucun méga-conteneur dispinible et menace que les bassins fende et se vide dans la rivière milieu beaucoup plus fragile que le golfe). Rail : même produit que sur les terrain de golf et obligatoire pour préserver les travers de bois contre la pourriture. DÉjà qu'il nous parle de 90 million$ pour sauver le train, si en plus on le laisse pourrir ce sera pas mieux non plus! À moins qu'on décide de l'abandonner et de tout faire voyager par camion : ça ferait plus de dépenses de pétrole donc plus d'argent dans les poches de Pelletier, Leblanc et les autres! Bon, parenthèse fermée. Personellement, je déteste qu'on utilise de telles solutions (épandage de produits chimique) mais je comprend pourquoi ils ont dû faire ça. À l'avenir j'aimerais cependant qu'on regarde vers d'autres solutions (infra-rouge, vapeur, etc.) qui existent ailleurs et qu'on pourrait tester chez nous...

Joseph Leblanc a écrit le 13 mars 2013

C'est tu le même petit roi qui dumpe son lixiviat dans le golfe On voit bien que c'est pas la protection de l'eau qui l'interesse mais bien le CA$H .....THE CA$H I$ KING !

Jean-Francois Samuel a écrit le 13 mars 2013

C'est bon pour l'eau potable ça les pesticides......

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.