Politique

L’engagement en politique municipale à la portée des jeunes

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Geneviève Labillois a participé à une activité de jumelage avec un élu de la région lors du dernier congrès de la FQM. Zoé Desbiens, de St-Siméon, a aussi participé à l'activité qui s’adressait à des jeunes désirant faire le saut en politique municipale.

Geneviève Labillois a participé à une activité de jumelage avec un élu de la région lors du dernier congrès de la FQM. Zoé Desbiens, de St-Siméon, a aussi participé à l'activité qui s’adressait à des jeunes désirant faire le saut en politique municipale. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Près de 13 % des élus municipaux de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine ont moins de 35 ans, ce qui place la région au 3e rang au Québec en ce qui a trait à la proportion des 20-34 ans chez les politiciens municipaux. Ce vent de jeunesse continuera-t-il de souffler sur le monde municipal aux prochaines élections ?

Geneviève Labillois, 26 ans, caresse l’idée de faire de la politique municipale depuis le secondaire. Plus jeune, elle rêvait de devenir mairesse de Nouvelle, la municipalité où elle vit. Et c’est à l’issue de ses études universitaires en 2010 que la jeune gaspésienne a eu «un déclic» : aux prochaines élections, elle tentera d’accéder au poste de conseillère municipale.

«Je trouve que la politique municipale est une façon efficace de s’impliquer. Le meilleur moyen de faire de nos municipalités des endroits où on veut habiter, c’est de s’engager», souligne Mme Labillois, qui a d’ailleurs participé à une activité de jumelage avec Jonathan Lapierre, conseiller aux Îles-de-la-Madeleine, lors d’un congrès de la Fédération québécoise des municipalités, qui s’est tenu à Québec à la fin du mois de septembre.

Sur un peu plus de 8000 postes électifs dans les 1104 municipalités du Québec, seulement 719 élus ont moins de 35 ans. En Gaspésie, même si la proportion des jeunes est élevée parmi les élus municipaux, Mme Labillois estime que ce n’est pas «suffisant».

Selon elle, les 20-34 ans auraient avantage à prendre plus de place en politique municipale. «La jeunesse est généralement porteuse de nouvelles idées, voit les choses autrement. Son implication est complémentaire à celle des citoyens plus expérimentés», soutient-elle, ajoutant du même souffle qu’elle croit ne pas être la seule de son groupe d’âge à vouloir faire le saut en politique municipale aux prochaines élections, prévues en novembre 2013. 

Une implication «prenante»

Si les jeunes semblent être moins portés vers l’engagement municipal, c’est notamment en raison de la charge de travail que représentent les tâches des élus, estime le maire de Carleton-sur-Mer, Denis Henry. «La jeune génération est très axée sur la famille. Alors c’est certain que les parents qui ont des jeunes enfants n’ont pas toujours la disponibilité pour assumer la tâche d’un élu, qui est très prenante», analyse-t-il.

À Carleton-sur-Mer, aucun conseiller n’est âgé de moins de 35 ans. Cependant, les jeunes sont les bienvenus, souligne M. Henry. «Ils sont déjà très présents dans les comités consultatifs. Leur implication se fait autrement que dans les sphères de décisions. Mais la porte est grande ouverte pour eux», poursuit-il

Exemple d’un maire au Bas-Saint-Laurent

Le maire de la petite municipalité des Méchins dans la MRC de Matane dans le Bas-Saint-Laurent, Jean-Sébastien Barriault, fait partie de la vingtaine de maires âgés de moins de 34 ans au Québec.

Celui qui a été élu conseiller pour la première fois à 29 ans et qui a été élu maire par acclamation à 30 ans apprécie son rôle, mais tient cependant à mettre en garde les jeunes intéressés par la politique municipale : il s’agit d’un travail «très exigeant» qui n’est pas «à prendre à la légère».

De son propre aveu, la conciliation entre la vie personnelle, professionnelle et politique n’est pas de tout repos. «Il faut le faire pour les bonnes raisons. Ce n’est pas toujours plaisant la politique municipale. Il faut être prêt à ça», avertit-il.

M. Barriault consacre en moyenne plus de 20 heures par semaine à ses tâches de maire, en plus du travail à temps plein qu’il occupe. «Être maire, c’est presque un deuxième emploi à temps plein. C’est du travail le soir, les fins de semaine. Alors ce n’est pas toujours agréable pour mes proches», raconte celui qui a récemment fait l’acquisition d’une maison avec son épouse.

Le trentenaire, qui reçoit 6 000 $ par année pour être maire de la petite municipalité, ne regrette cependant pas son choix. «Je voulais changer les choses et j’ai toujours eu de l’intérêt pour la politique. J’assume pleinement mes responsabilités et j’adore ce que je fais», dit-il.

5 commentaires

Louis-Patrick St-Pierre a écrit le 20 novembre 2012

*tout EST possible. Pardon pour la faute de frappe.

Louis-Patrick St-Pierre a écrit le 20 novembre 2012

Je salue la volonté de Mme Labillois et lui souhaite la meilleure des chances dans son projet politique. C'est un domaine fascinant et un vecteur de vie. Avec la détermination tout es possible. Il ne suffit que d'y croire !

Marie-Thérèse Forest a écrit le 16 octobre 2012

Deux jeunes gaspésiennes ont participé au Congrès de l'Union des municipalités dans la ville de Québec,question de stimuler la participation des jeunes et aussi des femmes à la politique municipale. Alors, les jeunes femmes sont vraiment en déficit de représentation !!!

Graffici a écrit le 15 octobre 2012

Merci M. Barriault. C'est corrigé.

Jean-Sébastien Barriault a écrit le 15 octobre 2012

Bonjour, très bon article. Je tiens à rectifier une chose, j'ai été élu maire à 30 ans et non à 32 ans. Bonne journée,

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