Politique

Élections : les régions absentes du débat déplore la CRÉGÎM

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
La Conférence régionale des élus de la Gaspésie-les-Îles constate que le développement régional est en enjeu écarté dans la présente campagne électorale.

La Conférence régionale des élus de la Gaspésie-les-Îles constate que le développement régional est en enjeu écarté dans la présente campagne électorale. Photo : Antoine Rivard-Déziel

La Conférence régionale des élus Gaspésie-les-Îles (CRÉGÎM) estime que le développement des régions du Québec passe sous silence dans le cadre de la présente campagne électorale.

«On ne peut pas dire qu’il y a une préoccupation envers les régions de la part des partis en présence. C’est un sujet qui a pratiquement été occulté», a dénoncé le président de la CRÉGÎM, Bertrand Berger, lors d’une conférence de presse tenue mercredi à New Richmond.

L’organisme est particulièrement inquiet de constater que seul le Parti québécois propose de reconduire la Politique nationale de la ruralité québécoise, le Pacte rural, qui viendra à échéance en 2014. «Qui défendra nos intérêts?», se demande M. Berger, ajoutant que les partis politiques n’ont pas suffisamment fait connaître leurs stratégies d’occupation du territoire.

Devant ce constat, la CRÉGÎM propose des pistes de solutions pour que le prochain gouvernement puisse contribuer au développement régional. Elle demande aussi aux candidats de la région et aux partis qu’ils représentent de se prononcer aux sujets de différents enjeux jugés prioritaires pour la Gaspésie.

Industrie éolienne en péril

Parmi ceux-ci, l’organisme s’inquiète fortement de l’avenir du développement de l’industrie éolienne sur la péninsule gaspésienne.

Selon M. Berger, le prochain gouvernement devra convaincre Hydro-Québec d’investir dans la ligne de transport d’énergie, s’il souhaite voir d’autres projets éoliens se développer dans la région. «Si le problème ne se règle pas, aucun des projets retenus dans le cadre du nouvel appel d’offres de 700 mégawatts ne pourra se faire en Gaspésie», soutient-il, visiblement inquiet.

La ligne pour transporter l’énergie produite en Gaspésie vers les centres urbains est actuellement saturée et, selon la CRÉGÎM, l’augmentation de sa capacité est nécessaire pour permettre le développement de nouveaux projets éoliens dans la région.

M. Berger demande par ailleurs aux candidats de prendre position par rapport au développement des projets éoliens communautaires. «Nous pensons que le gouvernement devrait axer [sa stratégie] sur le communautaire. C’est la seule façon pour les communautés de recevoir des retombées économiques importantes», a-t-il indiqué, ajoutant que la Régie intermunicipale de l’énergie de la Gaspésie a bien l’intention de déposer d’autres projets dans le futur.

Pêcherie

La CRÉGÎM  s’attend par ailleurs à ce que les prochains élus provinciaux de la Gaspésie et des Îles défendent bec et ongles l’industrie de la pêche en Gaspésie. L’organisme s’inquiète des modifications à la Loi sur les pêches du fédéral qui permettraient à de grandes entreprises de mettre la main sur des permis de pêche et des quotas.

Selon M. Berger, l’industrialisation à outrance des pêcheries pourrait provoquer la «désintégration» de ce secteur tel qu’on le connaît et avoir un impact majeur pour les petites communautés côtières.

Tourisme

La Conférence régionale des élus propose aussi aux candidats de s’engager pour un meilleur développement de l’industrie touristique en Gaspésie. M. Berger estime qu’une multitude de projets touristiques dans la région nécessiteront un appui de la part du gouvernement provincial pour assurer la diversification de l’offre touristique.

Parmi ceux-ci, le président note notamment les projets Percé l’incontournable à Percé et la Route des belvédères dans les Plateaux de la Matapédia. «Il faut développer de nouveaux produits. Si nous offrons seulement le paysage, il est impossible de retenir les touristes dans notre région», a-t-il analysé.  

Parmi les autres enjeux jugés prioritaires par la CRÉGÎM, notons le soutien à l’industrie forestière, la remise à niveau du chemin de fer de la Gaspésie et le maintien des emplois gouvernementaux dans la région.

L’organisme espère maintenant que sa sortie publique suscitera des engagements concrets de la part des candidats.

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