Affaires municipales et développement régional

Eau potable : Ristigouche-Sud-Est adopte un règlement

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
La réunion publique de la firme Gastem tenue en novembre 2011 avait réuni des dizaines de personnes à Ristigouche-Sud-Est.

La réunion publique de la firme Gastem tenue en novembre 2011 avait réuni des dizaines de personnes à Ristigouche-Sud-Est. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Le conseil municipal de Ristigouche-Sud-Est a suivi l’exemple de Gaspé en adoptant un règlement visant  à protéger les sources d’eau potable de son territoire. 

La nouvelle réglementation adoptée lundi soir dernier interdit l’introduction dans le sol par forage toute substance susceptible d’altérer la qualité de l’eau souterraine ou de surface qui sert à la consommation humaine ou animale.  

Cette interdiction s’applique dans un rayon de deux kilomètres des puits artésiens ou de surface dans les limites territoriales de la municipalité. Pour forer au-delà des zones protégées, les entreprises devront obtenir un permis municipal.

Ce nouveau règlement pourrait avoir comme effet d’empêcher la firme Gastem d’aller de l’avant avec son projet d’exploration, puisque le site convoité se retrouve à moins de deux kilomètres d’un puits artésien.

La conseillère municipale, Micheline Pelletier, soutient que cette initiative est motivée par un «principe de précaution». Selon elle, les garanties offertes par la firme Gastem n’ont pas rassuré les élus et la population. «On n’en avait aucune. On ne sait pas de quelle façon elle va procéder. Alors c’était important pour nous de protéger notre eau et notre environnement», dit-elle.

Cette dernière affirme que les garanties environnementales fournies par la compagnie lors de la séance publique tenue en novembre 2011 sont à prendre avec un grain de sel, puisqu’elles ont été recueillies par des «biologistes payés par la firme».

«Ça frise le ridicule», dit Gastem

La firme d’exploration Gastem, qui devait entreprendre sous peu un forage sur un terrain privé à l’extrémité du chemin Kempt, ignore pour le moment si elle poursuivra son projet.

«Je réunirai mon équipe pour en discuter. Nous verrons aussi avec nos avocats quels sont nos recours», précise le président, Raymond Savoie.

Ce dernier se dit par ailleurs «perplexe» face à l’initiative des élus locaux. Selon lui, l’idée qu’un forage puisse contaminer les sources d’eau potable «frise le ridicule». Il rappelle que le gouvernement du Québec a octroyé à Gastem tous les permis nécessaires pour entreprendre les travaux.

«C’est autorisé par les autorités compétentes. D’où vient cette idée que les puits sont dangereux pour les nappes phréatiques? Ça ressemble à une psychose collective. Comment se fait-il que les élus agissent de cette façon ? Est-ce une nouvelle religion ? Ça n’a pas de bon sens», laisse-t-il tomber.

Rappelons que Gastem souhaite investir près de quatre millions de dollars dans un projet de puits de forage exploratoire visant à localiser du pétrole à Ristigouche-Sud-Est.
 La firme fait l’hypothèse qu’il y a une présence significative de pétrole dans la roche poreuse qui compose le sous-sol. M. Savoie indique que près d’un million de dollars a été investi dans ce projet jusqu’à présent.

Autres municipalités

Le conseil municipal de Bonaventure a adopté une réglementation similaire à celle de Ristigouche-Sud-Est. Les municipalités de Caplan, de Saint-Siméon et de Matapédia ont pour leur part adopté des résolutions en vue de faire de même.  

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