Affaires municipales et développement régional

Eau potable : Gaspé a «peut-être» raison, dit Jean Cinq-Mars

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
Le maire de Gaspé, François Roussy (à gauche)

Le maire de Gaspé, François Roussy (à gauche) Photo : Geneviève Gélinas

La Ville de Gaspé a «peut-être eu raison» d’adopter une réglementation visant à protéger son eau potable, croit le commissaire au développement durable du Québec, Jean Cinq-Mars. 

C’est du moins ce qu’il a affirmé en marge de la publication d’un rapport dans lequel il déplore notamment l'absence d'un cadre de gestion établissant l'ensemble des orientations gouvernementales dans la gestion de l'eau.

«On verra [si c'est une bonne décision]. C'est une décision politique prise par la municipalité. On peut comprendre que les gens avaient un souci de précaution. Ils ont décidé d'agir d'une façon prudente, en n'ayant pas toute l'information et en ne pouvant pas mesurer l'impact du forage», dit M. Cinq-Mars.

Dans son rapport, le commissaire présente les résultats d’une vérification d’envergure sur la gouvernance de l’eau, la production d’eau potable, l’assainissement des eaux usées et les programmes d’aide financière aux municipalités.

«On a très peu de connaissance sur les eaux souterraines. Lorsqu'on parle de forage, on a déposé un rapport il y a quelques années sur le gaz de schiste et on indiquait qu'il y avait des nappes qui devaient être protégées. On devait avoir une bonne connaissance des nappes phréatiques pour faire en sorte qu'elles ne soient pas contaminées», dit le commissaire.

Même s'il y a eu des avancées, elles ne sont pas suffisantes pour les gérer de façon adéquate, croit-il. «Il reste un certain risque. Il faut donc prendre des précautions.»

Outre l'absence d'un cadre de gestion, le commissaire souligne aussi que le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs n’a pas de portrait global et récent de la ressource ni de l’état des infrastructures, malgré les engagements de la Politique nationale de l’eau.

Rejet des eaux usées

Par ailleurs, il a observé que certaines municipalités rejettent encore leurs eaux usées directement dans l’environnement sans les traiter. C'est le cas de Cap-Chat, tandis que d'autres municipalités gaspésiennes n'effectuent qu'un simple tamisage.

En ce qui a trait à la production d’eau potable, M. Cinq-Mars souligne aussi que les exigences minimales de formation des opérateurs d’usines de production d’eau potable, un facteur de risque important dans le contrôle de la qualité de l’eau, sont inférieures à celles de l’Ontario.

8 commentaires

Albert Picard a écrit le 26 février 2013

Le Saint-Laurent subit depuis longtemps les assauts d’une industrialisation et d’une occupation du territoire qui menacent sa biodiversité et la qualité de son eau. Quand on pollue le fleuve à sa tête ou à sa source, les Bélugas nageant à 1500 kilomètres en aval crèvent. Le lien que je fais est simple si on y pense deux minutes. Si on essaie de regarder le réseau hydrique de l'ensemble du territoire de la Gaspésie, c'est facile. Il suffit de consulter une carte hydrique. C'est assez frappant, il y a des rivières et des ruisseaux partout. Pour les eaux souterraines c'est plus compliqué. Ce que l'on sait, c'est qu'il y a des milliers de puits en Gaspésie qui sont alimentés par des réseaux hydriques souterrains. Plantez un tuyau n'importe où, et vous aurez de l'eau. Lorsque vous injectez par forage des milliers de produits chimiques dans le sol, produits que les minières spécialisées dans les hydrocarbures refusent de fournir la liste, on peut raisonnablement croire qu'il y aura une autre espèce de mammifère à deux pattes qui risque sa vie.

Jean-François Samuel a écrit le 26 février 2013

@Albert Picard, Euh! c'est parce que c'est l'eau du fleuve! Le bassin des grands lacs même si il n'y avait pas d'industrie avec la qté de personnes qui habitent les bords de même que les variations saisonnières t'a pas vraiment le choix de traiter l'eau pompée de cette source (bactéries et matières en suspension). Même l'eau pompée des rivières à saumons (habituellement très pure) doit être traitée. En plus, tu n'a même pas le choix de chlorer au minimum pour que l'eau reste propre à la consommation dans le réseau car il peut y avoir des infiltrations, des zones plus "stagnantes" qui favorisent la prolifération des bactéries. L'eau à la base n'est pas stérile et ce de n'importe quelle source (rivière, puit, lac. source, etc).

Albert Picard a écrit le 25 février 2013

Parmi tous ces fervents du forrage aveugle, y en a-il un qui peut dire pourquoi à Laval ou à Montréal, on est obligé de faire passer l'eau par des usines ultramodernes qui coûtent des millions de dollars pour filtrer ou traiter l'eau avant de l'acheminer sur le réseau d'aqueduc?

Martin Zibeau a écrit le 25 février 2013

Je ne vois pas de problème à dire non à l'exploitation du pétrole en Gaspésie. Il va bien falloir, un moment donné que quelqu'un quelque part arrête d'avoir peur de faire ce qui est bien pour nos écosystèmes. Que quelqu'un quelque part dise haut et fort "C'est assez !". Que le "business as usual" qui nous enfonce et surtout enfonce la tête de nos enfants dans un avenir de plus en plus sombre, arrête. Non, vraiment, personnellement et avec tout ce que ça implique d'inconfort, je n'ai AUCUNE hésitation à dire NON aux énergies salles et non renouvelables à partir d'aujourd'hui ... parce qu'il faudra bien commencer un jour à dire non afin de pouvoir passer à autre chose.

Joseph Leblanc a écrit le 25 février 2013

Les vieux disaient aussi : pas d'avancement pas de progrès et pas de progrès pas d'avancement ! Ça fait que.

Gaston Poirier a écrit le 25 février 2013

M. Leblanc : Justement, quand on ne connait pas quelque chose (ni d'une part ni de l'autre) sur un élément aussi vital que la nappe phréatique et l'eau potable, on s'abstient. On appelle ça la précaution. Les vieux disaient : mieux vaut prévenir que guérir.

Joseph Leblanc a écrit le 25 février 2013

ET vous, quel sont vos connaissances ?

Gilles Thibodeau a écrit le 25 février 2013

«On a très peu de connaissance sur les eaux souterraines. Lorsqu'on parle de forage, on a déposé un rapport il y a quelques années sur le gaz de schiste et on indiquait qu'il y avait des nappes qui devaient être protégées. On devait avoir une bonne connaissance des nappes phréatiques pour faire en sorte qu'elles ne soient pas contaminées», dit le commissaire. Même s'il y a eu des avancées, elles ne sont pas suffisantes pour les gérer de façon adéquate, croit-il. «Il reste un certain risque. Il faut donc prendre des précautions.» Ceux qui sont en faveur et ça plusieurs selon M. Martin Pelletier , possèdent-ils au moins un minimum de connaissances pour apposer leur nom sur cette pétition . J'en doute fort . Et le regroupement à part l'odeur du fric qu'elles sont ses connaissances sur ce sujet .

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