Affaires municipales et développement régional

Eau potable : des municipalités suivent l’exemple de Gaspé

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Le conseil municipal de Bonaventure a déposé lundi soir un avis de motion en vue d’adopter un règlement pour protéger l’eau potable de son territoire.

Le conseil municipal de Bonaventure a déposé lundi soir un avis de motion en vue d’adopter un règlement pour protéger l’eau potable de son territoire. Photo : Gracieuseté - Ville de Bonaventure

Plusieurs municipalités de la Baie-des-Chaleurs adopteront un règlement pour protéger les sources d’eau potable de leur territoire, comme l’a fait la Ville de Gaspé.

À Bonaventure, le conseil municipal a déposé lundi soir un avis de motion en vue d’adopter un règlement en ce sens. Ses grandes lignes s’inspireront de celui adopté par le conseil municipal de Gaspé.

Rappelons que ce dernier interdit d’introduire «par forage ou par tout autre procédé […] toute substance susceptible d’altérer la qualité de l’eau souterraine ou de surface servant à la consommation humaine ou animale». Cette interdiction s’applique dans un rayon de 10 kilomètres de tout lieu de puisement d’eau de surface de la municipalité. Son adoption a eu pour effet d’empêcher Pétrolia de forer le puits Haldimand n° 4.

Même si aucun projet gazier ou pétrolier n’est prévu pour le moment à Bonaventure, le maire Serge Arsenault souligne que les élus souhaitent «prendre les devants» pour protéger l’eau potable d’éventuelles visées exploratoires.

«À Bonaventure, 90% du territoire municipal est "claimé". Il y a quelques années, une compagnie est venue faire de la prospection. Je ne sais pas s’il y a un potentiel, mais l’idée du règlement est de s’assurer d’avoir un contrôle sur notre eau potable», explique-t-il.

Comme le maire de Gaspé, Serge Arsenault se dit ouvert à l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures, mais estime que l’absence de cadre réglementaire provincial est à l’origine de l’initiative de son conseil. «Nous ne sommes pas contre le développement des hydrocarbures, mais il faut bien que des gens s’assurent qu’il se fasse en respectant les citoyens et la protection de l’eau», dit-il.

Le règlement sera élaboré au cours des prochaines semaines. Le maire soutient qu’il sera adopté «unanimement» lors de la prochaine assemblée publique du conseil au début du mois de mars.

Matapédia et Caplan

Le conseil municipal de Matapédia a également déposé un avis de motion en vue d’adopter le même type de règlement. Le maire, Louis Michaud, précise que la réglementation pourrait être semblable à celle de Gaspé. «Nous analyserons le texte et nous l’adapterons à nos conditions», précise-t-il, ajoutant que le règlement sera adopté d’ici le mois d’avril. 

À Caplan, un avis de motion a aussi été déposé et les élus municipaux ont l'intention d'entamer la même démarche qu'à Matapédia. 

Ristigouche-sud-Est

À Ristigouche-sud-Est, où la firme Gastem prévoit entreprendre un forage exploratoire, le conseil municipal a déposé un avis de motion en vue d’adopter un règlement visant à renforcer la protection des sources d’eau potable.

La directrice de la municipalité, Suzanne Bourdages, précise que le règlement n’interdira pas les forages sur le territoire, mais aura comme objectif de mieux encadrer ce type d’activités.

Carleton-sur-Mer appuie Gaspé

De son côté, le conseil municipal de Carleton-sur-Mer a adopté une résolution d’appui au règlement sur l’eau potable de la Ville de Gaspé.  

Le maire Denis Henry a tenu à préciser que le conseil n’est pas contre le développement des hydrocarbures, mais qu'il partage les inquiétudes des élus de Gaspé au sujet du puits Haldimand n° 4.

M. Henry indique également que son conseil étudiera au cours des prochaines semaines la possibilité d’adopter une réglementation. «Pour l’instant, il est encore trop tôt. Il faut s’assurer que les démarches soient valides. Et pour harmoniser la réglementation dans le secteur, nous souhaitons travailler de concert avec les élus de Nouvelle et de Maria», souligne le maire.

2 commentaires

Jean Jase a écrit le 6 février 2013

Ce serait une belle bêtise que le Canada, un des pays les plus riches en eau potable, en devienne un des plus grands salisseurs. Que les explorateurs du pétrole, gaz de schiste et autres hydro-carbures promettent des exploitations propres et sûres, et soient prêts à payer en entier pour leurs dégats et autres pollutions; alors ils auront un bien meilleur accueil. Il n'est pas suffisant qu'ils fassent de leur mieux avec les technologies actuelles, ils doivent prendre des assurances pour couvrir toutes les pertes: jouissance de l'eau, dévaluation des propriétés, dépollution et autres dommages. Il n'est pas acceptable que des forages chimiques se fassent à l'aveuglette avec des promesses vagues de propreté.

Jean-François Dubois a écrit le 6 février 2013

Bonne nouvelle! Y verrait-on une démocratie s'installer par la base? Après tout comme on l'a vu à Gaspé il en revient au peuple de décider en démo(peuple)cratie(pouvoir).

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