Développement économique et exportation

Desjardins : fermeture de points de services sur les Plateaux

Par ,
La présidente de la Caisse Desjardins des Monts et rivières, Pauline Dufour.

La présidente de la Caisse Desjardins des Monts et rivières, Pauline Dufour. Photo : Gilles Gagné

SAINT-ALEXIS – Les 200 membres de la Caisse Desjardins des Monts et Rivières présents à l’assemblée générale annuelle de leur institution mardi soir étaient loin de se douter que la direction leur annoncerait la fermeture des trois points de services des Plateaux de Matapédia.

Ils s’attendaient à des discussions sur la restructuration de leur caisse, et sur la réduction des heures d’ouverture, mais l’avis de convocation ne mentionnait nullement la fermeture des points de services de Saint-Alexis, Saint-François et l’Ascension-de-Patapédia.

Pourtant, plus d’une heure après le début de l’assemblée, après avoir dévoilé certains chiffres faisant  état d’éléments rassurants qu’inquiétants, la présidente du conseil de la caisse, Pauline Dufour, a informé l’assemblée que les dirigeants avaient décidé de fermer les trois points du secteur des Plateaux, et de garder seulement le siège social de Matapédia à la mi-juin.

Les gens ont hué vertement la décision, rendue nécessaire, selon Mme Dufour et la directrice générale, Jacqueline Wells, par des pertes de 59 075 $ en 2012 et une perte anticipée de 340 000 $ en 2013. De 2011 à 2012, l’actif était pourtant passé de 53,6 millions$ à 55,9 millions$.

Une diminution des revenus d’intérêt de 125 000 $, une baisse des autres revenus de 56 000 $ et une hausse des frais de 67 000 $ ont eu raison du surplus de 128 369 $ de 2011, ont-elles rappelé. Pauline Dufour a même signalé que la fermeture des points de service laissait quand même une prévision de déficit de 270 000 $ cette année. 

Elle a précisé «qu’après trois ans (d’effort pour améliorer les résultats), c’est la seule solution que nous avons trouvée en attendant que les revenus augmentent». Ces revenus restent bas à cause des taux d’intérêt.

Les gens ne l’ont pas pris, à commencer par les maires. Ghislain Michaud, de Saint-François, était démonté de voir qu’un enjeu aussi fondamental que l’avenir d’un point de service soit réglé sans intervention des membres. Il a mis en doute la compétence du conseil d’administration.

«La municipalité a acheté le bâtiment de la caisse en 2012. En novembre, ils ont payé d’avance un loyer pour cinq ans, à 5000 $ par année. Ça fait 25 000 $ et ils ont fait des améliorations locatives de 20 000 $ au moins. Ça fait près de 50 000 $ pour un point de service qui ferme. Combien de décisions comme elles ont été prises?», analysait-il à l’issue de la réunion.

Comme plusieurs membres lors de la période de question, M. Michaud prévoit une vague de transferts de comptes au profit des banques de Campbellton, au Nouveau-Brunswick, destination de magasinage de bien des citoyens des Matapédia et des Plateaux.

Rémi Gallant, maire de l’Ascension, où des citoyens parcourront dorénavant entre 30 et 40 kilomètres pour fréquenter leur caisse, a rappelé que sa population ne disposait plus que huit heures d’ouverture de son point de services. «On croyait qu’on pouvait sauver ça. La municipalité était prête à héberger le comptoir sans frais. (…) Vous allez perdre beaucoup.»

Guy Gallant, maire de Saint-Alexis, a souligné que la masse salariale des employés de la caisse avait augmenté de 8% en 2012, comparativement à 0,2% pour les voisins (dont les caisses de la Baie des Chaleurs). «Je suis très déçu que les membres n’aient pas la chance de faire des offres de solutions.»

Il étudiera la possibilité de mobiliser des membres afin de faire renverser la décision. Le conseiller juridique de Desjardins et les dirigeants locaux ont toutefois indiqué à M. Gallant que les décisions touchant les points de services étaient du ressort du conseil d’administration, pas des membres.

L’assemblée s’est déroulée sous la surveillance d’agents de sécurité.

3 commentaires

Gaston Poirier a écrit le 19 avril 2013

Desjardins ressemble de plus en plus à une banque... Sa vocation coopérative prend de plus en plus le bord et c'est pas Mme Leroux qui va redonner ses lettres de noblesses à l'institution! Décevant et déplorable...

Michel Denis a écrit le 19 avril 2013

Mouvement coopératif disent-ils??

Jean-Francois Samuel a écrit le 18 avril 2013

Faut bien payer le salaire de la présidente de ce merveilleux mouvement qui n'est plus coopératif depuis un bout.

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.