Politique

Des élus détenant des actions d'Orbite ne se considèrent pas en conflit d'intérêts

Par Johanne Fournier, journaliste, graffici.ca
Allen Cormier (à gauche) et Judes Landry (au centre) détiennent des actions au sein d'Orbite Aluminae. Le président et chef de la direction est Richard Boudreault (à droite).

Allen Cormier (à gauche) et Judes Landry (au centre) détiennent des actions au sein d'Orbite Aluminae. Le président et chef de la direction est Richard Boudreault (à droite). Photo : Johanne Fournier

CAP-CHAT – Ni le préfet de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier, ni le maire de Cap-Chat, Judes Landry, qui détiennent des actions de la compagnie Orbite Aluminae en Bourse, ne se considèrent en conflit d'intérêts.

Lorsqu'il est question d'Orbite à l'ordre du jour du conseil des maires, le préfet, qui détient 3000 actions de la compagnie en Bourse, ne se sent pas obligé de se retirer pendant les discussions. « Comme on n'a pas donné d'argent à Orbite, je n'ai pas à me retirer, explique M. Cormier. C'est sûr que si on avait une demande d'Orbite qui serait adressée au CLD, par exemple, je me retirerais. » Il ajoute qu'il inviterait le maire de Cap-Chat à en faire autant.

« Les actions, je les ai achetées dans les débuts où j'ai commencé en politique, il y a quatre ans, raconte Allen Cormier. Je croyais que je n'avais pas le droit, mais je me suis informé au MAMROT et ils m'ont dit que je pouvais en acheter, en autant que je fasse une déclaration d'intérêts pécuniaires au conseil des maires, une fois par année. » Il signale toutefois qu'il n'est pas obligé de mentionner les intérêts rapportés. « De toute façon, je les ai achetées à 80 cents l'action et là, l'action est aux alentours de 40 cents, ajoute-t-il. Donc, si je les vendais, je perdrais de l'argent. »

Le rapport d'Orbite avec le maire de Cap-Chat

Le maire de Cap-Chat, qui détient de 3000 à 4000 actions, indique qu'il se retire du conseil municipal lorsqu'il est question d'Orbite. « Mais je ne serais pas obligé parce que c'est une compagnie inscrite en bourse, justifie Judes Landry. J'ai vérifié ça au MAMROT et il n'y a pas de problème. Sinon, comme élu, il ne faudrait pas non plus qu'on soit membre de la caisse populaire! Ça ne finirait plus! »

Le maire loue également à Gastier un bâtiment situé à Cap-Chat et dont il est propriétaire. Gastier est l'entrepreneur qui a réalisé la construction de la nouvelle usine d'Orbite à Cap-Chat. M. Landry admet également que tant Gastier qu'Orbite achètent des matériaux de construction et de la marchandise diverse à la quincaillerie BMR de Cap-Chat, dont il est aussi le propriétaire. M. Landry n'y voit aucun problème, ni même apparence de conflit d'intérêts.

Remontée difficile du titre

Le titre d'Orbite Aluminae remonte difficilement à la Bourse de Toronto depuis que l'entreprise a déclaré qu'elle avait des problèmes de liquidités. Mardi, il s'est échangé à 39 cents.

La société montréalaise accuse un manque à combler de 31 millions $ pour compléter la construction de son usine d'alumine de haute pureté de Cap-Chat, dont les travaux et l'achat d'équipements sont évalués à 106 millions $.

Lors de son passage à Gaspé, il y a deux semaines, la ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec, Élaine Zakaïb, a déclaré que son gouvernement participerait au financement inhérent aux dépassements de coûts de la construction de l'édifice situé dans le parc industriel de Cap-Chat.

« J'ai parlé au vice-premier ministre, François Gendron et il m'a dit que le gouvernement analysait la demande, mais qu'il faudrait trouver d'autres partenaires », rapporte, pour sa part, Allen Cormier.

« Ça va se régler, affirme avec confiance Judes Landry. Le gouvernement va injecter de l'argent. Pour le PQ, ce sera une façon de se faire du capital politique! »

7 commentaires

Sam LeVachard a écrit le 14 septembre 2013

Monsieur St-Pierre, je crois que votre point de vue est fort intéressant. J'émets toutefois une réserve quant au fait de l'adresser directement à Robert Pelletier. Je crois que votre niveau de langage est trop élevé pour qu'il soit en mesure de comprendre quoi que ce soit.

Marc-André St-Pierre a écrit le 14 septembre 2013

@Robert Pelletier J'ai été estomaqué de lire ceci: «Au Québec des gens indésirable comme vous en n'en veux pas». Dans le contexte actuel où une bonne part de québécois se met à genou devant les immigrés, dire qu'un québécois de souche qui ne fait qu'exprimer une opinion est "indésirable" ça tient du délire. Vous semblez mêler les situations... - - - Actuellement, on ne sait trop pour quelles raisons, certains découvrent subitement qu'il y a un peu d'argent à faire en Gaspésie même si on "scrape" le paysage, même si on pollue l'eau potable. Et il s'en trouve qui, pensant devenir millionnaire en peu de temps, croient sans se questionner tout ce que disent les chantres de la multiplication des jobs, des salaires faramineux et autres balivernes qu'on a souvent vu partout dans le monde n'être que des mirages fugaces. Si au moins ils nous arrivaient avec des vrais chiffres, des certitudes vérifiables qu'il y aura de l'argent à faire et qu'ils feront attention à l'environnement, je commencerais à les croire. - - - La première des choses qu'on se souhaite au Jour de l'An c'est la santé et non l'argent. Aussi, je me demande comment il se fait qu'à la première occasion, on préfère les promesses de jobs quasi éternels à la santé de ses propres enfants? Je ne dis pas que les projets sont mauvais. Je dis qu'il y a un manque de transparence flagrant qui pose question. - - - Quant au sujet lui-même, une seule question se pose. Quand avez-vous vu un élu admettre qu'il aurait fait une erreur si jamais erreur il y avait? Ils ont tellement perdu en crédibilité que peu importe ce qu'ils disent maintenant, je n'arrive plus à en croire un seul mot! Et c'est pire quand on les connait.

Albert Picard a écrit le 13 septembre 2013

D'où vient cette confiance inébranlable de monsieur le Maire Judes Landry? Si il est confiant pourquoi seulement 3 000 à 4 000 actions? Il est un homme d'affaire irréprochable et honnête, je n'ai rien pour en douter. Il sait aussi qu'une compagnie en démarrage peut devenir une entreprise de grande envergure. Comme il sait que tout peut arriver à cette compagnie, y compris le dépôt de bilan (faillite). D'ailleurs Orbite aurait tout intérêt à prendre l'initiative de demander elle-même un BAPE. Car, contrairement à la croyance populaire, le BAPE pourrait lui donner de judicieux conseils afin d'éviter toute catastrophe environnementale. Cela reviendrait à se placer encore une fois dans le pétrin. Il n'y a pas grand monde qui peuvent savoir avec certitude ce que sont les prochaines étapes cruciales que l'entreprise devra franchir avec succès si elle veut sortir du pétrin financier dans lequel Orbite se trouve : les membres du CA et une ou deux personnes chez les grands investisseurs institutionnels. Posséder 4 000 actions et afficher le titre de maire ou préfet est insuffisant pour se qualifier et pénétrer le cercle intime des initiés. Toute information obtenue à l'extérieur de ce cercle est illégal. C'est une règle de l'Autorité des marchés financiers (AMF). Donc puisque monsieur Judes Landry est un homme honnête, il n'y a qu'une conclusion possible. Il colporte des rumeurs. C'est pas très édifiant.

Sam LeVachard a écrit le 13 septembre 2013

M. Pelletier, connaissez-vous M. Garon? Comment pouvez-vous juger de son salaire? Peu importe que l'on soit d'accord ou non avec sa position, je ne crois pas que vous contribuez à élever le débat avec de si pauvres arguments. Alors oui, moi, je vous juge. Vous êtes probablement un de ces pauvres chômeurs qui a du mal à se trouver un emploi parce qu'entre autres, vous faites une dizaine de fautes dans un texte de 4 lignes.

Bilbo Cyr a écrit le 13 septembre 2013

Qui juge ici? Ce projet ne devrait-il pas être soumis à un BAPE, afin que les aspects obscurs puissent être expliqués à la population qui vivra avec les impacts? Comme la population n'a pas été consultée, malgré des demandes répétées en ce sens, il est un peu indécent que ses représentants affichent aussi ouvertement leurs positions personnelles. Est-ce que les élus-actionnaires font la différence entre les deux rôles?

Robert Pelletier a écrit le 13 septembre 2013

M Philippe Caron, je ne comprend pas un tel jugement de votre part! Je suis sur que vous avez un bel emploi bien rénumé et que les autres citoyers soit sur le chomage, ça vous rend heureux. Au Québec des gens indésirable comme vous en n'en veux pas, Vous faite parti de ceux ,pas dans ma cour. je n'accepte pas votre politique de publication M. Caron

Philippe Garon a écrit le 12 septembre 2013

Est-ce qu'un des principes de droit fondamentaux, à savoir l'apparence de justice, peut nous permettre de mieux juger une telle situation? Les deux élus dont il est question ici n'abordent-ils pas avec un peu trop de légèreté le sérieux de l'affaire? Quant au MAMROT, n'agit-il pas avec imprudence en énonçant de telles recommandations? La maxime "dans le doute, abstiens-toi" n'est-elle pas tout à fait d'actualité en ces temps où toute la classe politique doit faire un examen de conscience quant à sa probité? Ceci étant dit, l'impact environnemental des activités de Orbite demeure préoccupant. Est-ce que la population du nord de la péninsule est bien informée à ce sujet ? Est-elle prête à prendre le risque de briser de manière irréversible le fragile équilibre de leur milieu de vie? Est-ce quelques gains financiers à court terme valent la peine de menacer la qualité de l'environnement de nos enfants, de nos petits-enfants et de leurs descendants?

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