Des ambulanciers confrontent le député Damien Arsenault

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Une dizaine d’ambulanciers ont perturbé vendredi dernier une conférence de presse du député de Bonaventure, Damien Arsenault, pour lui faire part de leur mécontentement au sujet de l’abandon du projet pilote ambulancier dans la Baie-des-Chaleurs.

Une dizaine d’ambulanciers ont perturbé vendredi dernier une conférence de presse du député de Bonaventure, Damien Arsenault, pour lui faire part de leur mécontentement au sujet de l’abandon du projet pilote ambulancier dans la Baie-des-Chaleurs. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Une dizaine d’ambulanciers ont remis vendredi dernier des fleurs au député de Bonaventure, Damien Arsenault, pour symboliser la fin du projet pilote ambulancier dans la Baie-des-Chaleurs.

Cette action visait à lancer un cri d’alarme au sujet de l’impact éventuel de la décision des autorités publiques. «On va faire un pas de reculons. Alors, au nom des gens qui décéderont dans les prochaines années, je voudrais vous remettre ces fleurs», a déclaré Éric Larouche, le président syndical de Service secours Baie-des-Chaleurs.

Les ambulanciers ont fait ce coup d’éclat à l’occasion de la conférence de presse annonçant une aide de près de 500 000 $ au Centre de transfert et de sélection des salmonidés de Nouvelle.

Rappel des faits

Rappelons que l’Agence régionale de la santé et des services sociaux de la Gaspésie-les-Îles mettra définitivement un terme au projet pilote le 21 avril. Celui-ci avait permis d’embaucher une trentaine d’ambulanciers avec un horaire de 40 heures par semaine et de réduire les délais d’intervention. Avec la fin du programme, les ambulanciers devront attendre les appels à domicile.

«Ça ne s’est jamais vu un recul comme celui-là, a déclaré M. Larouche au député de Bonaventure. On retourne à des horaires de faction et nous rallongeons le temps de réponse. Les vies, on en sauvera plus. Dans un cas d’arrêt cardiorespiratoire, chaque seconde compte. Maintenant, on peut s’attendre à des temps de réponse allant de 15 à 30 minutes», a-t-il lancé.

Le député de Bonaventure, Damien Arsenault, qui ne s’attendait pas à recevoir cette visite lors de la conférence de presse, est demeuré calme et a répondu aux inquiétudes de la dizaine d’ambulanciers qui l’attendaient de pied ferme. «Je suis aussi déçu de cette situation. On a fait des représentations pour essayer de garder l’enveloppe spécifique pour la Baie-des-Chaleurs, ce qui n’a pas été possible», a-t-il informé.

Une perte

Le député libéral a reconnu qu’il s’agissait d’une perte pour la Baie-des-Chaleurs, mais a précisé que l’Agence de la santé doit gérer l’ensemble du territoire gaspésien. «On nous avait dit que si le projet pilote ne se transformait pas en une solution globale pour toute la Gaspésie, il serait abandonné», a-t-il indiqué tout en assurant que les 2,7 millions de dollars dédiés au projet pilote de la Baie-des-Chaleurs seront réinvestis ailleurs sur le territoire de la région.

M. Arsenault a assuré aux ambulanciers qu’il «surveillera» la situation de près. «Je vais faire un suivi très serré pour voir s’il y a des impacts. Je n’ai pas de solution pour l’instant, mais je demeure vigilant», a-t-il souligné.

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