Art, culture et loisirs

La dernière harde projeté à Gaspé

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
La dernière harde, du cinéaste Harold Arsenault, rend compte des problèmes du caribou gaspésien pour survivre.

La dernière harde, du cinéaste Harold Arsenault, rend compte des problèmes du caribou gaspésien pour survivre. Photo : Harold Arsenault

GASPÉ – Le troupeau gaspésien de caribous est le sujet de La dernière harde, le plus récent documentaire du cinéaste de Gaspé Harold Arsenault, qui sera présenté au festival Vues sur mer, du 10 au 12 avril à Gaspé.

« J’étais sensible au fait que cette population de caribous est en danger de disparition, dit M. Arsenault. Je voulais faire quelque chose avant qu’il soit trop tard, sensibiliser le public aux efforts à faire pour conserver ce troupeau. »

Les caribous gaspésiens sont une population relique, demeurée sur place quand les glaciers se sont retirés. Alors qu’on en observait jusqu’à Gaspé dans les années 1930, il en reste aujourd’hui une centaine, menacés par la coupe des forêts matures en périphérie du parc de la Gaspésie.

M. Arsenault a tourné 200 jours au total entre le printemps 2011 et l’hiver 2013, sur les hauteurs du mont Jacques-Cartier et des environs. « Le caribou est un animal grégaire. Quand tu les vois, tu les vois tous en même temps, mais quand tu n’en vois pas, il n’y en a pas un seul! »

Le cinéaste a dû s’armer de patience. La scène dont il est le plus fier? « Une journée, j’ai réussi à filmer le groupe avec 16 petits. Vu la situation des caribous, c’était dur à accomplir. Ce n’est pas la scène la plus spectaculaire, mais c’est la plus valorisante pour moi. »

Tourner au froid

L’hiver est à l’honneur dans le film. M. Arsenault a notamment pu tourner des images aériennes du parc de la Gaspésie en hélicoptère pendant la saison froide.

Les conditions de tournage étaient difficiles. Le cinéaste a parfois couché dehors en hiver dans une tente, marché ou skié des kilomètres avec ses 75 livres de matériel sur le dos ou dans un traîneau. « Une fois, il est tombé 131 centimètres de neige en 48 heures. Je suis resté bloqué dans le refuge jusqu’à ce que la neige se tasse », se rappelle M. Arsenault.

Ses efforts pour approcher le caribou font d’ailleurs partie de la trame narrative de la version longue (75 minutes) qui sera présentée à Vues sur mer.

La dernière harde sera projetée à 19 h le vendredi 11 avril, à la P’tite Églize de Gaspé. Un entretien avec le réalisateur suivra

Vues sur mer présentera neuf autres longs métrages dont Québékoisie, de Mélanie Carrier et Olivier Higgins, sur les communautés autochtones de la Côte-Nord. Le programme complet est disponible à www.vuessurmer.com.

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