Art, culture et loisirs

Dernière demande de Groupe PVP pour le film La Maison du pêcheur

Par Johanne Fournier, journaliste, graffici.ca
Le président et producteur de Groupe PVP, Vic Pelletier, renoncera à son projet si Téléfilm Canada refuse une troisième fois de soutenir le film La Maison du pêcheur.

Le président et producteur de Groupe PVP, Vic Pelletier, renoncera à son projet si Téléfilm Canada refuse une troisième fois de soutenir le film La Maison du pêcheur. Photo : Johanne Fournier

Le président de Groupe PVP de Matane, Vic Pelletier, a récemment participé à une conférence téléphonique en prévision d’une troisième et dernière demande de financement de son projet de film intitulé La Maison du pêcheur.

Les différents intervenants engagés dans le projet de long-métrage, dont le tournage est prévu à Percé, prenaient part à la rencontre. Parmi eux, on y retrouvait, outre M. Pelletier, le réalisateur Alain Chartrand, Christian Larouche des Films Christal et le producteur délégué, Jean-Roch Marcotte.

«La conférence téléphonique était surtout pour faire le point avec le distributeur pour le plan de marketing, la distribution et autres», précise l’adjointe du producteur, Nancy Côté. Téléfilm Canada a refusé de financer le projet à deux reprises.

Budget jugé trop élevé

Le budget initial du projet s’élevait à 4,2 millions $. La Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) a déjà accordé son appui, qui serait de l’ordre d’environ 1 million $. L’aide financière attendue de Téléfilm Canada était de 1,3 million $. «Si on descendait ce montant à 800 000 $, les gens de Téléfilm seraient très heureux, a laissé tomber Vic Pelletier. On tente de diminuer le budget total à 3,4 millions $. Mais il faut voir si on peut produire un film de qualité avec un tel budget.»

Le producteur a accepté, pour diminuer les coûts, d’apporter des modifications à la distribution. «On diminuera le nombre de comédiens secondaires, mais pas principaux», précise-t-il. Plus de 80 acteurs et 200 figurants étaient prévus. Les comédiens Luc Picard, Raymond Bouchard, Jocelyn Bérubé et l’auteur-compositeur-interprète gaspésien Kevin Parent ont déjà confirmé leur intérêt.

Comme autre solution visant à réduire les dépenses, il a été envisagé de tourner les scènes intérieures à Montréal, plutôt qu’à Percé. «Cela réduira les per diem versés aux comédiens», souligne le président de Groupe PVP.

Les explications de Téléfilm Canada

Selon le gestionnaire des communications externes de Téléfilm Canada, Douglas Chow, il est plutôt rare que la SODEC accepte de financer un projet qui soit refusé par son organisme et vice-versa.

Le porte-parole soutient aussi que le refus de Téléfilm n’est pas lié au contenu, qui raconte une page d’histoire qui a précédé la Crise d’octobre. «Nous avons financé des films portant sur le même sujet, comme Octobre de Pierre Falardeau et Les ordres de Michel Brault, réplique M. Chow. Peu importe la nature du contenu, nous finançons les projets qui ont les meilleures chances de réussir.»

Groupe PVP  a déposé jeudi une dernière demande de financement à Téléfilm Canada. L’organisme aura jusqu’en mai pour faire connaître sa décision. Si le producteur essuie un troisième refus, il renoncera définitivement au projet et devra assumer des pertes de plusieurs milliers $ qui ont été investis jusqu’à maintenant dans la préparation du projet. Si le financement est accordé, la maison de production a prévu les trente jours de tournage en août.

L’histoire

D’une durée prévue d’une heure trente, le film raconte les événements qui se sont déroulés à l’été 1969 à Percé, soit environ une quinzaine de mois avant les événements d’octobre 1970. «Ce n’est pas un documentaire, mais bien un film de fiction tournant autour d’événements réels», précise Vic Pelletier.

Le long-métrage raconte la création du restaurant-auberge pour jeunes peu fortunés que Francis Simard ainsi que les frères Paul et Jacques Rose avaient ouvert à Percé. «La création de ce lieu visait également à protester, en quelque sorte, contre l’américanisation de Percé», souligne le producteur. Les instigateurs de La Maison du pêcheur estimaient que, devant les groupes révolutionnaires de Montréal, il y avait aussi une prise de conscience à faire en région.

Ils imaginent donc, comme moyen, d’instaurer des lieux de rassemblement où il serait possible de manger, d’être hébergé et de discuter de politique. «Dans la foulée de La Maison du pêcheur en Gaspésie, ils voulaient aussi ouvrir La Maison du mineur en Abitibi et La Maison du bûcheron au Lac-Saint-Jean», relate M. Pelletier.

Mais la réalisation de leur rêve a pris une tournure inattendue lorsque des résidents de Percé trouvent ces protagonistes plutôt dérangeants. Des pompiers débarquent alors à La Maison du pêcheur afin d’expulser leurs tenanciers en inondant les lieux avec leurs boyaux d’arrosage. Ce n’était que le début de quelques semaines de confrontations avant que les porteurs du projet s’en retournent à Montréal. Onze mois plus tard, ils kidnappaient le ministre du Travail, Pierre Laporte, qui sera finalement assassiné.

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