Politique

Un député du PQ doute de la capacité de jugement des gens de Bonaventure

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Le député de Bourget, Maka Kotto.

Le député de Bourget, Maka Kotto. Photo : YouTube

À la suite de la réélection des libéraux dans Bonaventure, le député péquiste de Bourget à Montréal, Maka Kotto, a laissé entendre que les électeurs de Bonaventure n’avaient pas toutes les informations nécessaires pour faire un choix éclairé.

Selon un article de la Presse canadienne publié mercredi, M. Kotto a mentionné à des journalistes qu’il se demandait si les électeurs de Bonaventure disposaient de l’information générée sur la colline parlementaire et dans les grands centres comme Montréal et Québec.

À son avis, la question se pose dans le contexte où le gouvernement Charest fait face à un taux d’insatisfaction considérable un peu partout dans la province.


Rejoint par téléphone au cours de la journée d’hier, une employée du bureau à M. Kotto a confirmé que le député a tenu ces propos. Elle a ajouté que le péquiste ne souhaite cependant pas commenter davantage.

Forte réaction du PLQ

Le président de l’Association libérale dans Bonaventure, Fabrice Bourque, déplore la déclaration du député de Bourget et lui demande de s’excuser auprès des électeurs gaspésiens. «C’est inacceptable. Ça démontre qu’il n’a aucune connaissance de la réalité régionale. Il ne sait pas de quoi il parle.»

M. Bourque estime qu’au lieu de blâmer les électeurs pour expliquer leur défaite, le Parti québécois aurait intérêt à regarder dans «leur propre cour».


«Ils doivent accepter leur défaite et se questionner sur leurs idées et la façon dont ils ont mené la campagne», pense-t-il.
 
Des excuses de Marois demandées
 
Dans une lettre d’opinion publiée jeudi matin, le président du Parti libéral du Québec, Marc Tanguay, exhorte la chef du PQ, Pauline Marois, de s’excuser et de dénoncer les «propos méprisants» de M. Kotto, qui a «largement dépassé les bornes de l’acceptable en démocratie», écrit-il.

Selon M. Tanguay, remettre en question la capacité de jugement des citoyens de Bonaventure est un comportement condescendant. «M. Kotto est d’avis que ces gens sont déconnectés de la réalité. De tels propos sont inacceptables en démocratie», poursuit-il.

9 commentaires

Jean-Marie Fallu a écrit le 17 décembre 2011

Avec le départ de Nathalie Normandeau, le comté de Bonaventure et la Gaspésie viventt un deuil. Sans vouloir prendre partie pour une couleur politique, je constate que rarement dans l'histoire politique de la péninsule, un représentant n'a eu autant à coeur non seulement les intérêts de son comté mais aussi le développement de sa région. À l'élection partielle de Bonaventure, il semble bien que le candidat péquiste n'était pas à la hauteur de son adversaire libéral tout comme sa chef ne semble pas à la hauteur de la grande et noble cause nationale qu'elle défend. Sombre période pour la Gaspésie et la politique québéçoise! Jean-Marie Fallu, Seal Cove

Raynald Blais a écrit le 10 décembre 2011

Justement, la dignité pour le pays Québec, c'est de ne pas insulter ou mépriser ceux et celles qui votent différemment. Les insultes et le mépris ne sont pas des valeurs québécoises, ni dans le passé, au présent et encore moins au futur ! La dignité, c'est savoir accepter un résultat électoral. Et la rigueur, c'est de l'analyser comme il se doit et on verra bien que les gens du comté de Bonaventure n'ont pas sanctionné le gouvernement libéral, au contraire. Bonne analyse !

Xavier Bernatchez a écrit le 10 décembre 2011

Maka Kotto est seulement triste de constater que même les gens des régions ne sont plus souverainistes. Originaire du Cameroun, il sait comment les électeurs ont tant de liberté ici et l'expriment tant maladroitement. Le problème c'est que le combat pour la souveraineté qui semble beaucoup plus ardu à Montréal est perdu en région même lorsque la grogne envers le PLQ est historique et sans précédent. Électeurs Gaspésiens, le moment est aux remises en question! Vous venez tout juste d'ajouter de l'huile à l'engrenage des Desmarais qui contrôle le PLQ depuis trop de temps! Gaspésiens, n'êtes-vous pas gênés qu'un immigrant détienne plus de convictions et de dignité pour le pays du Québec que vous-même?

Antoine Deraiche a écrit le 8 décembre 2011

Quand une défaite fait très mal jusqu'au mépris, c'est un jugement de valeur gratuit qui mérite d'être dénoncé. Les députés péquistes Blanchet et Kotto devraient avoir la délicatesse de s'excuser auprès de l'ensemble de l'électorat de Bonaventure. Pourtant, c'est reconnu è l'échelle nationale que la circonscription de Bonaventure est un fief libéral depuis des lustres. Cette fois, c'est l'effet normandeau qui a fait toute la différence. De plus, la machine péquiste lors de cette campagne n'a jamais été capable de prendre la balle au bond et tirer profit du mécontentement national envers le Charest et son gouvernement. La campagne de Sylvain Roy n'a jamais pris son envol pour renverser la tendence libérale. Son message était stérile! Ce mépris de ces deux députés péquistes peut avoir des effets néfastes pour le canditat péquiste lors du prochain scrutin national, l'électorat de Bonaventure risque de très bien s'en souvenir.

suzanne a écrit le 8 décembre 2011

SI VOTRE PARTIS MA PAS GAGNÉ NE VOUS VENGÉ PAS SUR LES GASPÉSIENS (ES) JE SUIS SÛRE QUE VOUS M'AVEZ JAMAIS MIS LES PIEDS DANS NOTRE BEAU COIN DE PAYS S.V.P NOUS PRENEZ PAS POUR DES PIEDS M.KOTO

Josh Lyman a écrit le 8 décembre 2011

Le grand sage Josh Lyman disait que les élections ne sont pas un concours entre deux réponses à une question. Elles sont plutôt une bataille à savoir quelle sera la question à laquelle les électeurs vont répondre. Pour les électeurs de la circonscription de Bonaventure, est-ce que la question portait sur la satisfaction envers le gouvernement Libéral ou portait-elle plutôt sur le bilan de Nathalie Normandeau? À la lumière du sondage Graffici, on peut voir que les gens de la circonscription ont fait de l'élection un référendum sur le bilan de Nathalie avec le résultat qu'on connait. Ce n'est pas pour autant la preuve d'une méconnaissance des enjeux nationaux. C'est facile d'accuser les électeurs de Bonaventure d'être déconnectés et ignorants, mais on pourrait aussi dire que le PQ n'a pas réussi à changer la question pour une qui leur aurait été plus favorable... la prochaine fois peut-être? Comme disait monsieur Blais, monsieur Kotto devrait faire preuve de respect envers le choix démocratique des électeurs et essayer de comprendre avant de juger. Malheureusement, le sentiment de monsieur Kotto est partagé par plusieurs au Québec qui comprennent très mal la situation et les enjeux locaux du comté et devraient s'abstenir de porter des jugements sans savoir. Chose certaine, ce n'est pas en ayant de tels propos que monsieur Kotto et les autres militants péquistes vont s'attirer la sympathie des électeurs dans Bonaventure.

S. St-Onge a écrit le 8 décembre 2011

Il est inexcusable et inconcevable d'insulter l'intelligence des gens en jugeant de leur aptitude à juger sur quel parti politique prendront t-ils leur choix. Ne connaissant pas la réalité de la population des gens en région, M. Kotto aurait davantage à focusser sur son comté au lieu de juger celui-ci d'ailleurs. S'il se sent offensé et n'est pas d'accord avec le choix des électeurs, c'est bien dommage pour lui, mais oeuvrant dans la politique, il est assez bien placé pour comprendre que les jugements portés sont antidémocratique. Il peut y avoir pensé mais aurait dû garder son opinion pour lui. Ça n'aide en aucun point à ce que son parti y soit dans le futur. Chacun a son droit de vote et nous avons en tant que citoyen la liberté d'expression. M. Kotto, je n'ai qu'une seule chose à vous dire, BRAVO !!

Benoit Trépanier a écrit le 8 décembre 2011

Si M. Kotto avait lu le sondage Segma-GRAFFICI.CA/CIEU FM, il aurait vu que sur les répondants prévoyant voter pour le parti libéral, seulement 15 % de ceux-ci expliquaient leur vote par leur satisfaction envers le gouvernement Charest. 44 % votait parce qu'ils étaient satisfaits du travail de Nathalie Normandeau et 35 % pour le candidat, Damien Arseneault. Si M. Kotto connaissait la région, il comprendrait aussi que les électeurs sont proches de leurs élus et votent peut-être plus pour le candidat que le parti, qu'il y a certainement une population anglophone qui vote davantage rouge que bleu, et j'en passe. Nous l'invitons à venir nous voir ou à s'informer tous les jours sur GRAFFICI.CA

Raynald Blais a écrit le 8 décembre 2011

Il faudrait que ces même critiqueux prennent le temps d’analyser la situation réelle du comté, le contexte et les forces en présence. Visiblement, ces gens qui pensent tout savoir, ont manqué de jugement et d’analyse. Ce n’est pas vrai que les électeurs ont oublié ce qui se passe avec le gouvernement Charest, la preuve est dans les chiffres d’appuis aux libéraux. Les électeurs ont fait un choix et c’est leur choix. Il faut l’accepter, point final. Critiquer les résultats d’un vote, c’est à mon avis, manquer carrément de respect envers ceux et celles qui ont voté. Qui plus est, les Kotto et Blanchet, députés péquistes, ont été par leur propos, méprisants envers les électeurs du comté de Bonaventure. Nos adversaires libéraux vont s’en servir de ces déclarations témoignant d’une méconnaissance de nos réalités et du mépris envers ceux qui pensent autrement. Toujours est-il, Monsieur Arsenault est le nouveau député et notre candidat péquiste, Sylvain Roy, a obtenu un très bon résultat, dans les circonstances. Madame Chartier a réussi à intéresser. Le système démocratique que nous avons a ses imperfections mais jamais, au grand jamais, on peut permettre de critiquer les résultats lorsqu’ils ne font pas notre affaire. En attendant de le changer ce système, il faut tout simplement accepter avec humilité et sans mépris, les résultats.

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