Développement économique et exportation

Décontamination à Sandy Beach : les mariculteurs inquiets

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Les mariculteurs Moules de Gaspé (sur la photo) et Fermes marines de Gaspé (pétoncle) élèvent des mollusques dans la baie de Gaspé.

Les mariculteurs Moules de Gaspé (sur la photo) et Fermes marines de Gaspé (pétoncle) élèvent des mollusques dans la baie de Gaspé. Photo : Geneviève Gélinas

Les mariculteurs de la baie de Gaspé et leurs alliés s’inquiètent des impacts des futurs travaux de décontamination à Sandy Beach sur la chair de leurs mollusques.

En 2014, Transports Canada fera draguer 27 000 mètres cubes de sédiments contaminés au cuivre et aux hydrocarbures aux abords du quai de Sandy Beach, à Gaspé.

Le BAPE tenait une séance d’information sur le projet mercredi soir. La décontamination est «louable», ont souligné des participants. Mais le temps du dragage, des contaminants seront remis en suspension dans l’eau.

 «J’ai une grande préoccupation par rapport à ce projet, car les mollusques filtrent et concentrent les polluants, a déclaré Nathalie Moisan, du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Une infime quantité de polluants peuvent rendre les mollusques impropres à la consommation.»

De la moule et du pétoncle

La baie de Gaspé abrite un éleveur de pétoncle et un éleveur de moule à quelques kilomètres de la zone à décontaminer. Ils amarrent leurs bateaux au quai de Sandy Beach et y débarquent leurs mollusques.

Les Fermes marines de Gaspé auront pour plus de 6 millions de dollars de pétoncle en croissance dans la baie en 2014, calcule le président Jean-Philippe Hébert. «S’il y a des travaux de dragage tout l’été et que la récolte est interdite, je devrai mettre mes employés au chômage, illustre-t-il. Si je ne peux pas débarquer parce que le quai est occupé ou si mes mollusques sont impropres à la consommation, il y a aura des impacts économiques.»

Un rideau et du suivi

Autour de la zone la plus contaminée, l’entrepreneur devra installer un rideau de confinement, un géotextile qui bloque les particules, mais laisser passer l’eau, a expliqué Linda Roberge, de Transports Canada. «C’est un outil très efficace s’il est correctement utilisé.»

«Il y a très peu de courants» dans le secteur à décontaminer, qui est «protégé par le quai», a ajouté Mme Roberge. «Les sédiments vont rester à moins d’un kilomètre de la zone des travaux.» En cas de tempête, le dragage stoppera.

Transports Canada commandera un suivi des matières en suspension. «S’il y a un problème, on va demander à l’entreprise d’arrêter et de changer ses méthodes», a garanti Mme Roberge.

La qualité de la chair des mollusques fera aussi l’objet d’un suivi, dont le protocole est en cours d’élaboration par l’écotoxicologue de l’ISMER Émilien Pelletier.

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