Décontamination du port de Sandy Beach : trop de «flou»

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Les mariculteurs, des utilisateurs du quai de Sandy Beach, veulent la garantie qu’ils pourront mener à bien leurs opérations pendant les travaux.

Les mariculteurs, des utilisateurs du quai de Sandy Beach, veulent la garantie qu’ils pourront mener à bien leurs opérations pendant les travaux. Photo : Geneviève Gélinas

GASPÉ – Transports Canada a été critiqué pour le « flou » de ses scénarios sur la décontamination du port de Sandy Beach, lors des audiences du BAPE à Gaspé.

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a entendu mercredi les mémoires sur le projet de draguer environ 27 000 mètres cubes de sédiments contaminés au cuivre et aux HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) sur une surface de 50 000 mètres carrés au sud et au sud-est du quai industriel de Gaspé. 

Transports Canada ne sait pas encore si les sédiments seront traités sur place ou transportés ailleurs, par quel moyen, ni quel mode de dragage sera utilisé. Le ministère préfère laisser de la latitude aux soumissionnaires.

« Je ne vois pas comment de simples citoyens peuvent se prononcer sur autant de scénarios, a commenté le mariculteur Jean-Philippe Hébert, président de Fermes marines de Gaspé. L’entreprise qui remportera la soumission devrait créer son projet et venir nous le présenter. »

Pas contre, mais…

Aucun participant ne s'est prononcé contre la décontamination, mais certains se sont demandé si laisser les contaminants en place serait moins risqué.

Les mariculteurs de la baie de Gaspé craignent que le cuivre et les HAP contenus dans les sédiments marins, potentiellement remis en suspension, contaminent leurs élevages de moules et de pétoncles.

Un organisme indépendant doit surveiller la croissance et la mortalité des mollusques en élevage, juge M. Hébert. Une entente sur des dédommagements en cas de problème doit aussi être signée avec Transports Canada avant les travaux.

« Encapsuler » les sédiments

Le mariculteur Jacques Dufresne, de Moules de Gaspé, propose de déposer les sédiments asséchés sur la berge de Sandy Beach et de les enrober d’une membrane (un procédé appelé « encapsulage ») afin de créer un nouvel « espace-quai ».

« Ce n’est pas une solution de prendre [les sédiments contaminés] et de les envoyer ailleurs, a ajouté M. Dufresne. [L’encapsulage] serait plus économique et on pourrait profiter de l’argent pour faire plus. »

La Ville de Gaspé serait en faveur de l’encapsulage et préconise de traiter les sédiments sur place, pour assurer un maximum de retombées locales, ont fait valoir des représentants de la municipalité.

Le BAPE remettra son rapport au ministre de l’Environnement au plus tard le 20 septembre.

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.