Éducation

Débrayage contre la hausse des frais de scolarité à Gaspé

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Des dizaines d'étudiants du Cégep de Gaspé manifestent contre la hausse des frais de scolarité.

Des dizaines d'étudiants du Cégep de Gaspé manifestent contre la hausse des frais de scolarité. Photo : Geneviève Gélinas

Les étudiants du Cégep de la Gaspésie et des Îles à Gaspé ont entamé jeudi matin un débrayage de deux jours, afin de dénoncer la hausse des frais de scolarité universitaires.

La grève des quelque 650 étudiants de l’établissement se fait dans le cadre d’une manifestation nationale qui a eu lieu jeudi à Montréal. Une délégation d’une centaine d’étudiants gaspésiens a pris part à cette marche.

Au Québec, ce sont près de 240 000 étudiants qui se sont absentés de leurs cours pour contester la décision du gouvernement Charest d’augmenter les droits de scolarité de 1625 $ sur cinq ans.

«C’est une mesure injuste et destructrice. En augmentant les frais, le gouvernement nuit à l’accessibilité aux études supérieures. Nous n’avons pas les moyens d’assumer une hausse de cette envergure», mentionne Vincent-Olivier Bastien, président l’Association générale des étudiants du Cégep de la Gaspésie et des Îles.

M. Bastien estime que les étudiants en région sont les premières victimes de l’augmentation des droits de scolarité. «En Gaspésie, tous les étudiants qui souhaitent aller à l’université doivent sortir de la région, dit-il. Si on ajoute cette augmentation aux dépenses reliées aux déplacements, à l’appartement, à l’épicerie, ça devient démesuré.»

Les autres campus du Cégep de la Gaspésie et des Îles (Grande-Rivière, Carleton-sur-Mer, Îles-de-la-Madeleine), ne sont pas touchés par la grève.

«Occupons Gaspé»

Déterminés à faire entendre leurs messages, une dizaine d’étudiants ont installé mercredi soir un campement sur le campus. «C’est notre “occupons Gaspé” à nous. Le but est d’être prêt pour le piquet de grève tôt le matin», explique M. Bastien.

À son avis, le piquetage à l’ouverture de l’établissement jeudi matin s’est passé sans anicroche. «Plus de 80 étudiants étaient là pour la levée de cours et la direction a été très compréhensive. Certains professeurs nous ont même appuyés», se réjouit M. Bastien.

Un appui du candidat du PQ dans Bonaventure

Le candidat péquiste à l’élection partielle dans Bonaventure, Sylvain Roy, appuie le mouvement de contestation national des étudiants contre la hausse des frais de scolarité.

Dans un communiqué diffusé ce matin, M. Roy soutient que cette hausse est «injuste» prétextant qu’elle découragera de nombreux étudiants à poursuivre leurs études, en plus d’imposer un fardeau supplémentaire aux parents de la classe moyenne.

Tout comme son parti, M. Roy exige du gouvernement Charest qu’il renonce à cette décision et qu’il gèle les frais de scolarité jusqu’à la tenue d’un sommet sur l’enseignement supérieur. Il demande aussi l’adoption d’une loi-cadre sur les droits de scolarité qui tiendra compte de la capacité des étudiants à payer.

1 commentaire

Stéphane Lessard a écrit le 10 novembre 2011

Le Parti québécois ne dit pas tout quand il est question de la hausse des frais de scolarité universitaires. Dans les faits, il est pour, comme le confirme la prise de position de sa cheffe Pauline Marois en 2007-2008 en faveur d'une hausse "modérée". Pour racoler les électrices et électeurs, il s'oppose en façade et prétexte qu'un sommet sur l'enseignement supérieur doit avoir lieu avant de décider de cette hausse qu'une loi-cadre devrait confirmer. De la poudre aux yeux ! Une seule candidate est claire sur la question et appuie réellement les jeunes: Patricia Chartier de Québec solidaire. Pour ce parti, l'éducation est un droit qu'aucune barrière ne doit limiter l'accessibilité. De la maternelle à l'université, tout le monde doit pouvoir étudier, peu importe sa capacité de payer.

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