Débat de CIEU-FM : Pas de KO, mais quelques solides crochets

Par Gilles Gagné, journaliste, graffici.ca
Les candidats Damien Arsenault, Patricia Chartier, Jean-Marc Landry et Sylvain Roy ont croisé le fer à 15h mercredi, un débat organisé par CIEU-FM.

Les candidats Damien Arsenault, Patricia Chartier, Jean-Marc Landry et Sylvain Roy ont croisé le fer à 15h mercredi, un débat organisé par CIEU-FM. Photo : Gilles Gagné

CARLETON-SUR-MER – Si aucun candidat de la circonscription de Bonaventure n’a été assommé par les répliques d’un adversaire, le débat radiophonique organisé par CIEU-FM mercredi après-midi a donné lieu à quelques solides « crochets » verbaux.

Les questions économiques ont donné lieu aux échanges les plus animés. Après une ouverture sur l’éducation au cours de laquelle les candidats étaient en général d’accord, Patricia Chartier, du Québec solidaire, a pris l’initiative de l’attaque dans le deuxième quart d’heure en statuant d’abord que le gouvernement du Parti québécois « a trop tardé » au sujet de l’adoption, toujours à venir, d’un règlement sur la protection de l’eau potable contre les forages pétroliers.
 
Quelques minutes plus tard, alors que le député sortant Sylvain Roy, du Parti québécois, justifiait l’engagement de 115 millions $ de son gouvernement dans une campagne d’exploration d’hydrocarbures à l’île d’Anticosti, une façon selon lui de réduire le passage des pétroliers  acheminant du pétrole importé et passant au large de nos côtes, Mme Chartier lui a fait remarquer « que le pétrole d’Anticosti devra aussi se promener sur le fleuve ».
 
Elle a aussi profité de cette intervention pour mettre en évidence la politique de réduction de dépendance aux hydrocarbures du Québec solidaire. « Si on peut changer l’offre, les gens vont changer leurs habitudes ».
 
Sur le thème du secteur éolien, alors que la question visait à demander aux candidats s’ils considèrent que cette forme d’énergie crée de la richesse ou si elle constitue un mauvais investissement, Mme Chartier, qui en est à sa quatrième campagne, a gardé l’initiative en couvrant plusieurs angles en quelques phrases.
 
« L’état devrait avoir le contrôle de la production », a-t-elle abordé pour expliquer que le modèle adopté, des parcs éoliens privés, augmente le coût du kilowatt payé par les clients d’Hydro-Québec. Elle a enchaîné en statuant que le manque de commande de certains manufacturiers de composantes venait d’une gestion « mal planifiée » des précédents gouvernements.
 
Elle a ajouté que le choix des énergies vertes était incontournable, notamment parce que les changements climatiques, accélérés par la combustion de carburants fossiles, allaient « coûter des milliards » pour déménager des gens ou « lutter contre l’érosion ».
 
Cette amorce a été suivie d’un vif échange entre le candidat libéral Damien Arsenault et le péquiste Sylvain Roy. M. Arsenault a indiqué que le secteur éolien était « un outil de création de richesse », mais que « malheureusement, il y a eu délai avec le gouvernement (du Parti québécois) et ça a créé un trou (dans les commandes) ».
 
Sylvain Roy a répliqué du tac au tac que « tous les acteurs du secteur savent que ça prend trois ans avant » (de mettre en branle un projet de parc éolien). Il a aussi blâmé le gouvernement libéral précédent pour avoir négocié « des contrats (d’achat d’énergie) à 14 cents (le kilowatt) alors que nous avons obtenu 9 cents ». Il a reproché aux libéraux d’avoir obtenu peu de redevances pour les communautés, alors que le futur parc d’Escuminac sera beaucoup avantageux pour la MRC d’Avignon.
 
Quand Jean-Marc Landry, de la Coalition avenir Québec, il a rappelé que la Commission sur l’avenir énergétique du Québec avait proposé de mettre un terme aux projets éoliens, une énergie qu’il considère du reste « propre, aux multiples avantages, c’est clair », Damien Arsenault a été prompt à lui demander comment le public devait interpréter son point de vue à propos du secteur éolien.
 
M. Landry n’a pas répondu directement, mais il est resté fidèle au point de vue de son parti, qui a été jusqu’ici très critique à l’endroit du secteur éolien. Il a parlé du « danger qu’on a quand on se concentre sur un secteur mono-industriel », sous-entendant que la Gaspésie misait trop sur l’énergie éolienne.
 
À propos du chemin de fer gaspésien, qui a besoin de plus de 65 millions $ de réfection, Sylvain Roy a suggéré de « réorienter une partie du budget routier vers le rail (…) Je veux le garder, mais si les coûts sont prohibitifs… » a-t-il dit sans terminer sa phrase.
 
Damien Arsenault lui a rappelé que le gouvernement du Parti québécois avait coupé 44 millions $ au budget de Transport-Québec dans la région. « Je suis pour le train, mais ce n’est pas moi qui décide », a indiqué Sylvain Roy un peu plus tard.
 
Deux personnes du public ont embouteillé l’ex-député Damien Arsenault et le député sortant Sylvain Roy. Dominique Bouchard, de la maison l’Accalmie, venant en aide aux personnes aux prises avec des problèmes de détresse psychologique, leur a fait remis sur le nez le sous-financement des organismes communautaires et les promesses non tenues de meilleur soutien.
 
Héliès Anmar, un étudiant, n’a de plus pas réussi à obtenir de réponse claire au sujet de l’incapacité des derniers gouvernements, et des 125 membres de l’Assemblée nationale, à voter ensemble pour une hausse des redevances minières.
 

Il était probablement temps à ce stade que le débat se termine.

5 commentaires

Louis-Patrick St-Pierre a écrit le 22 mars 2014

Partie remise ! On se retrouve à Chandler pour le prochain débat.

steeve mcbrearty a écrit le 21 mars 2014

Sans offence Mme Chartier je voulais juste dire que j'avais personellement trouvé le débat un peu platte et qu'il demeure difficile de faire mon choix ayant été absent du paysage pour une longue période. Il en demeure que le discours environnementaliste est malheureusement souvent rempli d'exagération qui déforme la réalité. Il en est de meme du discours industriel qui a souvent des faces cachés qui sont importantes pour le public en général mais qui sont non divulgués afin de faire taire l'opinion public au sujet des grands projets. Merci d'avoir précisé vos pensées.

Patricia Chartier a écrit le 21 mars 2014

Précision : je n'ai pas dit que le moteur roue ne fonctionne pas. Au contraire, ça aurait dû être mis en marché il y a très longtemps. Mon commentaire visait à dire qu'on attends toujours trop longtemps pour mettre les bonnes idées de l'avant.

Dany Brown a écrit le 20 mars 2014

Je suis de la génération précédente et comme plusieurs de cette génération nous payons pour la précédente et pour l'actuelle. La génération actuelle en demande encore plus que la précédente. alors faisons une distinction. Peu importe la génération il y a ceux d'hier qui ont pensé et ceux d'aujourd'hui qui pensent toujours que le Gouvernement imprime l'argent. Il y a rien de gratuit. Les garderies à 7.00$ n'est pas d'hier, les congés parentaux non plus, l'ass. médicament, le nombre d'employés de l'état ne cesse de croître, aujourd'hui bien plus que que la croissance de la population. Pour le débat, peu importe celui ou celle qui sera élu, son chef devra comme les autres, le lendemain des élections allez faire un petit tour à Wall Street, afin de prendre les directives de ceux qui tiennent le Québec par les schnolles. Quand ton endettement est à la limite du supportable il ne te reste pas beaucoup d'indépendance.

steeve mcbrearty a écrit le 20 mars 2014

Personellement, ayant été absent de la région pendant pres de 15 ans, je me doit de me refaire une idée de la politique québécoise qui est dépassé selon mon avis et bien d'autres canadiens. Premierement on ne s'attend pas dans un débat à voir des candidats s'envoyer des fleurs comme l'ont fait Sylvain Roy et Jean-Marc Landry. De plus Damien Arsenault s'est presque mis dans le meme paquet que ses deux adversaires en mentionnant à quelques reprises `je suis d'accord avec vous mais`. Si tu est d'accord en politique ben ferme la. De son coté Patricia Chartier y allait d'attaque oui mais était-ce sur des choses concrete? Je me souviens l'avoir entendu parler d'énergie marée motrice alors qu'on se demande s'il y a un potentiel profitable dans le Minas Basin (Nouvelle Ecosse Baie de Fundy) ou il y a énormément plus de marée que dans la Baie des Chaleurs. Elle a aussi mentionnée que la voiture électrique avait été inventé il y a 25 ans et que ca ne fonctionne pas. Le moteur électrique ayant été inventé presque en meme temps que le moteur à combustion et à ce que je sache, l'électricité est un domaine en plein évolution mais peut etre avons nous perdu le cap de la rentabilité à vouloir faire du profit avec quelque chose qui s'exporte mais n'est pas un domaine ou ca vaut la peine d'etre exporté. Je penche donc du coté caquiste qui n'a rien de concret à présenter mais qui est probablement le seul parti qui veut réellement s'attaquer au déficit. Encore une fois on se vois pris à payer pour les caprices des générations précédentes.

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