Damien Arsenault craint pour les dossiers gaspésiens

Par Julien Sorsi, graffici.ca
Damien Arsenault aurait aimé représenter Bonaventure sous un gouvernement libéral majoritaire.

Damien Arsenault aurait aimé représenter Bonaventure sous un gouvernement libéral majoritaire. Photo : Antoine Rivard-Déziel

PASPÉBIAC — Défait par 872 voix, le libéral Damien Arsenault ne cache pas sa déception et espère que les dossiers de la Gaspésie avanceront, malgré l’absence de représentation au gouvernement.

Sylvain Roy est arrivé à se faire réélire de justesse dans la circonscription de Bonaventure. Il défait Damien Arsenault, son principal rival, avec 45,6 % du suffrage contre 42,6 %. Le taux de participation à cette élection a été de 69,44 % des  36 179 électeurs inscrits.

Selon Damien Arsenault, même si le Parti libéral forme un gouvernement majoritaire, la Gaspésie « a perdu » en faisant élire deux députés péquistes.

« On va avoir des députés dans l'opposition. J'espère que les dossiers de la région pourront cheminer, qu'il y aura une bonne écoute à Québec. J'aurais tellement aimé être-là avec un gouvernement majoritaire pour défendre les intérêts de Bonaventure et de la région », a-t-il déclaré, quelques minutes après avoir livré un discours devant ses militants. 

M. Arsenault attribue sa défaite principalement au dossier de la cimenterie à Port-Daniel. « On a tenté de faire croire aux gens qu'avec un gouvernement libéral, le dossier ne se réaliserait pas. Et ça marché pour le Parti québécois », a-t-il déploré.

Chez les autres candidats, Patricia Chartier de Québec Solidaire n'a pu obtenir que 5,9 % des votes. Elle est définitivement déçue que les libéraux soient rentrés majoritaires pour ce qui est de l'ensemble du Québec, mais elle respecte le choix des citoyens.

Mme Chartier tient à garder espoir. Elle considère que son parti progresse encore, bien qu'il manque de visibilité. « Les gens ont peur de perdre leur vote. Le vote stratégique nous nuit beaucoup, mais il faut voir à long terme. Nous sommes comme des jardiniers. Nous avons semé des graines, il faut être patient. Je devrais être encore là lors de la prochaine élection », déclare-t-elle.

Jean-Marc Landry de la Coalition Avenir Québec arrive tout juste derrière QS avec 4,3 % des votes. Selon lui, les Québécois ont décidé de faire confiance aux vieux partis. M. Landry est déçu pour ses confrères, mais il se console en notant que la CAQ a reçu un appui similaire aux dernières élections.

D’autre part, M. Landry ne veut pas se projeter trop loin en ce qui concerne son avenir politique : « D'ici quatre ans, il peut se passer beaucoup de choses. Je crois que la position de la CAQ sur les dossiers de l'éolien et de la cimenterie de Port-Daniel n'a pas aidé ma campagne dans Bonaventure. Cela n'empêche pas que je considère que le plan d'affaires proposé est toujours trop élevé. On verra si le gouvernement libéral respectera sa promesse de poursuivre le projet », ajoute-t-il en faisant référence à la cimenterie.

Patrick Dubois, candidat pour le Parti Nul était à l'extérieur pour la soirée électorale. Contacté préalablement, il s'est contenté de nous rappeler que le candidat du Parti Nul n'est pas vraiment un candidat : « C'est seulement quelqu'un qui vient rendre possible l'annulation du vote dans sa circonscription. »

Néanmoins, M. Dubois est quand même parvenu à obtenir 1,1 % des votes et, du même coup, à devancer Louis-Patrick St-Pierre, le candidat d'Option Nationale qui a reçu un maigre appui de la population de Bonaventure. Ce dernier reste optimiste malgré sa récolte de 0,5 % des voix. Cela signifie une perte de 1,6 % comparativement à l'élection de 2012.

M. St-Pierre est encore jeune et refuse d'abandonner : « Je suis déçu c'est clair, mais je continue de croire en l'indépendance du Québec. Cela nous impose à la réflexion. Peut-être que le mouvement souverainiste aura intérêt à se consolider. Il va falloir se regrouper », précise-t-il. Le jeune candidat d'ON retournera maintenant à temps plein à ses études en histoire à l'Université Laval à Québec, et il prévoit même aller faire des études en Angleterre pour améliorer sa formation en relations internationales.  

(En collaboration avec Antoine Rivard-Deziel)

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