Politique, Développement économique et exportation

La CSN Gaspésie-les-îles dit non à l'austérité

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
Le président régional de la CSN, Jacques Mimeault, entend bien manifester le 29 novembre prochain

Le président régional de la CSN, Jacques Mimeault, entend bien manifester le 29 novembre prochain Photo : Thierry Haroun

CHANDLER — La pilule de l'austérité que le gouvernement libéral de Philippe Couillard tente de faire avaler à la Gaspésie ne passe tout simplement pas au Conseil central CSN Gaspésie-les-Îles.

« Ce qu'on dit à M. Couillard, c'est qu'on s'en va manifester le 29 novembre prochain à Montréal et Québec! On va lutter contre l'austérité. Nos organisations syndicales et nos partenaires ne se laisseront pas faire! C'est clair, nous l'austérité on la refuse. On s'en va faire cette bataille sur le terrain. Et plus on sera mobilisés – ce qui est présentement le cas – plus on sera capable de faire reculer ce gouvernement-là », a tonné d'un souffle le président de l'organe syndical, Jacques Mimeault, lors d'une conférence de presse tenue dans ses locaux à Chandler vendredi.

En clair, Jacques Mimeault et ses autres collègues présents dans le cadre de cette sortie en règle dénoncent les compressions à tous vents du gouvernement libéral, sans consultation aucune, pour atteindre l'équilibre budgétaire par l'entremise de l'abolition des CRÉ, des CLD, des coupures au sein des carrefours jeunesses emploi, de la fin de l'aide à Solidarité rurale du Québec, des projets de loi 3 et 15 ainsi que le projet de loi 10 du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui mènera au printemps prochain à l'abolition de l'Agence de la santé de la Gaspésie-les-Îles au profit d'une mégastructure qui prendra le nom de Centre intégré de Santé et des Services sociaux. « Ce CISSS va fusionner les hôpitaux de Chandler, Gaspé, Sainte-Anne-des-Monts et Maria. Écoutez, on a déjà de la difficulté à gérer un CSSS dans un secteur, là on veut gérer une grosse structure ».

Jacques Mimeault tient par ailleurs à rappeler que Philippe Couillard « avait promis 50 000 emplois par année et a promis d'être attentif aux organismes communautaires et au  dialogue. On constate présentement que ça ne passe pas comme ça. En fait, le gouvernement veut démolir le modèle québécois, un modèle qui est pris en exemple par l'ensemble des États dans le monde. On remarque la même chose dans les provinces canadiennes. On envie notre réseau du service de garde et notre réseau de la santé », rappelle M. Mimeault qui, au-delà de la critique, propose des pistes de solution qui visent l'assainissement des finances publiques tout en poursuivant le développement de l'économie de la province.

Parmi les pistes proposées par la CSN, on note l'instauration d'une « vraie » politique de développement industriel, d'un soutien ciblé de l'État aux secteurs économiques structurants, des investissements qui s'inscrivent dans les principes de développement durable, d'instaurer un impôt minimum aux entreprises, d'appliquer une taxe sur le capital pour les institutions financières et d'assurer un meilleur contrôle sur le prix du médicament. D'ailleurs à ce titre, il a été noté lors de la conférence de presse que le prix du médicament d'origine au Québec a augmenté de 1100 % en huit ans.

3 commentaires

Marc-André St-Pierre a écrit le 10 novembre 2014

@ Mme Fugère - Pendant les années 70-80-90, je rêvais ouvertement de la séparation de la Gaspésie. J'étais un hurluberlu que personne ne prenait au sérieux, évidemment. Quand j'ai lu dans le Riverain que venait de naître le mouvement des Patriotes, j'ai tout de suite voulu m'impliquer. Un mouvement apolitique (disaient ses fondateurs) voué à la séparation de la Gaspésie. J'étais tout près de mon rêve. Je me suis impliqué. Mais tous n'avaient pas le même rêve à l'intérieur du mouvement. // Aujourd'hui, il me vient une seule question: Qui seraient nos diri-gérants? // Ah, il me vient une autre question: Où serait le parlement? // Je connais déjà les deux réponses. Tout serait au Sud de la Gaspésie. La Haute-Gaspésie continuerait à être laissé pour compte. De plus, juste à voir comment nos fâââmeux services nous ont servi, je pense bien que nous aurions notre commission Charbonneau assez rapidement. Voilà, vous comprenez, j'ai déchanté. Pourquoi? Parce que le pouvoir corromp, parce que les gens de pouvoir ici seraient aussi au service de ses majestés les Rois Richards. C'est toute une mentalité qu'il faut changer. Pour le moment, on se contente encore d'un combat stupide et stérile entre la Droite et la Gauche. C'est ça qui doit changer, rien d'autre.

Johanne Fugère a écrit le 10 novembre 2014

Vous avez absolument raison M. Mimeault , en tant que Gaspésiens on se fait manger la laine sur le dos. Séparons-nous du reste du Québec et la Gaspésie ne s’en portera que mieux. P. S. Et comme a si bien dit Charles De Gaulle : Je vous ai compris !!!

Marc-André St-Pierre a écrit le 8 novembre 2014

M. Mimeault a raison et... tort. Il a raison quand il signale le saccage libéral au Québec actuellement. Un saccage digne d'un pays totalitaire, sans dialogue. Les gros buldozers (sans jeu de mots) du PLQ foncent tête baissée sur tout ce qui dérange leurs patrons richards qui commandent cet exercice. - Il a tort de croire qu'on peut maintenir toutes ces structures coûteuses (et certaines complètement inutiles) sans en payer le prix social, ce qui se passe d'ailleurs actuellement. Les syndicats doivent s'ajuster, cesser de penser comme il y a 40 ans et proposer des idées nouvelles.

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