La CSN dénonce le comportement de Couche-Tard

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Selon le Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine de la CSN, les administrateurs de Couche-Tard font preuve d'antisyndicalisme.

Selon le Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine de la CSN, les administrateurs de Couche-Tard font preuve d'antisyndicalisme. Photo : Antoine Rivard-Déziel

À l'occasion de la Journée mondiale pour le travail décent qui se tient aujourd’hui, une trentaine de membres du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine de la CSN ont manifesté ce midi devant le Couche-Tard de Maria pour dénoncer les agissements des administrateurs de la chaîne. Selon eux, l’entreprise fait preuve d’antisyndicalisme.

Cette manifestation a lieu plus de trois semaines après que Couche-Tard ait subitement fermé un dépanneur à Montréal, qui avait obtenu une accréditation syndicale. Une autre succursale de la métropole avait subi le même sort au printemps dernier. L’entreprise prétextait que les deux commerces n’étaient pas rentables.

Le président de la CSN Gaspésie–Les Îles, Éric Boulay, rejette du revers de la main cet argument. Selon lui, les administrateurs de la chaîne tentent plutôt d’éviter la syndicalisation de leur dépanneur. «C’est une campagne de peur. Ils essayent de briser le mouvement pour garder le contrôle sur leurs établissements», dit-il en faisant référence à la campagne de syndicalisation des Couche-Tard du Québec entreprise par la CSN.

M. Boulay estime que les demandes des travailleurs étaient légitimes. Les employés revendiquaient notamment quatre journées de maladie par année, la mise en place d’un bouton de panique en cas de vol à main armée et une échelle salariale menant à un taux horaire d’environ 12,50 $ l’heure pour les préposés.

La Commission des relations de travail étudie présentement le dossier des deux cas de fermeture.

Pas d’intérêt manifeste en Gaspésie

M. Boulay mentionne qu’aucun employé des Couche-Tard de la Gaspésie n’a jusqu’à présent manifesté d’intérêt à se syndiquer. «On n’a pas eu de demande, mais on n’a pas été proactif dans le dossier. Ce qu’on fait aujourd’hui, c’est de la sensibilisation. On leur ouvre une porte à la syndicalisation. On leur dit qu’est prêt à les appuyer», explique-t-il tout en précisant que la CSN ne jouera pas le rôle de sollicitatateur. «On souhaite que ça vienne d’eux-mêmes.»

Questionnés au sujet de leur intérêt à se syndiquer, les deux employés de la succursale de Maria qui travaillaient au moment de la manifestation ont refusé de répondre.

La direction d’Alimentation Couche-Tard située à Laval a également refusé de réagir. «La Direction a pris la décision de ne pas commenter les actions entreprises par la CSN», s’est contentée de mentionner la porte-parole de l’entreprise, Denise Deveau.

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.