Pêches

Crevettiers: revenus et risques partagés

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Les capitaines de crevettiers paient un pourcentage de leurs revenus bruts, variant entre 5 % à 8 %, à leurs aides-pêcheurs.

Les capitaines de crevettiers paient un pourcentage de leurs revenus bruts, variant entre 5 % à 8 %, à leurs aides-pêcheurs. Photo : Geneviève Gélinas

RIVIÈRE-AU-RENARD, mai 2018 – Les revenus des aides-pêcheurs sont-ils à plaindre? Les sommes gagnées et le mode de paiement varient considérablement selon la flotte, et même d’un capitaine à l’autre. GRAFFICI a tenté de dresser un portrait nuancé. Aujourd’hui, les crevettiers.

Les capitaines de crevettiers paient un pourcentage de leurs revenus bruts à leurs aides-pêcheurs, une pratique généralisée dans leur flotte. Ces pourcentages varient de 5 % à 8 % selon l’expérience du pêcheur et le nombre de marins à bord. Avec un quota type de 675 000 livres l’an dernier, un aide-pêcheur à 6 % aura gagné environ 40 000 $.


Mais plusieurs pêchent sur des bateaux auxquels sont rattachés des quotas plus importants, avec des capitaines qui trouvent de la crevette de bonne taille, plus payante. Un homme de pont employé sur un crevettier de Rivière-au-Renard nous a indiqué avoir gagné entre 65 000 $ et 95 000 $ par saison ces trois dernières années. Le travail dure environ six mois et les jours de congé sont rares, souligne ce jeune homme. « En mer, on est tout le temps là. On lève le chalut aux cinq heures. »


À la Coopérative des capitaines-propriétaires de la Gaspésie, on évalue entre 60 000 $ et 65 000 $ le salaire moyen sur un crevettier.


Le paiement à pourcentage rend toutefois les salaires plus variables. Les pêcheurs de crevette du golfe subiront une diminution moyenne de 35 % des prises autorisées dans le golfe cette année. Même si le prix du crustacé augmente, les aides-pêcheurs pourraient voir leurs salaires diminuer.


Plusieurs capitaines de crevettiers critiquent les salaires payés sur les crabiers. Ils considèrent que ces capitaines auraient les moyens de payer bien mieux leurs aides-pêcheurs. « On ne s’en est jamais mêlés, ce n’est pas de nos affaires. Mais ça a entaché un peu notre réputation. On passe tous pour du monde comme ça », lance Réginald Cotton, propriétaire de crevettier.
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