Agriculture, pêcheries et alimentation, Développement économique et exportation

De la crevette fraîche ce matin

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Les débarquements de crevette ont commencé hier sur les quais de Rivière-au-Renard, à destination des usines du grand Gaspé ou de celle de Matane.

Les débarquements de crevette ont commencé hier sur les quais de Rivière-au-Renard, à destination des usines du grand Gaspé ou de celle de Matane. Photo : Geneviève Gélinas

RIVIÈRE-AU-RENARD – Les premières crevettes de l’année ont été débarquées hier sur les quais de Rivière-au-Renard. Les pêcheurs recevront 15 % de moins que l’an dernier, selon l’entente signée avec les usines.

Les crevettiers ont commencé à pêcher lundi, comme prévu. Le petit crustacé frais sera sur les comptoirs des poissonneries ce matin.

La trentaine de capitaines qui livrent leurs prises chez Pêcheries Marinard de Rivière-au-Renard et Crevette du Nord Atlantique de l’Anse-au-Griffon ont accepté une baisse du prix au débarquement de 15 % à 16 %.

Le prix s’établit à environ 0,64 $ la livre comparativement à 0,76 $ l’an dernier, soit un retour au niveau de 2011.

Résignation

Les pêcheurs ont accepté l’entente avec les usines dans une proportion de 70 % vendredi matin. « Ça a été plus une résignation qu’une acceptation, affirme le directeur général de l’Office des pêcheurs de crevette du grand Gaspé, Sylvain Samuel. On parle de perte de revenus moyenne de 100 000 $ par entreprise de pêche. C’est important. »

« La grande explication, poursuit M. Samuel, c’est la baisse anticipée des marchés en 2013 dû à des inventaires élevés de crevette nordique et à la faiblesse des marchés américains et européens. »

Une féroce compétitrice

La crevette d’aquaculture fait toujours une rude compétition à la crevette nordique, y compris sur le marché intérieur. «Il y a beaucoup d’efforts à mettre sur la promotion, surtout sur le marché québécois et canadien, estime M. Samuel. Il faudra développer en Alberta et en Ontario.»

En 2006, les Canadiens consommaient dix fois plus de crevette d’eau chaude (importée) que de crevette nordique pêchée dans leurs eaux.

Négociations dans l’harmonie

Même si « ce ne sera pas la meilleure année du siècle », les négociations se sont « très bien passées », commente Jean-Paul Gagné, directeur général de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche et négociateur des usines. « Le principe qui a prévalu a été de partager la baisse des prix 50/50 [entre les pêcheurs et les usines]. »

Dur départ

Par ailleurs, lors du passage de GRAFFICI.CA à Rivière-au-Renard, Bernard Packwood, capitaine du Sawakman, rentrait au quai avec un premier voyage décevant de 12 000 livres de crevette pêchée près de l’île d’Anticosti. L’an dernier, il avait ramené 107 000 livres dans ses filets à sa première sortie. « La crevette n’est pas au rendez-vous », dit M. Packwood. De forts vents lui ont aussi compliqué la vie.

Les deux usines du grand Gaspé transforment 12 à 13 millions de livres de crevette chacune, prise par environ 120 pêcheurs. Elles emploient 350 travailleurs d’usine pendant 20 à 25 semaines chaque année.

Les totaux autorisés de capture sont équivalents à l’an dernier pour les pêcheurs gaspésiens.

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