Agriculture, pêcheries et alimentation

Crabe des neiges : Un meilleur prix, mais un quota plus petit

Par Gilles Gagné, journaliste, graffici.ca
Les pêcheurs ont pris la mer avec les bateaux chargés de casiers, mercredi matin.

Les pêcheurs ont pris la mer avec les bateaux chargés de casiers, mercredi matin. Photo : Gilles Gagné

PASPÉBIAC – Les 40 crabiers gaspésiens évoluant dans le sud du golfe Saint-Laurent ont amorcé la capture à la barre du jour, mercredi. Ils recevront un prix plus élevé en 2014, mais ils devront aussi écoper une baisse de quota de 13 %.

La hausse du prix découle largement de la dévaluation de 10 % du dollar canadien par rapport à la devise américaine en un an.
 
Gino Lebrasseur, de l’usine de transformation Unipêche MDM de Paspébiac, se montre très prudent quand vient le temps de dire combien il versera à ses pêcheurs au moment des premières livraisons, à la fin de la semaine.
 
« C’est difficile à dire. Il y a beaucoup de prix avancés. Le marché n’a pas montré son visage. Je peux dire que le prix de base sera plus élevé que l’an passé », dit-il.
 
Ce prix de base s’est établi entre 2,20 $ et 2,30 $ la livre en 2013. Un prix de 2,50 $ serait dans l’ordre des choses en 2014, même si Gino Lebrasseur hésite à confirmer tout chiffre précis.
 
« Tellement de variables peuvent venir influencer ce prix », explique-t-il. Les transformateurs choisissent souvent de donner un prix de base conservateur, pour faire un ajustement, une ristourne, à la fin de l’année, quand une grande proportion de produits est écoulée.
 
Unipêche MDM prendra livraison des prises d’une vingtaine de crabiers et s’attend à transformer environ 5 millions de livres, en majorité à Paspébiac, mais également dans son usine de Grande-Rivière, Crustacés de Gaspé.
 
Du côté de la capture, Daniel Desbois, président de l’Association des crabiers gaspésiens, est à la fois content et déçu des paramètres du début de saison, content en raison de la hausse des prix, et déçu parce que le contingent de 25 227 tonnes métriques, en baisse de 13 % comparativement à l’an passé, devait augmenter, selon les prévisions exprimées il y a un an.
 
On parlait en mars 2013 d’une hausse possible de 15 % pour 2014. Les crabiers ont même failli écoper une baisse de 20 % cette année.
 
« Ce serait resté comme ça si on n’avait pas changé l’approche de précaution. Ça nous ramène à 13 % de baisse. La ressource est en santé et le changement du taux d’exploitation à 38,3 % (il devait être plus bas) n’aura pas beaucoup d’impact. Ce n’est pas un gros écart », explique M. Desbois.
 
« Les crabiers obtiennent un quota (individuel) d’environ 225 000 livres cette année, au lieu de 300 000 livres. C’est énorme, comme différence », souligne-t-il.
 
Une quarantaine de crabiers traditionnels gaspésiens ont accès à la zone du sud du golfe Saint-Laurent, comparativement à un peu plus de 80 collègues de la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick. Quelques dizaines de détenteurs de permis de moindre volume ont aussi accès à cette zone.
 
En 2013, les débarquements de crabe des neiges ont atteint une valeur de 35 M$ en Gaspésie, et la majorité de ces prises sont attribuables au sud du golfe.

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