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Coupes en santé publique : "dommageable", dit Gilles Pelletier

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
Les compressions éventuelles en santé publique inquiètent l’ancien PDG de l’ASSSGÎM, Gilles Pelletier.

Les compressions éventuelles en santé publique inquiètent l’ancien PDG de l’ASSSGÎM, Gilles Pelletier. Photo : Johanne Fournier

GASPÉ – L’ex-président-directeur général de l’Agence de la santé et des services sociaux Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (ASSSGÎM) estime que Québec se « tire dans le pied » en coupant de 30 % les budgets dédiés à la Santé publique.

« Si c’est la direction qui est prise, j’ai un peu de difficulté avec ça », lance Gilles Pelletier, qui fut à la barre de l’ASSSGÎM d’avril 2008 à septembre 2012.

Il rappelle que la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine a fait le choix de privilégier la prévention au cours des dernières années, sur plusieurs volets de la santé. « Ce n’est peut-être pas là qu’il faudrait s’adresser s’il y a des compressions à faire. J’ose espérer qu’on n’ira pas dans ce sens-là. Ce serait dommageable », ajoute l’ancien PDG.

« Il faut changer la mentalité que le réseau de la santé est un réseau de conséquences. Il faut poser des gestes en prévention et il faut maintenir ça », poursuit M. Pelletier, ajoutant qu’il faut « regarder ailleurs ».

La ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, a relativité cette compression éventuelle, soulignant que sur l’ensemble du budget de la santé publique, cette coupe représente 6,6 %.

Loi 10 prévisible

La création du Centre intégré de santé et de services sociaux tel que proposé par le ministre de la Santé Gaétan Barette n’est pas quelque chose de nouveau aux yeux de Gilles Pelletier.

 « Je vous avouerais que c’est déjà une discussion qu’on avait eue avec les directeurs généraux de cette évolution qui pourrait apparaître à un moment donné », raconte M. Pelletier.
 
« Je m’attendais à ce qu’on en arrive à quelque chose qui ressemblera à ça. On aurait pu faire ça dans un contexte volontaire. Quand on l’avait mis sur la table à ce moment, ça aurait été plus facile que si c’était imposé », indique-t-il, ajoutant que c’est un « passage obligé ».

À la lecture du projet de loi 10, M. Pelletier n’a aucune idée si les économies pressenties se réaliseront.

« Quand on a mis en place la Régie régionale en 1993, il y avait une régie régionale et 24 établissements. Quand j’ai pris ma retraite en septembre 2012, il y avait une agence et sept établissements », dit M. Pelletier, soulignant qu’il y avait déjà un mouvement en ce sens.

« J’espère qu’on ne brasse pas les structures pour brasser les structures. J’espère qu’on arrivera à l’objectif qu’on souhaite qui est d’avoir des services intégrés », conclut M. Pelletier.

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