Coup d’envoi des Forums sur les hydrocarbures à Bonaventure

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Plus d'une soixantaine de personnes ont répondu à l'appel de la Conférence régionale Gaspésie-les-Îles.

Plus d'une soixantaine de personnes ont répondu à l'appel de la Conférence régionale Gaspésie-les-Îles. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Plus d’une soixantaine de personnes ont participé à la première séance des Forums sur les hydrocarbures lundi soir à Bonaventure. 

Alors que les forums avaient été suspendus après avoir connu un début chaotique au printemps dernier, le deuxième essai de la Conférence régionale Gaspésie-les-Îles (CRÉGÎM) a semblé être mieux reçu par les participants.

Rappelons que de nombreux citoyens avaient fortement remis en doute la légitimité de la première tentative de la CRÉGÎM, puisque Pétrolia versait, par l’entremise d’un partenariat avec l’Université du Québec à Chicoutimi, 40 000$ des 220 000$ que coûtait l’exercice. D’autres avaient par ailleurs reproché à l’organisme d’imposer une façon de faire, sans avoir consulté la population au préalable. 

Nouvelle formule

Cette fois, les forums ne sont pas financés par l’industrie pétrolière et ne visent plus à obtenir un consensus régional au sujet de la gestion des hydrocarbures. L’objectif est de créer «un espace de discussions» afin d’identifier les «les enjeux qui sont considérés comme les plus importants pour les Gaspésiens», a expliqué le vice-président de la CRÉGÎM, Joël Arseneau. 

Les élus pourraient s’inspirer des discussions

Même si les forums ne visent plus à mettre de l’avant une position régionale consensuelle, M. Arseneau espère qu’ils pourront inspirer les municipalités, les MRC et la CRÉGÎM au moment où elles devront prendre position au sujet de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures. «Tôt ou tard, elles auront à se prononcer par voie de résolution ou par un avis qui sera demandé par Québec. Alors si les enjeux sont discutés pendant un an, je crois que les instances décisionnelles de la région seront mieux outillées pour mettre de l’avant une position. Elles sauront de façon générale ce que les citoyens en pensent», dit-il.

Présent lundi soir, Luc Potvin, de la Coalition Éco-Vigilance Baie-des-Chaleurs, espère pour sa part que la tenue des forums mènera à une position régionale privilégiant le principe de précaution. «C’est bien beau discuté, mais en en fin de compte, il va falloir que nos élus se positionnent. Et on le voit ce soir, beaucoup de questions demeurent sans réponse, alors j’espère que la CRÉ recommandera à Québec la précaution», a-t-il déclaré, avant de préciser qu’il croit qu’un moratoire complet au sujet de l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures est nécessaire. 

Des interrogations, peu de réponses

Tout au long de la soirée, de nombreuses questions posées par les gens présents sont demeurées sans réponse, notamment au sujet de la gestion des matières résiduelles provoquées par les forages, des procédés chimiques utilisés lors des travaux exploratoires et des impacts économiques réelles reliées à l’exploitation des hydrocarbures.

Le directeur du Conseil de l’eau Gaspésie sud, Michel Chouinard, a par ailleurs fait remarquer qu’il n’existe aucune étude «exhaustive» qui dresse le portrait des eaux souterraines de la Gaspésie. «Dans un contexte où il y a  des opportunités de développement, où il y a des choix de société à faire au sujet des hydrocarbures, une bonne connaissance de notre sous-sol est nécessaire», a-t-il déclaré.

Les limites de l'exercice 

Le vice-président de la CRÉGÎM, Joël Arseneau, a reconnu que la tenue des forums ne permettra pas de répondre à l’ensemble des préoccupations citoyennes. «Nous n’avons pas cette prétention. L’idée est d’avoir une base commune pour lancer les discussions», a-t-il affirmé, avant d’ajouter que les enjeux identifiés par les participeront détermineront le contenu des prochains forums. «Pour l’instant, nous souhaitons lancer des discussions. Si les gens veulent aller plus loin sur divers sujets, nous le ferons lors des prochaines rencontres. Si les gens le demandent, nous pourrions faire appel à des experts», a poursuivi M. Arseneau. 

À venir

La première série de forums se poursuit mardi soir à Gaspé et jeudi aux Îles-de-la-Madeleine. Une deuxième série, qui traitera des enjeux identifiés par les participants cette semaine, se tiendra en juin. Une dernière conclura l’exercice au mois d’octobre.

Entre chaque série de forums, des ateliers de discussions citoyennes seront organisés par la CRÉ. Les citoyens sont par ailleurs invités à poursuivre le débat sur la plateforme Web des forums. 

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.