Affaires municipales et développement régional

Controverse autour d’une Place François-Mitterrand à Gaspé

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Lundi soir à l’assemblée municipale, promoteurs et opposants d’une Place François-Mitterrand ont exposé leurs arguments. L’historien Jules Bélanger est en faveur; la commerçante Ann Clements est contre.

Lundi soir à l’assemblée municipale, promoteurs et opposants d’une Place François-Mitterrand ont exposé leurs arguments. L’historien Jules Bélanger est en faveur; la commerçante Ann Clements est contre. Photo : Geneviève Gélinas

Gaspé souhaite baptiser «Place François-Mitterrand» un parc du centre-ville, pour rappeler la visite de ce président français il y a 25 ans. Des citoyens demandent plutôt que des bâtisseurs locaux soient mis à l’honneur.

Des bancs, des fleurs et une petite place pavée. En hiver, une simple étendue blanche. Le parc au coin de la rue de la Reine et de la rue Adams est quand même le sujet de conversation le plus prisé ces jours-ci à Gaspé.

L’automne dernier, l’organisme Patrimoine Gaspésie et son président, Jean-Marie Fallu, ont suggéré au conseil municipal de rebaptiser le boulevard Gaspé en l’honneur de François Mitterrand. La contre-proposition du maire François Roussy : baptiser plutôt le parc récemment aménagé, qui n’avait toujours pas de nom.

Déjà une rue de la Reine

Gaspé a déjà sa rue de la Reine en l’honneur d’Élizabeth II, qui a visité Gaspé le 21 juin 1959, souligne M. Fallu. «En décembre 1959, la rue principale était déjà rebaptisée. Les Anglais étaient vites sur la cartouche. Nous, ça a pris un peu plus de temps.»

Une Place François-Mitterrand permettrait de «rétablir un équilibre commémoratif» entre la présence britannique et la présence française, croit M. Fallu. L’appellation donnerait «une signature internationale» à Gaspé et «susciterait l’intérêt des Français», ajoute-t-il.

Des bâtisseurs de chez nous

Ann Clements, commerçante de la rue de la Reine, s’est présentée à l’assemblée municipale lundi soir pour exprimer son désaccord. «Il y a assez de monde en Gaspésie à honorer. Il faut commencer à parler de nous-mêmes, à se dire qu’on est bons, qu’on est beaux.»

Mme Clements préférerait que le parc porte le nom de bâtisseurs de Gaspé, plutôt que d’un président venu passer une seule journée. «Je veux au moins que la réflexion se fasse, parce que les gens sont déçus [du nom projeté]», dit-elle.

Le maire défend l’idée

«[François Mitterrand] a posé un geste de reconnaissance comme jamais aucun autre chef d’État étranger à Gaspé, a rétorqué le maire François Roussy. Depuis le temps qu’on essaie de faire reconnaître Gaspé comme le berceau du Canada, l’endroit où tout a commencé!»

Selon le maire, commémorer la visite du président «n’empêche pas» d’honorer les bâtisseurs. «Gaspé a déjà son aréna Luc-Germain et son aéroport Michel-Pouliot [deux Gaspésiens]», note-t-il.

Le projet Berceau du Canada, une reconstitution historique au bord de la baie au centre-ville, rappellera le souvenir de plusieurs bâtisseurs locaux, ajoute le maire.

La Commission de toponymie du Québec a déjà donné son accord à la «Place François-Mitterrand». Toutefois, la municipalité peut toujours reculer, assure M. Roussy. «On est toujours en réflexion, on cherche un terrain d’entente», dit-il.

Une chose est sûre, le 26 mai, on commémorera le passage de François Mitterrand à Gaspé.

Des tireurs d’élite sur la polyvalente

Le 26 mai 1987, François Mitterrand a atterri à l’aéroport de Gaspé. Il a déposé une gerbe de fleurs à la Croix de Jacques Cartier et prononcé un discours au Monument-à-Jacques-Cartier, près du Musée de la Gaspésie. «Son discours, écrit par Jacques Attali, devait durer quatre minutes, se souvient l’historien Jules Bélanger, présent lors de la visite. Finalement, il a parlé pendant vingt minutes et n’a jamais sorti le discours de sa poche!»

Jean-Marie Fallu, directeur du Musée à l’époque, se souvient de l’ampleur du dispositif de sécurité. «Il y avait des tireurs d’élite sur le toit de la polyvalente [face au Musée], et des hélicoptères qui volaient dans les environs pendant le discours du président.» L’été suivant, les touristes français étaient en plus grand nombre qu’à l’habitude au Musée, note M. Fallu. «Ils voulaient voir d’où Mitterrand a fait son discours.»

Après Gaspé, M. Mitterrand est parti pour Percé, pour un dîner à l’auberge du Gargantua, tenu par un Breton et une Normande, le couple Péresse. André Beaudin, député libéral de Gaspé en 1987, se rappelle un dîner en tête-à-tête «sous bonne garde» entre François Mitterrand et deux Gaspésiens : le péquiste René Lévesque et le libéral Gérard-D. Lévesque.

16 commentaires

Charles Bouchard a écrit le 2 mars 2012

Je suis entièrement d'accord avec M.Fallu et la Société de toponymie.Toutefois,il ne faut être chauvin ( je n'ai pas dis (mesquin ) et amnésique, au point de ne pas se souvenir de notre passé.Les ancêtre du Présitent Mittérand n'ont pas brulée Gaspé que je sache,n'en déplaise à Mme.Clementts qui aime bien les batisseurs.Je n'ai jamais vus de parcs ou de rues en France ou en Hollande baptisés du patronyme Adolf Hitler.Par contre,j'ai vus beaucoup de rues et de place qui portent des noms de nos chansonniers,et anciens premier ministre du ququébec.( ex: rue Dolbeau et René Lévesques.

P-Marc Boulay a écrit le 22 février 2012

J'aurais compris le tollé si on avait voulu commémorer Hitler ou Mussolini! Viande, c'est Mitterrand, un président qui avait certain ses travers comme nimporte quel autre président ou premier ministre, mais qui a pris la peine de venir en Gaspésie pour nous dire qu,on était important pour la francophonie en amérique! D'accord avec M.Tardif, le geste symbolique au niveau international est ben plus important que les éléments discutable de sa politique intérieure! En France, quand on a nommé la place René-Levesque (à St-Malo je pense), malgré les travers de notre PM, qui là-bas s'est levé pour lever un tollé? Personne. parce que'on reconnaissait tout ce que cet homme avait fait pour les relations Quebec-France... ¨Ca devrait être la même affaire ici... On devrait être fiers d'avoir reçu un grand président francais et arrêter de se chicaner là-dessus. ¨Ca sert à rien de se chicaner car c'est le chicane qui a coulé la Gaspésie. On est capable d'être plus constructifs que ça et, si on veut mettre en valeur nos gens d'ici, d'arriver à notre tour avec des propositions de place, de rue ou d'autres affaires à nos conseils municipaux de chacun de nos villages! Ces pas compliqué! 1+1 ça fait 2! On peut avoir Miterrand a une place pis les bâtisseurs partout ailleurs, mais arretons de nos chicaner! Notre division profite toujours a nos ennemis, et c'est pas pour rien que la Gaspésie a creusé depuis des années. Serrons-nous les coudes et avançons ensemble au lieu de tout le temps se chicaner!

Jérôme Tardif a écrit le 22 février 2012

@Mme Herrera, en nommant le parc au nom de M. Mitterand, on souligne sa présence à Gaspé dans le cadre d'une visite officielle. Un geste pas banal en politique internationale, surtout pour une ville comme Gaspé. Je ne crois qu'il est question de cautionner, ou non - ni même de donner un avis - sur ses réalisations en politique intérieure. Pour ce qui est de la place des Nations, je crois (?) qu'il y aura quelque chose de très semblable dans le projet Berceau du Canada, et de plus grande envergure. Une très bonne idée. Et ne tombons pas jusqu'à ressortir des noms comme Pétain, même si j'ai bien compris l'ironie qui se dégage de ce commentaire ;-). Bref, il y aura de la place pour réaffirmer la vision et la réalité internationale et multiculturelle de l'histoire de Gaspé dans le projet Berceau du Canada.. des noms qui seront beaucoup plus à leur place qu'à cette petite place de 25' x 30' comme le mentionnait M. Lévesque dans un commentaire précédant...

Christine Herrera a écrit le 22 février 2012

J’appuie entièrement la démarche en cours, je la comprends, je l’appuie. Ouverture sur le monde, carrefour des nations, internationalisme sont des thèmes très porteurs et prometteurs pour Gaspé. Reconnaissance par un chef d’État français du berceau du Canada. C’est parfait. Alors, pourquoi ma première réaction a été celle de tomber de ma chaise? Pourquoi, je suis convaincue que ce n’est toujours pas un bon choix, même après avoir écouté les arguments des protagonistes? Pourquoi mon entourage me dit, « On comprend tout ça, mais ça fait bizarre quand même »? Oui, ça fait vraiment bizarre. Ce petit quelque chose qui vous titille vous aussi, j’en suis certaine me fait douter. Tout d’abord, et plusieurs l’ont affirmé, dont François Roussy, lui-même, ne connaissaient pas François Mitterrand. Quelle ironie si ce nom ne parle déjà pas aux propres citoyens de Gaspé, et demain? À certains Français déjà établis ici et à ceux à venir, c’est un nom qui ne s’associe pas seulement à la Pyramide du Louvre, à la Bibliothèque Nationale de France mais s’entoure aussi d’un parfum de polémiques et de scandales. Je crois surtout qu’il y a beaucoup d’ignorance sur le parcours et les mandats de ce président. S’il vous plaît, si vous preniez le temps de vous informer et ne pas vous faire aveugler par des arguments qui font jolis. C’est bien de vouloir se péter les bretelles avec des grands noms officiels mais, c’est bien aussi de regarder ce qu’il y a derrière le personnage (moi j’ai entendu parlé d’un Rainbow Warrior, d’un génocide au Rwanda…Vichy… mais je m’intéresse et comprends si peu à la politique). « Gros bon sens », choix « très sain », dit monsieur Jules Bélanger? François Mitterrand n’est pas un homme, en France, qui a fait l’unanimité – mais ça, en politique, ce n’est pas une surprise, où ai-je donc la tête? – je ne pense pas qu’on puisse dire aussi qu’il ait vraiment été un homme rassembleur et autour de lui, se sont agglutinés de nombreuses zones d’ombre qui n’ont vraiment pas eu l’effet de rendre fiers les Français. Un nom rassembleur qui reflète la réalité des peuples, de leur histoire, de leur présent et futur? Alors, sur la petite liste, j’ajoute Place des Nations! À laquelle pour satisfaire, nos inspirés du moment, alors oui, on peut annexer une plaque commémorative en l’honneur du geste historique de François Mitterrand, ce qui en apprendrait en outre bien plus à tout le monde. Place des Nations, réunirait non pas 2 peuples fondateurs, mais Les peuples, apportant par la même, une reconnaissance aux Premières Nations, souvent hors portrait, sans oublier le peuple croisiériste multinational-iste. OK, à quelques semaines du 2e Sommet de la Francophonie à Québec, c’est bien qu’il soit venu faire son petit tour ce monsieur et qu’on lui ait préparé un bien beau discours emprunt des bonnes choses à dire, ça fait plus crédible, la preuve. Une chance que ce ne soit pas un Pétain, un Sarkozy, qui soient passés par là, leur aurait-t-on érigé une petite statue? Oups, je parle peut-être un peu prématurément! Il faut s’allier, oui, au monde, aux peuples, mais il faut aussi et surtout choisir ses alliés. C’est pas ça qui fait la grandeur et le courage d’un peuple? Au fond, ce qui pense comme moi, si cela nous dérange autant, nous n’aurons qu’à détourner notre regard de la plaque car ce dossier n’est, au fond, rien qu’une « pécadille » comme vous l’avez mentionné, qui interpelle, je pense, quelques gens, simplement dans leur identité profonde, leur passé et leur relation au territoire, à l’espace qu’ils occupent, à la jonction des époques et peut-être dans leur fierté d’être Gaspésien. Si on sait qui on est, a-t-on autant besoin de crier notre reconnaissance? J’ai un profond attachement à la Gaspésie depuis que j’y ai mis les pieds, en 1993. Un jour, j’ai appris que Jacques Cartier avait pris possession du territoire un 24 juillet, en France, c’est le jour de la « Sainte-Christine », alors, j’ai souri. Car je m’appelle Christine et j’ai l’impression de ne pas être née sur le bon continent, je précise, la France.

Bernard Tremblay a écrit le 22 février 2012

Gaspé! C'est là que tout a commencé pour les français en terre d'Amérique. Chapeau! au conseil municipal pour leur projet de nommer un parc au nom de François Mitterrand... Gaspé envoie ainsi un message très fort de reconnaissance au peuple français dont nous sommes pour une grande part les descendants...

Sandra Blais a écrit le 22 février 2012

Au départ, je me questionnais sur ce choix, mais expliquer si clairement par les historien et avec les explications reprisent par Mrs Levesque Tardif et Gagné, j'avoue que c'est evident qu'il faut commemoré ce grand personnage dans une place à côté de la place qu'on a donné à la reine, une personnage équivalante. Pour moi, c'est l'evidence même, maintenant que c'est bien expliquer.

Martin Levesque a écrit le 21 février 2012

M. Eden... J'oubliais, Gaspé a aussi sa rue Eden, en l'honneur de vos ancêtres qui ont contribué à bâtir Gaspé et de qui nous devons être collectivement fiers, comme tous nos autres bâtisseurs qui méritent une place de choix dans un endroit à la hauteur de leur contribution à notre société : le site Gaspé Berceau du Canada. Mitterrand à côté de la Reine ; nos bâtisseurs sur le site historique de la Pointe O'Hara! Complémentarité et unicité!

Martin Levesque a écrit le 21 février 2012

À Tom Eden. "Parc plus en vue de Gaspé" est un bien grand honneur pour ce nouveau petit parc d'à peu près 25' x 30' qui a remplacé une station-service qui jurait dans le paysage depuis un bout! Le projet Berceau du Canada est d'un bien plus grand honneur pour honorer nos bâtisseurs d'ici... sans compter que nos bâtisseurs d'ici sont beaucoup honorés au niveau des noms de places comme l'école C-E-Pouliot, l'aréna Luc Germain, les nombreuses rues comme Adams, Mgr-Ross, Mgr-Leblanc, Jacques-Cartier, Baker, Carter, Davis, Wakeham, Douglas, Haldimand, Pouliot, Morin, Chrétien, Bechervaise, Radisson, Guignion, O'Hara, Painchaud, LeBouthillier, etc., l'aéroport Michel Pouliot, le centre de ski Mont Bechervaise, le Pavillon Mgr-Ross, le Pavillon René-Lévesque, etc.! Au niveau démocratique, le conseil municipal, élu démocratiquement par la population, a pris position. Si les gouvernements allaient en référendum populaire sur toutes leurs décisions, on n'avancerait pas! Donc, vivement une reconnaissance digne de ce nom à un grand homme qui a su nous donner une reconnaissance internationale!

Jérôme Tardif a écrit le 21 février 2012

Je me positionne en faveur de ce choix de nom pour, principalement, trois raisons. Premièrement, il faut saluer l'INITIATIVE prise par un groupe de citoyens de Gaspé qui n'ont pas attendu d'être sollicités, mais qui ont proposé ce nom en nous rappelant un évènement important s'étant déroulé dans la Ville de Gaspé. Évènement dont plusieurs ne s'en souvenait plus ou tout simplement n'était pas au courant. Deuxièmement, nous avons encore beaucoup d'endroits à nommer et beaucoup de gens à honorer (gaspésiens ou non) qui ont marqué à leur façon la Gaspésie. C'est pourquoi je propose de former un comité consultatif sur la toponymie qui pourrait repérer ces endroits et récolter les suggestions de noms pour en faire l'analyse et la proposition au Conseil municipal le cas échéant. De plus, il ne faut pas oublier que nous avons également déjà beaucoup d'endroits qui honorent des personnes importantes de notre patrimoine gaspésien. Troisièmement, le choix de Mitterrand, quoique surprenant à première vue, constitue comme il est mentionné dans l'article, un choix totalement sensé pour Gaspé d'un point de vue historique. Le fait que M. Mitterand se soit déplacé à Gaspé pour prononcer un discours officiel n'est pas anodin, mais témoigne plutôt de l'importance historique du geste posé par Jacques Cartier 453 ans avant sa visite! M. Mitterand réaffirme, par sa présence et son discours officiel, et puisqu'en politique internationale chaque action est calculée et à son sens symbolique, la reconnaissance de l'acte fondateur de Jacques Cartier. Il s'inscrit donc en parfaite logique et en parfaite continuité avec le riche héritage historique de notre ville. En terminant, puisqu'il y aura maintenant un nom français et un nom anglais sur la rue principale de Gaspé (rue de la Reine et Place François-Mitterand), ne pourrions-nous pas imaginer un projet et une reconnaissance pour les premières nations à proximité de cette rue? Je suis certain que la communauté de Gespeg pourrait alimenter les réflexions à ce sujet...

Tom Eden a écrit le 21 février 2012

Pourquoi tenir mordicus à nommer cet endroit en honneur d'une personne? Pourquoi ne pas y apposer un nom qui ratisse plus large et qui cause moins de controverse? Oui, la visite de M. Mitterrand mérite d'être commémorée. Mais de nommer le parc le plus en vue de la ville? Et au delà du bien-fondé ou non du choix de ce nom, une chose est claire, l'administration municipale a bousillé une occasion en or pour faire de ce projet un qui ce veut rassembleur. Ce manque de leadership a fait que Gaspé a passé à côté d'une opportunité d'impliquer tous ses citoyens dans la prise d'une décision qui certes ne fera jamais l'unanimité, mais qui au moins aurait eu le mérite d'en être qui reflète une des valeurs fondamentales des gaspésiens, la démocratie.

Tom Eden a écrit le 21 février 2012

Pourquoi tenir mordicus à nommer cet endroit en honneur d'une personne? Pourquoi ne pas y apposer un nom qui ratisse plus large et qui cause moins de controverse? Oui, la visite de M. Mitterrand mérite d'être commémorée. Mais de nommer le parc le plus en vue de la ville? Et au delà du bien-fondé ou non du choix de ce nom, une chose est claire, l'administration municipale a bousillé une occasion en or pour faire de ce projet un qui ce veut rassembleur. Ce manque de leadership a fait que Gaspé a passé à côté d'une opportunité d'impliquer tous ses citoyens dans la prise d'une décision qui certes ne fera jamais l'unanimité, mais qui au moins aurait eu le mérite d'en être qui reflète une des valeurs fondamentales des gaspésiens, la démocratie.

Pierre-Paul Gagne a écrit le 21 février 2012

Le geste historique de reconnaissance fait par Mitterrand en 1987 à l'égard de Gaspé mérite qu'à notre tour, nous lui offrons reconnaissance. Il est le seul président de pays à nous avoir reconnu, le peuple gaspésien, comme bâtisseur de la francophonie en Amérique du Nord et à avoir reconnu officiellement que nous sommes le berceau de l'Amérique française... Combien de villes peuvent de targuer d'une telle visite ou d'une telle reconnaissance, outre Gaspé? Aucune... Il mérite reconnaissance, et une reconnaissance à la hauteur de le celle qu'il nous a donné : rien de moins! Que les opposants prennent le temps de se renseigner avant de s'opposer... Merci!

Lise Dupuis a écrit le 21 février 2012

«Place François Mitterand» ! Cette dénomination possible du nouveau parc à Gaspé, m'éloigne de la réalité gaspésienne au plus haut point. Que Gaspé, en 1987, ait eu l'honneur de recevoir ce politicien français, c'est une chose, mais que Gaspé veuille en garder la mémoire vive pour longtemps, cela m'étonne. Qu'est Mitterand pour le citoyen gaspésien ? On peut vouloir valider notre invitation aux amis français en insérant le nom d'un-e compatriote dans notre toponymie. C'est une idée ! Il me semble alors qu'il serait bien d'aller chercher là où le-la Gaspésien-ne retrouve la France : dans sa littérature, dans sa musique et dans ses chansons d'hier et d'aujourd'hui. C'est une autre idée ! Et celle-là, elle me plaît beaucoup.

Martin Levesque a écrit le 21 février 2012

De mon côté, je suis en accord avec cette dénomination, puisque Mitterrand fut un grand président français et qu'il fut le seul Chef d'État étranger (la Reine n'est pas étrangère car elle est notre chef d'état) à visiter Gaspé et la Gaspésie de toute notre histoire! Il est venu, en 1987, reconnaître Gaspé et la Gaspésie comme le berceau du pays, par un geste officiel, en rappelant les traces des Jacques Cartier! Lisez son discours si vous voulez en apprendre davantage, c'est très inspirant! @ Doris Thibault : Paris a sa place Félix Leclerc, un pur Québécois. St-Malo, toujours en France, a une place René-Lévesque. Aux Monts des Cats (Nord-Pas-de-Calais), au nord de la France, il y a une place Vanier, en l'honneur de Sir Georges Vanier, un autre Québécois... Les exemples sont multiples! J'ai entendu le maire de Gaspé dire que sa Ville avait reconnu, dans de multiples lieux et rues (aréna, aéroport, etc.), et allait continuer de reconnaître (projet Berceau du Canada prévu pour 2012-2013) les grands bâtisseurs de Gaspé et de la région, ainsi que la période du port franc où il y a un une dizaine de consulats... @Madame Herrera : Personne ne prétend que Mitterrand était parfait, pas plus que Sarkozy, Chirac ou de Gaulle ne le sont ou ne l'ont été. Même chose au Québec : Bourrassa a eu ses détracteurs, Lévesque aussi, Trudeau aussi, ainsi que Mulroney ou Parizeau! Par contre, ce qui est souligné ici, c'est le fait que Mitterrand est le seul Chef d'État étranger à avoir pris le temps de venir souligner l'importance historique de Gaspé dans les relations Québec-France depuis 1534, et que Gaspé est le Berceau du Canada et du Québec... C'est ça le geste important qu'il faut souligner et qui doit nous rendre fiers, comme peuple gaspésien! Bref, la mise en valeur d'un grand moment historique mettant à l'avant-plan un visiteur honorable, n'exclut pas la mise en valeur de nos bâtisseurs et de nos grands pans d'histoire régionale! L'UN N'EXCLUT PAS L'AUTRE, de dire le maire Roussy... Et je ne sais pas pourquoi, mais je lui fais confiance!

DorisThibault a écrit le 21 février 2012

Èntièrement d'accord avec Madame Herrera. Comme disais M. André J. Gérard sur facebook.....Si on leur suggérait (aux français) par exemple de baptiser un parc de Paris au nom de Robert Bourasse ou René Lévesque....pas sûr. Bien voilà, on a plein de personnes nous aussi au Québec qui sont allées en France et on n'a jamais obligé Paris ou autre arrondissement à prendre un nom d'un des nôtres pour le donner à un parc ou autre. Gaspé n'a pas été fondé par M. Mittérand, on a plein de bâtisseurs et fondateurs à honorer avant Monsieur.

Christine Herrera a écrit le 21 février 2012

Je ne suis pas certaine que ce soit la bonne méthode pour offrir fierté, grandeur et rayonnement à une ville si merveilleuse de nature et d'histoire et à sa population métissée. Étant moi-même d’origine française, je suis estomaquée, et choquée. Je suis atterrée et je trouve que quelques pas sur le sol gaspésien d’un président français, piétine plutôt le processus démocratique du choix du nom d’une place qui appartient à toutes et à tous. En tout cas, la chose s’est déroulée plutôt rapidement et dans la discrétion. Je ne connais pas assez bien les mots pour m’exprimer mais s’ils me venaient facilement il ne saurait pas refléter toute la colère que je ressens. Non M. Fallu, en dehors de toute allégeance politique, ce « rétablissement commémoratif » ne suscite vraiment pas mon intérêt de Française expatriée. Je ressens plutôt de la honte. C’est un non-respect pour les Gaspésiens. Je suis profondément déçue.

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