Cimenterie

Construction du silo de cru : une décision au début de novembre

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Le silo de cru est le plus gros des silos, celui sur la gauche. La photo a été prise le 27 septembre, la veille de l'arrêt de la coulée de béton.

Le silo de cru est le plus gros des silos, celui sur la gauche. La photo a été prise le 27 septembre, la veille de l'arrêt de la coulée de béton. Photo : GIlles Gagné

PORT-DANIEL – La firme Ciment Mcinnis devrait décider au début de novembre de quelle façon elle réglera le problème technique qui a mené le 28 septembre à l’arrêt de construction du silo de cru de la cimenterie de Port-Daniel.

Un problème d’arrimage entre le béton et l’armature d’acier a été détecté dans la partie supérieure du silo de cru, un espace d’entreposage devant recevoir le mélange destiné à l’unité de préchauffage. Cet acier sert à armer le béton, c’est-à-dire à le rendre plus fort.
 
« La coulée a été arrêtée parce que l’arrimage est moins fiable entre l’armature et le béton (…) Des carottes (de béton) ont été prélevées par le haut (…) Elles seront soumises à des analyses par des firmes spécialisées », explique la porte-parole de Ciment McInnis, Florence Gauthier.
 
La coulée du silo de cru était rendue à la moitié de la hauteur qu’aura cette structure une fois terminée.
 
« Le problème ne s’applique qu’aux quatre à six derniers pieds de la coulée (…) On ne sait pas s’il y aura quelques pieds à démolir avant de reprendre la coulée, mais il n’est pas envisagé de démolir le silo. Ce silo, comme les autres, est coulé en continu, mais il arrive que l’opération soit interrompue et ça ne signifie pas la démolition de ce qui a été fait. Il existe des façons de reprendre la coulée », précise Florence Gauthier.
 
Ciment McInnis cherchait à terminer avant la fin de l’année cinq des neuf silos dont elle aura besoin pour l’exploitation de sa cimenterie. La coulée d’un second silo, appelé « hors norme » par la firme, est terminée et les travailleurs s’affairent à poser sa toiture. La coulée du premier des trois silos de clinker a commencé cette semaine. Les trois unités devraient être terminées avant la fin de 2014.
 
« Il est possible que la coulée du silo de cru ne soit reprise qu’au printemps », note Florence Gauthier. L’arrêt affecte environ 50 travailleurs du chantier. Il y en avait 301 cette semaine sur le chantier.
 
De plus, « contrairement à ce qui a été véhiculé par d’autres médias, la qualité du béton utilisé par le fournisseur Béton Provincial n’est pas en cause » pour le silo de cru, insiste Florence Gauthier.
 
Le ciment utilisé par Béton Provincial pour fabriquer son béton est importé de Corée du Sud.
 
Béton Provincial a d’ailleurs émis un communiqué jeudi pour « rectifier les faits », note la compagnie dans sa missive. « Lier la qualité d’un ciment à son origine coréenne relève de la mauvaise foi et d’une équation des plus simplistes, car ce ciment répond parfaitement aux normes de notre industrie », précise la direction de Béton Provincial.
 
Lors de la diffusion de l’émission Infoman, à Radio-Canada, le 16 octobre, le porte-parole de l’Association canadienne du ciment, Michel Binette, a d’autre part indiqué qu’il était surprenant que, dans un projet appuyé de façon importante par des fonds publics québécois, le ciment utilisé pour faire le béton de la cimenterie de Port-Daniel ne vienne pas du Québec, alors que la capacité de production de l’industrie n’est utilisée qu’à 60 %.
 
Le 15 octobre, le Conseil régional de l’environnement de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (CRE) s’est retiré du comité de suivi de Ciment McInnis en raison du « manque de transparence » de la firme, qui a refusé de fournir un ensemble de 300 questions et réponses faisant partie d’un échange entre le ministère de l’Environnement et les experts de la compagnie. Le CRE, qui a tenté sans succès d’avoir les documents par la Commission d’accès à l’information, s’est aussi fait refuser la simple liste de questions.
 
« Les gens pensent que c’est extrêmement simple. Ce n’est pas “une question, une réponse”. Certaines questions sont prises en note et la réponse vient plus tard. Ce serait un charabia, ce serait terrible de tout donner ça. On aime mieux diffuser l’information ordonnée sur notre site internet. Ce sont des engagements (environnementaux) que le ministère accepte, puisqu’il nous a délivré les certificats requis pour construire la cimenterie », explique Florence Gauthier.
 
Sur la question des présumés rabais de tarifs d’électricité, elle conclut que Ciment McInnis ne reçoit aucun rabais sur ses tarifs d’électricité et est assujettie aux tarifs industriels d’Hydro-Québec, ce qu’a confirmé la société publique dans le passé.

6 commentaires

Gaston Langlais a écrit le 26 octobre 2014

Bon dimanche, Je me dis avec grande joie que les "charrieux" peuvent charrier mais tous les dossiers importants de développement économique en Gaspésie sont et seront supportés par 99.9% de la population. Gaston Langlais - Gaspé.

Michel L. Fréchette a écrit le 26 octobre 2014

La fierté locale semble toujours écorchée et s’alimente en s’irriguant de situations plus pendables ailleurs ou de réalisations douteuses observées sous d’autres cieux. Croyant bien faire, on se compare à pire sans véritable mesure avec les paramètres sur les différents ouvrages cités alors qu’on nous annonce un bijou de technologie avec des performances rencontrant les exigences du futur. Probablement qu’on avait prétendu la même chose pour Tchernobyl en Ukraine. À ce petit jeu des comparables et des pires, on devrait s’attendre à ce que si un convoi ferroviaire plein de pétrole d’ailleurs déraille entre Routhierville et Ste Florence, nos bardes de service viendront prétendre que ce serait moins dramatique qu’au Lac Mégantic pour justifier l’approche défendue. Devrions-nous être rassurés pour autant même si des wagons même vides circulaient entre Matapédia et Gaspé sauf pour quelques aventures touristiques durant l’été? Le fait d’adopter une telle approche ne vient pas grandir l’œuvre. Ce faisant, on fracture lentement l’esprit de chacun à la non-maîtrise du risque dans une tâche d’ingénierie qui devrait être sous plein contrôle même dans sa complexité. Au fait, on coule du béton dans une cimenterie, l’aurions-nous oublié? Disons que la pomme ne devrait pas tomber trop loin de l’arbre. Les arguments présentés dans cet épisode d’approche en silo justement, dépeignent une fragilité autant de la conviction d’avoir un processus qui se tienne debout que le résultat final à savoir, de produire du ciment d’exportation qui aboutira peut-être un jour…en Corée du Sud. En lien avec l’article, la porte-parole de l’entreprise aura beau chanter sur tous les accords des explications qui ne semblent pas plus coller à la réalité que le béton à l’armature, elle fait un travail admirable pour sauver l’image dans la tempête actuelle et surtout future. Le financement est pour le moins bancal, l’acceptation sociale intéressée repose sur la fragilité des émotions, le test de la pertinence environnementale a été évacué dès le début pour des motifs trébuchants, l’assise d’une véritable concurrence se voit contestée jusqu’aux États-Unis, l’authentique rentabilité à terme d’une telle usine se profile comme peu probable. Au fait, serait-elle cotée en bourse? Pourra-t-on assurer cette merveille sans procéder à des examens plus avancés? Ce n’est pas parce que c’est en Gaspésie dans une zone dévitalisée qu’on se doit de jeter aux ordures les garanties qui régulent la force et l’assise du capitalisme aveugle. Bienvenue dans le multinational et non la petite politique locale. Si l’entreprise est un filet social pour 400 personnes, disons-le clairement et arrêtons de faire du déni. On aura rarement vu J.R Dufort (INFOMAN) se transformer en René Lévesque dans l’émission Point de mire (R-C 1956-59) en abordant la démonstration sur tableau vert. Ce n’est pas dans son habitude car il laisse allégrement ses « héros » se ridiculiser et se mettre les pieds dans la bouche. Après Cacouna et la cimenterie, on devrait s’attendre à ce que l’émission fasse escale à Haldimand et qu’on vérifie si effectivement, tout ce qui se profile à l’est de Québec a réellement un avenir. Ce sera une raison de plus d’abandonner trains, autobus, quais, ports, phares et autres bébelles qui servent à tous pour quelques projets de sécurité maritime dans la perspective annoncée des grandes catastrophes. Des promoteurs locaux avec des idées intéressantes et un appui financier légitime sont abandonnés au profit de sur-financements pour des élucubrations qui vont hypothéquer lourdement notre futur collectif sans compensations véritables ou avantages concrets, tout cela pour l’escarcelle de promoteurs étrangers qui n’ont rien à cirer de nos valeurs et de nos talents et encore moins de notre qualité de vie. Pendant que tout se fige, notre bon gouvernement s’en va au pays de l’Empire du milieu pour vendre ce qui a déjà été pillé Premières Nations. Alors, si on veut se comparer aux pires, allons vers les vrais pires (Guinée dans son courage, Sierra Léone et Libéria dans la tourmente et autres endroits où même les pierres n’ont plus la paix).

Jean-Francois Samuel a écrit le 24 octobre 2014

Les infrastructures sont de mauvaises qualite partout au Quebec, seulement ou il y en a plus, ca parait plus.

Dany Brown a écrit le 24 octobre 2014

4 mars 2012, une poutre de 8 mètre X 12 mètres, du stade Olympique , pesant plusieurs tonnes, s'effondre dans le stationnement souterrain du stade.....300millions juste pour garder fonctionnel le Pont Mecier avant qu'on décide ce qu'on fera avec......4 février 2012, un paralume de plusieurs tonnes, tombe sur la chaussée du tunnel Viger, ce n'est pas du clinker qui circule sous le viaduc, se sont des automobilistes....on pourrait en citer encore longtemps, sauf que dans la grande Ville, des événements comme ceux là, est aussi courant que les chats écrasés dans la ruelle

Jean-Francois Samuel a écrit le 24 octobre 2014

Un viaduc pour le prolongement de la 20 à l'Ile verte doit être partiellement démoli du a des problèmes de qualité. Ça non plus on en entends pas trop parler... http://cimt.teleinterrives.com/nouvelle-Regional_Demolition_partielle_d_un_viaduc_neuf-14219

Gaston Langlais a écrit le 24 octobre 2014

Bonjour, Une petite fissure dans la construction d'un silo à Port-Daniel et c'est presqu'une catastrophe nationale. Dans la région de Montréal, trois viaducs flambant neufs n'ayant jamais servi devront être démolis si ce n'est déjà fait. Qui en parle? Personne, ça se passe è Montréal ou le gaspillage et le vol sont la norme. Gaston Langlais - Gaspé.

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