Affaires municipales et développement régional

Un conseil municipal sans papier à Bonaventure

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
La Ville de Bonaventure a présenté mercredi son virage communication lors d'une conférence de presse.

La Ville de Bonaventure a présenté mercredi son virage communication lors d'une conférence de presse. Photo : Roxanne Langlois

À l’instar de plusieurs villes gaspésiennes, comme Maria et Carleton-sur-Mer, la municipalité de Bonaventure a maintenant un conseil sans papier.

La disparition du papier au conseil municipal fait partie du «virage communication» entrepris par la Ville il y a un an et annoncé mercredi en conférence de presse.

Dorénavant, tous les documents nécessaires à la tenue des assemblées publiques, comme l’ordre du jour, les procès-verbaux et les rapports de dépenses, sont numérisés et les élus sont dotés d’un ordinateur portable. Les documents imprimés sur du papier demeurent disponibles pour les citoyens.

La Ville de Bonaventure met aussi à la disposition des élus, des employés et des citoyens des outils de partage en ligne.

Cette nouvelle façon de faire, croit la municipalité, permettra d’améliorer grandement l’efficacité des communications autant à l’interne qu’à l’externe. «Entre les élus et les employés, ça nous permet d’être plus rapides, plus efficaces. Et à l’externe, ça permet aux citoyens de mieux suivre les activités de la municipalité», explique le conseiller municipal Serge Arsenault, tout en ajoutant que ce virage contribue à réduire l’utilisation de papier.

Au cours de la prochaine année, la Ville prévoit élaborer une politique de communication pour faciliter l’utilisation et l’appropriation de ces nouveaux outils et aussi pour améliorer les assemblées publiques. «On remarque que ce n’est pas toujours évident de comprendre tout ce qui se dit lors des assemblées. Alors des efforts seront déployés pour vulgariser le langage municipal. Le but est de prendre le temps de mieux expliquer les enjeux aux citoyens», poursuit M. Arsenault.

Un vaste virage

Parmi les autres initiatives de cette nouvelle approche, se retrouvent l’embauche d’une ressource permanente spécialisée en communication, Odrée Robichaud. Le premier mandat de cette dernière a d’ailleurs consisté à élaborer le virage.

Les premières réalisations de ce plan ont été la refonte complète du Courant, le journal municipal, pour en faire un magazine trimestriel et la mise en ligne du nouveau site Web de la Ville. La municipalité assure aussi une présence importante sur Facebook et produit un bulletin d’information mensuel.

De l’avis de Serge Arsenault, toutes ces mesures font de Bonaventure une ville «innovatrice» et lui permettent d’entretenir un dialogue plus transparent avec ses citoyens. «Depuis quelques années, le monde de la gestion municipale a mauvaise presse en raison de plusieurs scandales. En adoptant ce virage, on veut démontrer toute notre transparence», indique-t-il, assurant qu’il ne s’agit pas d’un moyen de contrôler l’information de la municipalité. «Au contraire, on souhaite mieux communiquer.»

1 commentaire

Michel L. Fréchette a écrit le 10 avril 2012

Bravo à ces élu(e)s et au personnel administratif de nos villes gaspésiennes qui s'inscrivent dans l'ordre des technologies qui facilitent le dialogue et le rapprochement avec leur population. Cela ira inévitablement dans les deux sens et renforcera le lien de confiance, fondement de la démocratie. Nul doute que le fait de souscrire à une telle démarche rend compte du cheminement qui lui a donné naissance. Très certainement que les autres étapes qui découleront de cette percée viendront nous donner une image d’ouverture, de dynamisme et de respect des institutions. J’invite nos autres villes et municipalités qui sont en retard à poser des gestes dans le même sens et à accélérer la mise en œuvre des technologie dans leurs actions quotidiennes. Ainsi, compte tenu de l’expatriation de notre population, le vote électronique devrait être admis, des consultations publiques faciles à organiser, des redditions de comptes disponibles en tout temps dans des versions claires et parlantes, des sites Internet plus faciles à consulter et de meilleure facture, un archivage dynamique sur les décisions antérieures. Tout le contraire de ce que nous avons malheureusement dans plusieurs de nos villes où plusieurs conseillers et conseillères expriment de véritables lacunes et faussent le jeu démocratique par leur désengagement et leur ignorance des connaissances qu’il leur faut maîtriser pour assumer leurs tâches. Outre leur bonne volonté, leurs instruments sont le crayon à mine, l'absence de références, leur culture immédiate, leur intérêt souvent personnel et le décalage avec le reste de la planète qui ne se trouve pas plus loin que Rimouski ou Québec. En fait, plusieurs de ces élu(e)s ressemblent de moins en moins à leurs administrés qui eux, voyagent, étudient, échangent, comparent et font partie de circuits ouverts. Observés derrière les grilles du Conseil de ville, plusieurs de ces élu(e)s sont insécures, muets, craintifs, incapable d’exprimer les motifs de leurs décisions une fois interpellés par le citoyen. La facilité avec laquelle ils vous offriront l’argument que des élections, c’est à tout les 4 ans et qu’entretemps, c’est la démocratie qui leur autorise la gouvernance à l’abris du regard du payeur de taxes en font des adeptes d’une secte encore plus fermée que la Scientologie ce qui génére automaitquement la méfiance chez le moins conscientisé des citoyens. Toutes les villes et municipalités du Québec relèvent des mêmes obligations par rapport à leur population et fonctionnent sur la même monnaie qui n’est pas dévaluée parce qu’elle se dépense à Percé plutôt qu’à Laval ou à Sherbrooke. Nos élu(e)s et le personnel municipal se doit d’être encore plus compétent en région du fait qu’ils sont moins nombreux pour rencontrer les mêmes exigences des citoyens actuels et surtout, futurs dans cette concurrence pour le recrutement de payeurs de taxes. À Percé, on doit admettre qu’on est encore bien loin du compte alors qu’il s’agit d’une ville qui se prétend de qualité internationale. On en est encore à se déplacer à l’Hôtel de ville pour avoir accès à des documents qui devraient être déposés en ligne avec les coûts et la pollution que cela engendre dans un territoire aussi vaste. On légifère sur les frais de photocopies pour justifier l’achat des photocopieurs performants à grand frais plutôt que d’en diminuer l’usage. Les informations de bases ne sont disponibles qu’après des démarches qui très souvent demanderont ultimement l’intervention de la Commission d’accès à l’information (CAI). Malgré les nombreux appels des citoyens à faire le virage technologique, la résistance au changement est notable et perceptible dans chacune des réponses offertes lors des sessions publiques du Conseil de ville. Cela devient à la fois frustrant et symptomatique de la pensée qui gouverne cette ville. Percé n’est très certainement pas un cas unique, malheureusement. Et dire que la MRC Rocher-Percé accueille à Chandler le Technocentre des technologies de l’information et des Communications qui se veut de portée régionale (GIM). En fait de cordonnier mal chaussé, c'est difficile à battre. Parfois on peut se poser des questions comme citoyens sur le rôle d’appui du MAMROT dans cette mutation vers les technologie de l’information auprès de leur clientèle que sont les univers municipaux. Chaque ville à son plan de site Internet, ses habitudes et ses craintes sur la démocratie, ses cadavres dans les placards sur ses décisions antérieures. Or la transparence est l’ingrédient du véritable développement collectif durable, le chemin obligatoire de notre santé économique et sociale.Par mesure d’économie collective, des gabarits devraient être disponibles autant que l’accessibilité à une certaine normalisation visant l’efficacité et l’efficience. ceci doit venir par le haut. Iriez-vous vers un vendeur de « char » usagé qui vous cacherait que des réparations majeures ont été réalisées sur le véhicule que vous souhaitez acquérir? Or, le contrat d’achat d’un véhicule a été standardisé. Iriez-vous chez un médecin qui ne vous dirait pas la vérité sur votre diabète, chez un bijoutier qui vous vend un zircon pour un diamant? Or ces professionnels fonctionnent avec des Codes d’éthique qu’ils respectent sous peine de sanctions. La confiance n’empêche pas le contrôle et en ces temps troubles, la vigilance est de mise à tous les niveaux. Mais il nous faut une architecture et non de l'improvisation. Avec l’avènement de l’informatique, de l’accessibilité au signal en haute vitesse et des possibilités incroyables dans ce domaine, nos gouvernements municipaux doivent relever ces défis de communication, arrêter de faire la chasse aux subventions et se plaindre de leur dévitalisation en comptant sur les argents des autres gouvernements car au bout du compte, c’est toujours le même citoyen qui finit par payer. Il s'agit de la voie royale permettant de réduire l'écart entre compétence et démocratie car c'est avant tout une mutation de la pensée avant d'être technologique.

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