Concert de casseroles contre la loi 78 à Carleton-sur-Mer

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Le mouvement contre la loi 78 ne semble pas s’estomper en Gaspésie alors que des manifestations ont lieu un peu partout sur le territoire depuis quelques semaines.

Le mouvement contre la loi 78 ne semble pas s’estomper en Gaspésie alors que des manifestations ont lieu un peu partout sur le territoire depuis quelques semaines. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Les casseroles ont résonné mardi en début de soirée à Carleton-sur-Mer alors que plus de 150 personnes sont descendues dans la rue pour manifester contre la loi 78 du gouvernement Charest.

Pour une deuxième fois en sept jours, les manifestants de la Baie-des-Chaleurs, qui s’affichent sur Facebook comme les «indignés de la Gaspésie», avaient rendez-vous pour une autre manifestation. Cette fois, c’est dans le stationnement de l’église de Carleton-sur-Mer vers 17 h qu’ils se sont réunis.

«Ça ne tourne pas rond actuellement et c’est long. Les citoyens sont tannés. Il faut qu’il se passe quelque chose rapidement. Et tant que la loi 78 sera en vigueur, il y aura des manifestations», a lancé Bilbo Cyr, alors que le son des casseroles se faisait fortement entendre.

Malgré le froid et la pluie, les manifestants ont marché pendant plus d’une heure dans les rues de Carleton-sur-Mer en scandant des slogans comme «Charest dehors, on va te trouver une job dans le Nord», sous la surveillance attentive de quatre autos-patrouilles de la Sûreté du Québec (SQ).

Comme la semaine dernière à Bonaventure, un itinéraire a été remis à la SQ, a confirmé l’agent de communication du service de police, Claude Doiron.

Au milieu du parcours, les manifestants ont cependant emprunté un chemin différent, rendant ainsi la manifestation illégale. Les agents dépêchés sur les lieux ont toléré la situation et aucun constat d’infraction n’a été remis aux manifestants.

À chacun sa cause

Bien que le but commun des marcheurs était de faire entendre leur mécontentement à l’égard de la loi 78, les motifs de ces derniers pour descendre dans la rue étaient très diversifiés.

Pour sa part, Jessé Marasco tenait à se déplacer pour démontrer que l’appui aux étudiants n’est pas seulement un phénomène urbain «Ça se passe aussi ici, en Gaspésie. On veut montrer au reste du Québec que nous sommes présents», a-t-il déclaré.

«Moi je suis pour la justice sociale. Et je pense que ce que les étudiants font en ce moment, ça dépasse la question des frais de scolarité. C’est une lutte contre le système néolibéral», a scandé François Tremblay, qui se considère comme un «baby-boomer solidaire.»

Steve Brisson, un étudiant au campus de Carleton-sur-Mer, portait un masque de clown pour «imiter Jean Charest» car, selon lui, «il se cache derrière un masque de clown». «Tant que Jean Charest restera au pouvoir, je continuerai à manifester. Il doit déclencher des élections, il n’est plus à sa place», a soutenu le cégépien, ajoutant que les «libéraux ne représentent plus le peuple québécois.»

À l'issue de la marche, les manifestants ont convenu de se donner rendez-vous au bureau du député de Bonaventure, Damien Arsenault, à New Richmond mardi prochain à 17 h pour une troisième manifestation en deux semaines.

Ailleurs en Gaspésie

À Sainte-Anne-des-Monts, la manifestation, qui a pris son point d’origine à 17 h devant l’église, s’est déroulée sur fond de casseroles comme partout ailleurs. Le mouvement a rassemblé près de 70 personnes, dont plusieurs parents accompagnés de jeunes enfants. «La semaine dernière, on avait plus de têtes blanches, a fait remarquer l’un des deux organisateurs de la marche, Philippe Achaintre, un résident de La Martre. Mais même si plusieurs personnes ne sont pas descendues dans la rue, on sent que les gens sont solidaires.»

Le concert de casseroles s’est déroulé sous escorte policière. «Les policiers sont très accommodants, souligne l’instigateur du mouvement de protestation. Ce n’est pas comme à Montréal!» Les manifestants ont promis de se donner rendez-vous au même endroit tous les mardis, à la même heure. «Tant que le gouvernement ne fera pas un pas en avant et qu’il restera inflexible, on fera du bruit», annonce M. Achaintre.

À Cap-d’Espoir, une trentaine de personne ont manifesté avec leurs casseroles devant le bureau du député de Gaspé, Georges Mamelonet.  Aucune patrouille de la SQ ne s’est déplacée pour encadrer les manifestants. À la fin du rassemblement, les gens présents ont convenu de porter leurs casseroles avec eux en tout temps afin de faire du bruit tous les soirs.

Une tendance à la baisse a été constatée du côté de Gaspé. Alors que, il y a une semaine, 200 personnes avaient répondu à l’appel lancé par l’Association générale des étudiants du Cégep de la Gaspésie et des Îles et quelque 150 dimanche pour un tintamarre initié par des citoyens, à peine 75 personnes se sont mobilisées, ce mardi à 19 h. Avec des casseroles et des cuillères, ils ont, eux aussi, marché principalement pour signifier leur désaccord à la loi 78, mais aussi en appui à la cause étudiante.

Comme à chaque manifestation, les participants ont fait un «sit in» à l’entrée du pont pendant une minute, sous l’œil tolérant des agents de la Sûreté du Québec. Les organisateurs confirment qu’ils récidiveront tous les mardis et vendredis, tant et aussi longtemps que perdurera la crise.

Avec la collaboration de Johanne Fournier

Cet article a été mis à jour le mecredi 30 mai à 10h00.




1 commentaire

Steve Brisson a écrit le 30 mai 2012

merci de votre professionnalisme

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