Politique, Développement économique et exportation

Commission sur les enjeux énergétiques: plaidoyer pour l’éolien à Gaspé

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
La Commission sur les enjeux énergétiques du Québec était de passage à Gaspé mardi.

La Commission sur les enjeux énergétiques du Québec était de passage à Gaspé mardi. Photo : Geneviève Gélinas

GASPÉ – L’industrie éolienne de la Gaspésie est venue plaider sa cause mardi devant la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, de passage à Gaspé. Hydro-Québec devrait profiter des programmes de crédits de carbone pour vendre la production éolienne à meilleur prix aux États-Unis, a-t-on suggéré.

« Certains états américains essaient d’acheter de l’énergie verte et donnent des primes pour ces énergies », a affirmé le directeur du TechnoCentre éolien, Frédéric Côté. Hydro-Québec devrait faire des efforts pour monnayer ces attributs environnementaux, qui s’élèvent à 6 ¢ le kilowattheure (kWh) à certains moments.

Ces arguments sont avancés alors que la pertinence de lancer un nouvel appel d’offres éolien est critiquée en période de surplus énergétiques. Selon M. Côté, le Québec doit voir ses surplus d’électricité comme une opportunité. « Dans le passé, on a profité des surplus pour convertir le chauffage résidentiel du mazout à l’électricité », a-t-il illustré.

Les surplus pourraient servir à attirer des entreprises énergivores à proximité des lieux de production, « ce qui permettrait d’insuffler une nouvelle ère d’aller à la Gaspésie », a plaidé le Créneau éolien, citant en exemple les alumineries de la Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Objections

Les commissaires ont présenté certaines objections aux tenants de l’éolien. Le tarif L offert aux entreprises énergivores est de 4,5 ¢ le kWh alors que l’électricité des parcs éoliens en fonction coûte 9,3¢ du kWh. « Je ne vois pas comment l’éolien peut soutenir cet aspect-là », a déclaré le commissaire Normand Mousseau.

« Déjà, on a du mal à soutenir l’efficacité énergétique à cause des surplus et vous, vous proposez d’en ajouter jusqu’en 2024 », a aussi remarqué M. Mousseau. Quant à profiter de crédits de carbone, « c’est possible, mais la question, c’est quelle quantité », a-t-il dit.

300 à 350 MW par an

Hydro-Québec doit commander 300 à 350 mégawatts de projets éoliens par an entre 2018 et 2025 pour soutenir les emplois manufacturiers, croit le TechnoCentre. Ce volume « permettrait de faire fonctionner la chaîne de production à environ 40 % à 50 % de sa pleine capacité, indique le mémoire de l’organisme. Cette cible encouragerait les entreprises à se tourner en partie vers les marchés extérieurs ».

À partir de 2025, le renouvellement des parcs éoliens existants garnira les carnets de commande. L’éolien génère 5000 emplois au Québec, dont 1200 en Gaspésie et dans la MRC de Matane.

Le pétrole aussi

Une quarantaine de personnes au total ont assisté aux discussions, qui ont fait une bonne place au développement des hydrocarbures en Gaspésie. « On a une opportunité, il ne faut pas la manquer, a dit Brent Simpson au nom du Regroupement pour l’avancement économique de la Gaspésie. On peut prendre le temps de le faire comme il faut. »

Environnement Vert Plus et son président Bilbo Cyr ont redemandé un BAPE sur le pétrole en Gaspésie, comme le gouvernement Marois en a promis un sur le gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent. « On veut être traités comme le reste du Québec. Il n’y a pas de raison qu’on n’ait pas droit à cet encadrement-là », a lancé M. Cyr.

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.