Développement économique et exportation

La colère gronde dans le secteur sylvicole de la Gaspésie

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
Les entreprises sylvicoles ont tenu une rencontre extraordinaire à Sainte-Anne-des-Monts hier pour faire le point sur les conséquences du nouveau régime forestier.

Les entreprises sylvicoles ont tenu une rencontre extraordinaire à Sainte-Anne-des-Monts hier pour faire le point sur les conséquences du nouveau régime forestier. Photo : Gracieuseté

Le secteur de la sylviculture de la Gaspésie demande à Québec d'abolir le processus d'appels d'offres publics visant 25% du volume des travaux sylvicoles. 

La colère gronde dans le secteur sylvicole dans le contexte du nouveau régime forestier qui doit entrer en vigueur le 1er avril prochain. Les entreprises sylvicoles se sont rencontrées mercredi à Sainte-Anne-des-Monts afin de lancer un cri d'alarme à la suite des visites terrain du ministère des Ressources naturelles tenues au cours des deux dernières semaines dans toutes les MRC, en vue des appels d’offres.   

Le ministère a mis fin temporairement à ces visites, sous prétexte qu’il y aurait eu de l’intimidation, ce que nie le directeur des Entreprises agricoles et forestières de Percé, Sylvain Réhel. «Le ministère prétend qu'il y a eu de l'intimidation. Il n'y a pas eu d'intimidation. Il y a eu des discussions entre les compagnies gaspésiennes et de l'extérieur, soit de Val-d'Or, du Saguenay et de  Baie-Comeau. Ce qui a été dit, c'est que nous, en Gaspésie, on n'a pas assez de volume de travail pour les entreprises existantes, alors on se verrait mal en laisser aux entreprises de l'extérieur», juge M. Réhel.

Moratoire demandé

Mme Réhel souligne que les entreprises venues de l'extérieur sont trois à quatre fois plus grosses que leurs concurrentes en Gaspésie. Selon lui, si Québec leur donne accès à la forêt de la région, la filière gaspésienne de la sylviculture sera fragilisée, ce qui pourrait mener à des pertes d'emplois et une diminution des conditions de travail des forestiers.

En d'autres mots, M. Réhel estime que mettre aux enchères 25% de la forêt publique est une mauvaise nouvelle pour la Gaspésie. Ce dernier demande une rencontre  avec le ministre délégué aux Régions, Gaétan Lelièvre, pour trouver une solution. «Nous ce qu’on demande au gouvernement, c’est de mettre fin à cette mesure [du 25%] ou d’appliquer un moratoire en attendant qu’on puisse rencontrer le ministre Gaétan Lelièvre», précise M. Réhel.

Il ajoute que si tout va comme prévu, une rencontre devrait avoir lieu avant les fêtes avec le ministre en compagnie de trois coopératives forestières, trois groupements forestiers et une entreprise privée.

La filière sylvicole de la Gaspésie, qui regroupe plus d’une dizaine d’entreprises, emploie approximativement 800 personnes. 

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