Développement économique et exportation

Cimenterie de Port-Daniel : majoration de l’investissement

Par Gilles Gagné, journaliste, graffici.ca
La construction du quai sur pilotis a débuté à la fin de l'été 1998, mais l'infrastructure n'a pas été achevée. Le quai devra mesurer 500 mètres afin de recevoir les navires qui livreront la poudre de ciment.

La construction du quai sur pilotis a débuté à la fin de l'été 1998, mais l'infrastructure n'a pas été achevée. Le quai devra mesurer 500 mètres afin de recevoir les navires qui livreront la poudre de ciment. Photo : Gilles Gagné

Le projet de cimenterie de Port-Daniel devrait nécessiter un investissement variant de 450 à 750 millions de dollars.

C’est du moins ce que rapporte Louis Laporte, un dirigeant de la firme d’investissement Beaudier, propriété de la famille Beaudoin, de l’équipementier de transport Bombardier.
 
Considérant que les dernières références au projet de cimenterie faisaient état d’un projet de 350 millions de dollars, il y a 10 ans, il pourrait s’agir d’une majoration importante. Elle ne semble toutefois pas faire reculer la direction de Beaudier, qui voit deux avantages majeurs à Port-Daniel.
 
«La qualité du gisement est extraordinaire. C’est le premier élément. L’emplacement, à côté d’un terminal portuaire, est un deuxième grand avantage. On va remplacer 30% de la vieille production», a précisé M. Laporte vendredi, lors d’une rencontre avec la presse, sur les lieux visés pour l’établissement de la cimenterie.
 
Ces lieux ont été déboisés et dégagés en 1998 et en 1999, alors que le projet semblait lancé. Même la construction du quai sur pilotis avait alors été amorcée. Ces travaux font partie des 50 millions de dollars engagés dans l’initiative depuis 1992, surtout sous la gouverne du premier promoteur, Guy Rousseau.
 
La compagnie de M. Rousseau, Cimbec Canada, a été acquise le 14 décembre par Gisement McInnis, une division de Beaudier fondée pour mener à terme le projet de cimenterie. M. Rousseau et son associé des dernières années dans Cimbec, Bertin Castonguay, ont gardé un intérêt minoritaire dans Gisement McInnis.
 
La «vieille production» à laquelle Louis Laporte fait référence, c’est le parc de vieilles cimenteries localisées le long de la côte est américaine, des usines reposant sur des technologies d’il y a 40 ou 50 ans, parfois plus. Les nouvelles technologies que Gisement McInnis entend utiliser seront de plus appuyées par la proximité du port.
 
«Ce qui coûte cher, c’est le transport terrestre. Ici, le gisement est collé sur la mer. Un navire de 55 000 tonnes réduit grandement le coût du ciment», précise Guy Rousseau.
 
Le facteur temps
 
Louis Laporte aimerait «que les plans d’ingénierie et de validation se fassent en-dedans de 24 mois (…) On parle d’un investissement pouvant aller de 450 à 750 millions de dollars. Il y a un juste milieu. L’ingénierie va nous permettre d’y aller».
 
Le choix technologique, l’étape préalable aux plans, devrait se faire dans un horizon de 12 à 18 mois. Des équipementiers accompagnaient d’ailleurs, discrètement, MM. Laporte et Rousseau lors de leur visite, vendredi.
 
Guy Rousseau souhaiterait vivement que la construction du complexe industriel débute le plus tôt possible en 2013. «On vise une présence sur le marché au début de 2015 (…) Il y a de bonnes occasions d’affaires». Il pense entre autres à des projets dans le nord québécois.
 
Les dirigeants de Gisement McInnis assurent que le développement du projet inclura la protection de l’environnement. Louis Laporte dit que «la technologie a beaucoup évolué au cours des 18 dernières années». Initié au projet en 1992, Guy Rousseau y consacre tout son temps depuis 1994.
 
Gisement McInnis détient déjà les permis environnementaux des gouvernements fédéral et provincial pour l’exploitation de la cimenterie et la construction du quai. Le projet évitera le tamis de l’étude d’impact environnemental, les permis ayant été obtenus avant l’entrée en vigueur de la loi.
 
Cimbec Canada et Gisement McInnis ont effectué près de 200 transactions immobilières au fil des ans pour acquérir les quatre kilomètres carrés couvrant les gisements. Cette surface comprend aussi une quarantaine de maisons. Les anciens propriétaires pourront continuer à y demeure pendant l’exploitation de la cimenterie. «Ils pourront les racheter à un très bas prix s’ils veulent les déménager», dit M. Rousseau.
 
La construction de la cimenterie devrait durer deux ans et employer 500 personnes. De 100 à 150 personnes travailleront à son exploitation. L’embauche exacte n’est pas déterminée parce que le volume de production n’est pas décidé. Il est acquis que ce sera plus d’un million de tonnes par an.
 
Le gisement calcaire est situé en partie au sud de la route 132 et en partie au nord. C’est le secteur sud, plus proche de l’eau, qui sera exploité en premier. On y retrouve assez de calcaire pour assurer l’exploitation pendant 100 ans.
 
En 2005, la Caisse de dépôt et de placement du Québec avait intenté une poursuite de 39 millions de dollars contre Cimbec Canada, notamment pour réclamer un prêt consenti en 1997. Les deux parties ont négocié une entente réglant le litige. Les termes de l’entente sont confidentiels. L’entrée en scène de Beaudier a libéré le projet de toute poursuite.

8 commentaires

conra a écrit le 25 avril 2012

Tout a fait d,accord avec M' Greg Georges Tu as vraiment raison dans tes propos M' Greg. laissons les environnementaliste se plaindre ils sont incontentable ,la plupart de ces gens là fuit le travail , il voudrais empêcher le développement du Quebec en se laissant vivre par les études par dessus étude pour retarder tout les projets qui se pointe . La Gaspésie a grand besoin de gens comme Rousseau pour développement . Nous les Gaspésiens ont veut travailler ! Ont a pas besoin de paresseux qui arrête pas de ce plaindre et de se faire vivre par ceux qui travail !

Albert Picard a écrit le 24 avril 2012

Naturellement 100 à 150 emplois, c'est vachement important pour notre région. Du moins si on doit se fier à ces promesses. Et en même temps c'est tout. Ce genre de développement industrielle lourd est le même depuis le début de l'industrie québécoise. Depuis le début du XXe siècle, cette industrie liée à l'exploitation des richesses naturelles n'implique presqu'exclusivement des activités d'extraction. Peu importante dans l'ensemble de l'économie, et ce depuis le début de son existence, cette industrie se contente d'expédier à l'étranger le minerai après avoir subi tout au plus une concentration ou un premier affinage sur place. Alors à tous ceux qui, comme moi, souhaite du développement durable, est-ce possible de s'interroger sur un certain nombre de prérogatives? J'énumère quelques pistes que je lance en vrac. D'abord que signifie développement durable dans la tête des gens, en a-t-on tous la même définition? Est-il possible de réfléchir ensemble, discuter calmement, écouter attentivement ce que l'autre a à dire? Si il est possible de rénover la vieille technologie, est-il possible de rénover l'industrie? Peut-on produire sur place les poches de ciment? Est-ce que la cimenterie en exportant un produit fini réalisé sur place peut utiliser le transport ferroviaire et devenir un client de plus pour Chemin de fer gaspésien qui en a grandement besoin? Si le gisement est aussi important que l'affirme messieurs Rousseau et Laporte, capable de remplacer toutes les vieilles cimenteries de la côte est américaine, la cimenterie a-t-elle un pouvoir d'exiger que le produit fini soit realiser sur place? Est-ce qu'il y a à la carte de ce projet sur le gisement McInnis une remise à l'état du site, ce qui créerait aussi de l'emploi? Est-ce que l'extraction dans ce gisement aura des conséquences sur la réserve fauniques de Port-Daniel? Peut-on extraire le minerai par une mine souterraine, préservant ainsi le littoral de la de figuration? Etc. Etc. Bonne réflexion car c'est maintenant qu'il faut la faire. Exigeons de nos élus politiques qu'ils jouent un rôle de leader dans cette détermination active et cette démocratie participative.

Bilbo a écrit le 23 avril 2012

Si la venue d'une grosse mamelle à laquelle tout le monde va boire était la planche de salut de la Gaspésie, depuis le temps, on le saurait. Du développement, tout le monde en veut, mais pas n'importe lequel, pas à n'importe quel prix. Que ce soit Orbite, Pétrolia ou Gisement Mc Innis, le problème est le même. C'est l'opacité et la volonté affichée des promoteurs de substituer leur intérêt à celui de la population. C'est le mépris envers ceux qui posent des questions légitimes. C'est de notre milieu de vie dont il s'agit.Celui-ci est notre plus grande richesse, ne l'oublions pas. Parce qu'il a été déposé avant le 22 juin 1995, le projet de cimenterie n'est pas soumis au processus d'étude d'impact environnemental, mais le projet actuel et celui de 1995 ne sont pas le même, la technologie n'est pas la même, le promoteur n'est pas le même. Cette clause grand-père est une insulte à l'intelligence des gaspésiens. On essaie d'avoir une carte blanche pour favoriser l'industrie lourde. Le calcaire ne va pas passer date. On a tout le temps d'expliquer le projet à ceux qui auraient à vivre avec. On a beau répéter un mensonge pendant 15 ans, ça n'en fait pas une vérité!

Hugues Lantin a écrit le 23 avril 2012

Je suis tout à fait d'accord avec monsieur Georges. De plus, il est possible de d'opérer des usines et de préserver efficacement l'environnement. En 2012, une cimenterie moderne est équipée de systèmes permettant de limiter divers types de pollution engendrée par son opération. Nous possédons la ressource, il faut l’exploiter rationnellement afin de permettre à toute une collectivité de se développer et de pouvoir vivre honorablement comme d’autres régions ressources au Québec.

Albert Picard a écrit le 23 avril 2012

J'oubliais, le poisson rouge même si il n'a pas beaucoup de mémoire, il peut etre très rusé. Il crée d’abord un problème prévu pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple, une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le démantèlement des services publics, et la destruction de l'environnement. Ensuite il espère naïvement que tout ira mieux demain et que le sacrifice demandé pourra être évité. Puis notre poisson écarlate utilise des arguments et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si on s'adressait à un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Le poisson peut aussi faire appel à l’émotionnel qui est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. Finalement le petit poisson de compagnie nage et nage du plus vite qu 'il le peut dans son bocal rond de sorte que celui qui l'observe s'étourdit à le suivre et finit par croire qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu d'essayer d'adapter ou faire évoluer le système économique, il s’auto-dévalue et se culpabilise, ce qui engendre un état dépressif qui est tout le contraire de la determination qui mène à l'action.

Greg Georges a écrit le 23 avril 2012

À un moment donné, il va falloir se poser la question si on veut faire du développement économique au Québec, car présentement tout le monde ne veulent que des moratoires sur tout. Nous allons avoir de très grandes surprises bientôt au Québec, avec seulement 50% de la population qui paie de l'impôt et les baby boomers qui vont prendre leur retraite. Bye bye les programmes sociaux, on doit créer de la richesse pour toute notre société. Je suis d'accord que l'environnement est important, mais avec un taux de chômage dans le Rocher-Percé qui est pas mal dans le plus haut au Canada, nos habitants ont besoin d'emplois. Pour moi, il y a façon de faire du développement durable avec un environnement sain, mais il faut au moins ouvrir la porte....

Greg Georges a écrit le 23 avril 2012

À un moment donné, il va falloir se poser la question si on veut faire du développement économique au Québec, car présentement tout le monde ne veulent que des moratoires sur tout. Nous allons avoir de très grandes surprises bientôt au Québec, avec seulement 50% de la population qui paie de l'impôt et les baby boomers qui vont prendre leur retraite. Bye bye les programmes sociaux, on doit créer de la richesse pour toute notre société. Je suis d'accord que l'environnement est important, mais avec un taux de chômage dans le Rocher-Percé qui est pas mal dans le plus haut au Canada, nos habitants ont besoin d'emplois. Pour moi, il y a façon de faire du développement durable avec un environnement sain, mais il faut au moins ouvrir la porte....

Albert Picard a écrit le 23 avril 2012

On dit des poissons rouges qu'ils ont une mémoire qui ne dure qu'environ 1seconde. Cela leur permettrait d'éviter de mourrir de lassitude à tourner en rond dans leurs aquariums en forme de bocal puisqu'à chaque seconde leur environnement devient nouveau. Les dirigeants d'entreprises minières, les investisseurs, les politiciens qui les accompagnent pour leur enlever toutes barrières en travers de leur chemin et certaines populations locales favorables, tous semblent se comporter comme des poissons rouges. Ils tournent en rond et oublient rapidement ce qui se passe avec ce genre de développement. La mer à proximité d'un gisement n'a pas que des avantages sur les coûts de transport, on peut aussi l'empoisonner par inadvertance ( bien sur!) lors d'un déversement accidentel (bien sur!). De plus il est inutile d'en faire plus que ce que la loi en demande. Pourquoi s'encombrer d'une étude environnementale du BAPE puisque les dirigeants/investisseurs/politiciens/poissons rouges garantissent que l'environnement sera protégé? Pour ce qui est du littoral gaspésien de la Baie des Chaleurs, classé comme l'une des 10 plus belles baies au monde, celle qui attire tant de touristes l'été venu, sera-t-il éventré par un immense trou? Nous voilà encore une fois devant un projet de développement qui ne répond d'aucun plan de société, fait en pure improvisation, qui nous force à se demander de quel côté du ver de l'aquarium se situent les poissons (rouges)... À mon avis, je pense que nous devons sauver la Baie des Chaleurs, parce que ce faisant nous développerons les qualités nécessaires pour nous sauver nous-mêmes.

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