Affaires municipales et développement régional

Cimenterie de Port-Daniel : des municipalités prudentes

Par ,
La Coalition Éco-Vigilance Baie-des-Chaleurs demande à ce que le projet de cimenterie de Port-Daniel soit soumis à une évaluation du BAPE.

La Coalition Éco-Vigilance Baie-des-Chaleurs demande à ce que le projet de cimenterie de Port-Daniel soit soumis à une évaluation du BAPE. Photo : Gilles Gagné

Le projet de cimenterie de Port-Daniel suscite beaucoup moins d’enthousiasme auprès des conseils municipaux que lors de la rencontre de la MRC de Bonaventure tenue la semaine dernière.

Mardi dernier, les maires des agglomérations de la Baie-des-Chaleurs, sauf Bonaventure, avaient appuyé une résolution en faveur de l’implantation de l’entreprise à la demande de la MRC du Rocher-Percé.

Lors des conseils municipaux de lundi, les élus de Caplan, de Paspébiac, de St-Alphonse, de St-Jules/Cascapédia, de St-Elzéar, de Shigawake et de Bonaventure ont soit reporté leur décision ou demandé plus d’information sur le projet avant de prendre officiellement position. Pour sa part, le conseil municipal de Hope Town exige que le projet soit soumis à un BAPE.

«J’étais attristée à la réunion de la MRC Bonaventure. Je trouve toutefois intéressant que des municipalités remettent en question cet appui et qu’elles veulent étudier de plus près tout le projet», se réjouit la porte-parole  de la Coalition Éco-Vigilance Baie-des-Chaleurs, Cynthia Dow.

Cette dernière prévient que son groupe continuera à suivre de près le développement du projet de cimenterie. «Depuis 2010, les États-Unis mettent de plus en plus de pression sur les entreprises de ce genre pour qu’elles prennent des mesures pour améliorer leur bilan environnemental. On veut être certain que Gisement McInnis va satisfaire ces mêmes critères.»   

Hope, New Carlisle, New Richmond, St-Godefroi et St-Siméon ont néanmoins pris la même position que les maires de la MRC Bonaventure.

Dans la MRC d’Avignon, les municipalités de Carleton-sur-Mer, de Maria, de Matapédia et de Nouvelle vont attendre un complément d’information avant d’appuyer ou non le projet.

La MRC d’Avignon prendra position mardi prochain et la CRÉGÎM fera de même trois jours plus tard.

4 commentaires

Martin Zibeau a écrit le 8 juin 2012

@Michel Morin, auteur de l'article. Nous n'avons pas la même information concernant St-Siméon. J'étais à la rencontre du conseil lundi et je suis certain, pour l'avoir pris en note au moment où cela a été dit, que le conseil "ne prend pas position dans le dossier de la cimenterie". C'est différent de ce que tu rapportes dans l'article, comme quoi St-Siméon, si elle prenait la même position que la MRC "appuierait le projet de la cimenterie". Je ne doute pas de l'information que tu as reçu, mais je suis curieux de savoir si la position a changé entre temps, ou si c'est une erreur. Pourrais-tu clarifier SVP. Merci

Jeff Gallant a écrit le 7 juin 2012

Les questions suscité par Maryse Goudreau sont très pertinentes et résume très bien ce qui doit être divulgué. Merci Maryse!

Maryse Goudreau a écrit le 7 juin 2012

J'ai lu certaines des questions que reçoivent les maires et les conseillers et je comprends qu'il est bien normal qu'ils cherchent à avoir plus d'information. En voici: «Sachant qu’une cimenterie est un gigantesque four qui doit cuire le calcaire à plus de 1500 degrés Celcius; Sachant que ce four doit brûler des quantités énormes de combustibles très variés tels charbon, coke, pétrole de shale, etc; Sachant que des cimenteries servent souvent d’incinérateur pour brûler des déchets divers (pneus, solvants, résidus divers)afin de réaliser des économies d’énergie et augmenter leurs profits; Sachant que cette combustion génère divers contaminants rejetés dans l’atmosphère (gaz carbonique, HAP, métaux lourds, dioxines et furanes, etc) et des cendres; Sachant que ‘’un rapport d'analyse du MDDEP daté du 7 février 1996 souligne que la principale répercussion provient des émissions atmosphériques, lesquelles comprennent des matières particulaires, des oxydes d'azotes, du monoxyde de carbone, du dioxyde de carbone, du dioxyde de soufre, des métaux lourds et des substances toxiques telles des HAP [hydrocarbures aromatiques polycycliques]». (source Le Devoir 12 avril 12) Sachant que ces produits ont un impact sur la santé humaine et l’environnement; Sachant que ce projet doit avoir une durée de vie de plus de 100 ans; Q : Le promoteur a-t-il fait connaître au public la liste du (des) combustible(s) qu’il utilisera? Q : Le promoteur a-t-il déterminé quels contaminants seront générés par ce(s) combustible(s)? Q : Le promoteur a-t-il modélisé le patron des retombées de ces particules sur la municipalité d’accueil et les municipalités avoisinantes et les autres parties du territoire (milieu marin, Nouveau-Brunswick)? Q : Le promoteur a-t-il évalué l’impact de ces retombées sur la santé des populations humaines et animales et les écosystèmes à court, moyen et long terme? Q : Le promoteur a-t-il soumis ces données à des observateurs compétents externes pour obtenir un avis indépendant? Q : Quels engagements le promoteur a-t-il pris de ne brûler que les combustibles qui ont fait l’objet d’une analyse d’impact (le cas échéant)? Q : Quelles réglementations oblige le promoteur à ne pas utiliser d’autres combustibles que ceux qui ont fait l’objet d’évaluations environnementales et de santé (le cas échéant)? Q : Quels moyens le promoteur prendra t’il pour mesurer les rejets atmosphériques et à quelle fréquence le fera t’il? Q : Comment le promoteur fera t’il connaître à la population son bilan de rejets atmosphériques et à quelle fréquence? Q : Quels seront les moyens de contrôle externe de ces retombées et par qui seront-ils effectués? Q : Quels seront les sanctions prévues en cas de non respect de la réglementation et quelle proportion des revenus générés représentent ils? Autres questions liées au procédé : Q : Quel est le volume de bruit généré par les opérations? Q : Quelles poussières se dégageront de ces opérations? Questions relative au transport Q : Tant en ce qui a trait au transport du produit fini que des intrants requis, quel sera le trafic généré (nombre de bateaux, camions, trains) et son impact sur les infrastructures publiques (routes, voie ferrée, transport maritime), les populations qui les côtoient, les autres usagers, les écosystèmes? Q : Quels sont les risques liés à ce trafic, principalement au niveau marin? Q : Par exemple sachant que les vraquiers qui transporteront le ciment devront se délester de leur ballast (eau contenue dans les cales), quel en sera l’impact sur le milieu marin? Questions relatives à l’implantation de l’infrastructure Q : Quel sera l’impact sur le paysage? Q : Quel sera l’impact sur l’image de la Gaspésie? Q : Quel sera l’impact de ce projet combiné aux autres méga projets industriels sur la table en Gaspésie (pétrole de schiste, alumine) a-t-il été analysé? Q : Est-ce que le promoteur mettra une somme en fidéis commis pour remettre les lieux en état lorsqu’il fermera et à quel moment (le cas échéant) mettra t’il cette somme en fidéiscommis? (il devrait le mettre au départ car qui sait combien de temps la cimenterie restera ouverte?) Questions relatives à l’économie Q : Quel sera l’impact sur la notoriété de la Gaspésie et les autres volets de l’économie gaspésienne (tourisme, agriculture, pêches)? Q : Pourquoi les cimenteries du nord est américain sont elles en voie d’être fermées?» source: Coalition Éco-Vigilance Baie-des-Chaleurs

Marie-Eve Tessier a écrit le 7 juin 2012

Ça fait plaisir de voir que les élus écoutent un peu leur population finalement

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.