Cimenterie de Port-Daniel : le CREGÎM demeure prudent

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
La production annuelle de la cimenterie à Port-Daniel pourrait atteindre deux millions de tonnes de ciment qui seront destinées aux marchés étrangers.

La production annuelle de la cimenterie à Port-Daniel pourrait atteindre deux millions de tonnes de ciment qui seront destinées aux marchés étrangers. Photo : Gilles Gagné

Le Conseil régional de l’environnement de la Gaspésie-les-Îles (CREGÎM) est satisfait de sa rencontre tenue jeudi avec le promoteur du projet de cimenterie, Gisement McInnis, mais préfère  attendre avant de tirer des conclusions et de prendre officiellement position.

La directrice générale du CREGÎM, Caroline Duchesne, a profité de cette rencontre, qui a notamment réuni la MRC du Rocher-Percé, des représentants du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs et le maire de Port-Daniel, pour rapporter au promoteur les différentes préoccupations citoyennes en matière d’environnement, notamment celles de la Coalition Éco-Vigilance Baie-des-Chaleurs.
 
Bien qu’elle mentionne ne pas avoir reçue toutes les réponses à ses questions, Mme Duchesne indique que le promoteur lui a assuré que la mise à jour de l’étude d’impact environnemental, qu’il est en train d’effectuer, devrait être en mesure de fournir des éclaircissements.
 
«On ne peut pas dire que nous détenons actuellement un portrait complet des conséquences environnementales du projet. Pour l’instant, on demeure vigilant, mais on va attendre l’étude d’impact», a déclaré Mme Duchesne, avant de préciser que cette étude devrait être terminée «d’ici trois à quatre mois».
 
Pas de rencontre publique
 
Le CREGÎM n’a cependant pas été en mesure de convaincre le promoteur de la pertinence de tenir des rencontres publiques pour expliquer le projet à la population. «On leur a dit que pour atteindre l’acceptabilité sociale, c’est extrêmement important d’organiser des séances publiques. On a reçu un non catégorique», informe la directrice.
 
Pour leur part, les représentants de Gisement McInnis évaluent que des séances publiques ne sont pas nécessaires, car, disent-ils, le projet profite d’un large appui populaire et que, de toute façon, le «projet ne fera jamais l’unanimité.» Le promoteur compte donc sur les élus et sur le CREGÎM pour faire entendre les préoccupations citoyennes.
 
Selon Mme Duchesne, la responsabilité de communiquer les tenants et les aboutissants du projet revient au promoteur. Elle s’est cependant engagée à relayer les informations qu’elle détient aux différents groupes environnementaux. Une rencontre est d’ailleurs prévue avec le Conseil de l’eau Gaspésie Sud et la Coalition Éco-Vigilance Baie-des-Chaleurs au début de la semaine prochaine.
 
BAPE

La rencontre a aussi été l’occasion pour les représentants du ministère de l’Environnement de rappeler que le projet ne sera pas soumis à l’examen d’un bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Le CREGÎM croit pour sa part que la demande d’un BAPE «risquerait d’interrompre le dialogue établi avec les promoteurs.»
 
Par contre, Mme Duchesne estime qu’il est bon que les citoyens continuent à exiger une évaluation du BAPE. «Ce n’est pas mauvais, car ça rappelle au ministère les préoccupations de la population.» Rappelons que le CREGÎM n’a toujours pas pris officiellement position sur le projet de cimenterie.
 
Comité
 
L’établissement d’un comité de suivi a par ailleurs été accepté par les personnes présentes lors de la rencontre. Il ne reste plus qu’à établir les modalités et de nommer les gens qui y siègeront.

1 commentaire

Bilbo a écrit le 8 juin 2012

Encore une fois, est-il besoin de le répéter, si un projet est aussi novateur et structurant qu'on l'affirme, il faut être fier d'en faire la preuve publiquement. La frilosité des promoteurs à participer à un exercice public démontre une conscience des problèmes potentiels pour les communautés avoisinantes. Le manque de transparence et le déficit démocratique qui entourent ce projet nuisent grandement à son acceptabilité sociale. Un BAPE est un minimum pour un projet de cette envergure.

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